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Les gens sont massés près de la route et regardent les cyclistes passer.

La pandémie ne semble pas trop nuire au déroulement du Tour de France, qui avait été repoussé de deux mois.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont-Baron

« Ils vont bien à Châtel-Guyon? » La jeune femme crie dans le micro pour motiver les spectateurs massés le long de la ligne de départ de « l’Étape des volcans » du Tour de France. La foule répond.

Un premier oui, étouffé par les masques que portent tous les amateurs. On leur demande donc de répéter. Cette fois, les cris percent les couvre-visages.

Crise sanitaire oblige, les amateurs de cyclisme ont dû modifier leurs habitudes pour cette édition de la grande boucle, qui a été reportée de juillet à septembre. Une foule de petits changements qui ne semblent pas trop gâcher l’ambiance.

C’est une merveille, explique un homme venu avec son épouse. C’est un grand plaisir. On est très, très heureux de voir le Tour de France dans notre ville.

C’est quelque chose d’important, lance une femme arrivée cinq heures avant le coup de départ de l’épreuve. Je fais du vélo, j’ai toujours rêvé de voir ça en vrai.

Le maire de Châtel-Guyon, lui, est comme un enfant devant les jouets au pied de l’arbre à Noël. Le passage des cyclistes représente une fantastique publicité pour son coin d’Auvergne.

Pas question donc de se passer du Tour. Même si tout le monde doit porter un masque.

Il y a un peu moins d’effusion de joie, admet le maire, Frédéric Bonnichon, dont les équipes ont tout fait pour que le virus ne nous gâche pas la fête.

Un effort qu’apprécient Anne-Marie Mulder et son conjoint. Originaires des Pays-Bas, ils semblent être les seuls étrangers ce jour-là à Châtel-Guyon. Amateur de cyclisme, ancienne bénévole du Tour de France, elle a planifié leurs vacances en fonction de l’épreuve, en surveillant quotidiennement la situation sanitaire.

Les gens sont bien relax. Regardez, ils ne se tiennent pas trop près. Les gens sont conscients des risques. C’est même joyeux.

Anne-Marie Mulder, une spectatrice

Ils croient souvent que c’est de la bière

Les amateurs doivent porter le masque tout le long du trajet cycliste, même lorsqu’ils se tiennent seuls dans des secteurs plus isolés du trajet. Pas question de risquer la contamination d’un cycliste en lui criant des encouragements.

Le masque c’est un peu pénible, mais on n’a pas le choix, reconnaissent les gens croisés ce matin-là. C’est le compromis pour assister en personne à une épreuve du Tour de France.

Un petit peu de gel pour les mains, demande Cédric Lamothe, tenant un pistolet relié à un gros bidon installé sur le dos.

Les gens croient souvent que c’est de la bière, lance cet employé de l’organisation. Passé l’étonnement, la plupart des spectateurs se désinfectent les mains.

Un homme tend sa main pour recevoir du gel.

Cédric Lamothe distribue du gel pour les mains aux spectateurs.

Photo :  Radio-Canada / Yanik Dumont-Baron

Malgré cette sensation qui n’est pas très agréable de gel dans les mains, les gens comprennent, ajoute-t-il. Et les partisans répètent le geste lorsque Cédric Lamothe repasse un peu plus tard avec son drôle de bidon sur le dos.

Arrive la fameuse caravane publicitaire avec ses échantillons et ses cadeaux lancés du haut des chars allégoriques. Les cris de joie fusent et les gestes barrières semblent être oubliés.La foule se fait plus compacte. Certains se ruent vers les sachets de saucisson ou les porte-clés pour un grand parc d’attractions lancés du haut des chars allégoriques.

Ces petits mouvements de foule n'inquiètent pas trop l’un de ceux qui a pour mission de veiller à ce que les spectateurs respectent les consignes d’hygiène.

Jusqu’à présent, il n’y a pas de difficultés majeures, explique le commissaire Christophe Urien, responsable de la mission police pour cette édition de la Grande Boucle.

Son équipe devance les coureurs sur le parcours et s’assure que tous portent un masque. Au moins 700 000 exemplaires ont été achetés au cas où un spectateur n’aurait pas le sien. Mais pour la très, très grande majorité, c’est respecté.

Disparu, le côté très convivial du Tour

Si la compétition a bien lieu en cette année de pandémie, c’est parce que l’organisation a pris les grands moyens pour prévenir la contagion au sein même des équipes de coureurs.

Depuis quelques semaines, les athlètes et ceux qui les appuient vivent dans une bulle destinée à éliminer les contacts physiques avec le monde extérieur. Donc avec le coronavirus.

Des spectateurs sont massés près de la route.

Selon les règles de cette année, si deux des membres d'une équipe du Tour sont déclarés positifs en moins de sept jours, l'équipe entière sera éliminée.

Photo :  Radio-Canada / Yanik Dumont-Baron

C’est 660 personnes qui n’ont plus de contact extérieur, dit Pierre-Yves Thouault, le directeur adjoint du Tour. Éviter les selfies, les photos, les autographes, l’échange avec le public. Mais également avec des suiveurs, les organisateurs, la presse.

Cette bulle, c’est tout un effort de logistique qui bouscule les habitudes. Le public est donc tenu à bonne distance des coureurs. À l’arrivée, les vainqueurs ne donnent plus la main aux élus locaux.

Il y avait un côté très, très convivial avant. Tout le monde pouvait accéder au parking des équipes, voir les coureurs. C’est plus contraignant, mais on doit le faire parce qu’on voit que la pandémie est toujours là.

Pierre-Yves Thouault, directeur adjoint du Tour de France

Autre vague de dépistage

En ce lundi, l’ensemble des personnes dans la bulle des équipes sera testé pour le coronavirus. Un autre test dans une série destinée à écarter rapidement les contaminés.

La règle est stricte : l’équipe entière sera éliminée si deux de ses membres sont positifs en moins de sept jours. Ce qui ne s’est pas produit jusqu’à présent. Les organisateurs ont tout de même eu chaud : le grand patron du Tour lui-même a dû se retirer pour une semaine, après un test positif. Christian Prudhomme n’était pas dans la fameuse bulle.

Le dispositif sanitaire semble tenir bon. Aucun des coureurs n’a été contaminé, même si une personne dans leur entourage a contracté le coronavirus.

Sur le terrain, le numéro 2 du Tour demeure confiant. On a bon espoir d’arriver à Paris le 20 septembre, indique Pierre-Yves Thouault avant d’aller assister au départ de l’étape.

Les gens sont massés le long de la route.

Les amateurs doivent porter le masque tout le long du trajet cycliste.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont-Baron

Paris, c’est dimanche prochain. Et parce que le virus circule beaucoup dans la capitale, le nombre de spectateurs autorisés à accueillir les coureurs près de l’Arc de Triomphe risque d’être très restreint. Une autre contrainte sanitaire. Une autre précaution.

Dans l’ensemble, les mesures n’ont pas gâché la fête pour les spectateurs venus à Châtel-Guyon ni pour ceux aperçus le long du parcours.

Retraitée, donc plus à risque, Claudette Despins était départ avec ses deux soeurs. La chaleur sous les masques n’a pas fait fondre leur enthousiasme.Elles sont reparties enchantées.

Il faut faire participer les gens et redonner un petit peu goût à la vie, explique Claudette Despins. Elle y voit une forme d’encouragement, un petit coup de fouet plus que bienvenue dans cette année difficile.

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