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La télémédecine se taille une place dans la pratique médicale

Une homme âgé parle à une spécialiste de la santé lors d'une consultation en ligne.

En plus d'éviter les contaminations, la télémédecine fait gagner du temps aux patients.

Photo : Getty Images / fizkes

Radio-Canada

La télémédecine, qui est devenue de plus en plus répandue en raison de la pandémie de COVID-19, est-elle là pour de bon? De nombreux patients et médecins aimeraient qu'elle soit intégrée à la pratique médicale.

Au Québec comme ailleurs dans le monde, le contexte de crise sanitaire a forcé le recours aux consultations à distance entre les patients et les spécialistes de la santé.

La télémédecine se pratiquait déjà avant l'arrivée du nouveau coronavirus, notamment auprès des médecins spécialistes, mais ces consultations se faisaient plus rares, et seulement dans certaines régions de la province.

Si toutes ces technologies étaient déjà à portée de main des médecins, leur implantation nécessitait une série d'ajustements qui ne se seraient pas faits du jour au lendemain, n'eût été la pandémie, résume Nathalie Saad, vice-présidente du Collège des médecins du Québec.

Selon David Lussier, qui oeuvre à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, le système qui était en place jusqu'ici ne favorisait pas la télémédecine.

Avant ça, on [n'y] était pas encouragés [...] Alors que maintenant, on a été obligés de s'adapter. Et j'espère que ce côté-là va rester.

Dr David Lussier, de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal

Les consultations à distance permettent de faciliter l'accès aux soins tout en diminuant les risques de contagion. Si elles demeurent parmi les options offertes aux patients au-delà de la pandémie, elles pourraient aussi aider à désengorger le système de santé.

Le ministre de la Santé Christian Dubé a lui-même reconnu les avantages de cette pratique. On s'est bien rendu compte que la télémédecine nous a donné un moyen coup de main, parce que des gens n'ont plus besoin justement d’aller à la clinique et [sont] capables de bien se faire servir, a-t-il déclaré.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

La télémédecine s’impose dans la pratique médicale

Le manque de proximité entraîne bien entendu des inconvénients, reconnaissent les spécialistes de la santé. Si la télémédecine fait gagner du temps aux patients, ce n'est pas toujours le cas pour les médecins.

C'est beaucoup de gens qui sont à la maison, isolés, seuls. Ils sont super contents de vous parler, explique le Dr Michel Vachon, président de l'Association des médecins omnipraticiens de Montréal. Parfois, des patients tentent d'obtenir quelques minutes de la consultation pour leur conjoint ou un membre de leur famille, ajoute-t-il.

Le Dr Vachon reconnaît toutefois que beaucoup de consultations ne nécessitent pas nécessairement de déplacement de patient en clinique.

Outre la gestion du temps qui peut s'avérer plus compliquée, le Dr David Lussier estime quant à lui que le manque de proximité peut parfois nuire à l'approche du médecin. On perd le non-dit. Des gens qui, par exemple, vivraient un moment difficile, qui seraient plus déprimés, c'est beaucoup plus facile à saisir si on les voit en personne, souligne-t-il.

Le système n'est pas parfait, mais les médecins à qui Radio-Canada a parlé semblaient optimistes pour la suite.

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, avance que près d'un million de personnes pourraient ainsi éviter de se déplacer pour des urgences mineures, chaque année. Je pense que ça vaut la peine d'essayer, lance-t-il.

Avec les informations de Marie-Claude Morin

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