•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un appel à l'action aux automobilistes et aux élus pour protéger les piétons

Un homme marche dans une voie réservée, séparée de la circulation par des piquets verts et jaunes.

En raison de la pandémie, plusieurs rues de Montréal ont été réaménagées afin de permettre aux piétons de circuler en sécurité.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les routes ne sont pas sécuritaires pour tous, et pour preuve, 70 piétons ont perdu la vie pour une troisième année d’affilée, rappelle Piétons Québec à l’occasion du lancement de sa nouvelle campagne de sensibilisation Tous piétons : à pied, nous n’avons pas d’armure dans 11 régions de la province.

Si chacun doit adopter au quotidien des gestes aussi simples que faire tous ses angles morts, être attentif à ce qui se passe sur la route et redoubler de prudence en hiver, les élus ont leur rôle à jouer afin de changer la culture routière, juge l’organisme.

Des activités de sensibilisation sont prévues de l'Outaouais jusqu'au Saguenay, une campagne publicitaire sera lancée à l'échelle nationale et des outils éducatifs sont accessibles à tous sur le site web de Piétons Québec.

Parmi les mesures qui permettraient de prévenir l’irréparable, l'organisme suggère de réaménager les rues afin de réduire la vitesse permise ou encore de limiter le poids des véhicules et leur circulation sur certaines voies.

Avec cette campagne, on veut surtout rappeler l'importance d'être prudent et de collectivement faire en sorte que la situation s'améliore en changeant les comportements, en changeant les aménagements, explique Jeanne Robin, co-porte-parole de Piétons Québec.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

En 2019, 71 piétons sont morts; un bilan qui s’est alourdi dans les dernières années, contrairement à celui des automobilistes. La Société de l'assurance automobile du Québec a recensé 70 décès de piétons en 2018, 75 en 2017, 60 en 2016 et 44 en 2015.

Le bilan routier s'est amélioré notamment parce que les voitures sont de plus en plus protectrices pour leurs occupants, mais pour les piétons, ce qui doit les protéger, c'est la société, relève Mme Robin.

Tous les deux jours, un piéton est gravement blessé sur les routes et les rues au Québec. […] C'est une situation qui est préoccupante, qui est inadmissible.

Jeanne Robin, co-porte-parole de Piétons Québec

Au nombre des victimes de l’an dernier, il y a Jules Boutin, un adolescent de 13 ans qui s’est fait happer mortellement par un autobus scolaire à sa sortie de l’école, à Sainte-Agathe-des-Monts. Sa mère, Catherine Ricard, a décidé de se joindre à la campagne de Piétons Québec.

Pierre Boutin et Caroline Ricard sont assis sur une grande place piétonne.

Pierre Boutin et Caroline Ricard ont perdu leur fils de 13 ans, Jules, l'an dernier, après qu'il eut été happé par un autobus scolaire.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières-McNicoll

Ce qu’il faut qu’on réalise, c’est qu’une fois que c’est fait, là, c’est trop tard pour tout le monde. Pour le conducteur, pour le piéton, pour sa famille. Cet événement-là ne devrait pas arriver en fait, et il y a plein de moyens qu'on peut prendre pour ne pas que ça arrive, dit-elle.

La traverse piétonne qu’a empruntée Jules ce jour-là n’était même pas peinte au sol, note Mme Ricard.Ça aurait été tellement facile de le protéger, ajoute-t-elle.

À ce jour, l’aménagement de l’intersection où l’accident est survenu n’a pas été changé, souligne le père de Jules, Pierre Boutin. Cet accident-là ne doit pas rester sans réponse. C'est très dangereux de le laisser sans réponse, assure Mme Ricard.

Bien que leur fils ne pourra jamais leur être ramené, d’autres enfants peuvent encore être épargnés, jugent ses parents, d’autant plus que l’endroit où Jules a été frappé est fréquenté par des centaines d’autres jeunes, tout près de l’école.

Confinement et circulation

En raison de la pandémie de COVID-19, la circulation routière a connu une baisse depuis le début de l’année. Tout le monde s'est mis à marcher davantage et on s'est rendu compte que les piétons manquaient d'espace un peu partout, explique Jeanne Robin, qui espère que les mesures mises en place pour accorder plus d'espace aux piétons demeureront.

Selon la porte-parole de Piétons Québec, la pandémie aura eu en ce sens des effets positifs. Ça a permis de tester des aménagements, [...] de faire davantage attention à la sécurité des piétons, dit-elle.

Il est toutefois trop tôt pour déterminer si cette diminution de la circulation a eu une incidence sur les accidents impliquant des piétons cette année.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau et de Fannie Bussières-McNicoll

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !