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Rupture de service à l'Hôpital de Gatineau : le syndicat interpelle le gouvernement

Deux véhicules stationnés devant l'Hôpital de Gatineau.

L’Hôpital de Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Au lendemain de la suspension du service des soins intensifs à l'Hôpital de Gatineau, le Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO) réclame l'intervention du premier ministre François Legault et du ministre de la Santé, Christian Dubé.

Cette interruption de service était inévitable, selon le président du SPSO, Patrick Guay, étant donné la surcharge de travail et la pénurie de personnel intenable pour les infirmières.

La solution ne pourra pas simplement venir du CISSS de l'Outaouais et du syndicat. Ça va prendre de gros moyens et, ces moyens-là, c'est le gouvernement, juge M. Guay.

Patrick Guay pose pour la caméra dans le stationnement d'un hôpital.

Patrick Guay est président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

Il souligne que la situation est précaire dans plusieurs autres centres de soins de l'Outaouais, notamment à l'Hôpital du Pontiac, où le service d'obstétrique est suspendu depuis plus de six mois.

Si on ne veut pas que d'autres centres de soins cessent des activités, de façon temporaire ou pas, le gouvernement doit venir nous voir et offrir à la population tous les services auxquels elle a droit.

Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais

Pour attirer des infirmières dans la région, M. Guay estime que les postes offerts à temps complet doivent être avantageux, ce qui ne serait pas le cas en ce moment.

De son côté, le président du Conseil pour la protection des malades déplore le manque d’empathie dont a fait preuve le CISSS de l’Outaouais en annonçant l’interruption temporaire des soins intensifs de cette façon.

Écoutez, ce sont des soins intensifs, pas une pizzeria.

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades

Si le CISSS de l’Outaouais assure que les patients seront redirigés vers d’autres salles d’urgence pendant cet interlude, Paul Brunet critique le manque de communication envers les patients.

Les soins intensifs sont parmi les soins les plus essentiels et ils sont protégés par les deux chartes, la canadienne et la québécoise. À ce compte-là, vous devez rendre le service [...] Surtout pour des soins de vie ou de mort, on doit offrir des alternatives claires aux patients et ce n’était pas très clair, dit-il.

D'après M. Brunet, la pénurie de personnel ne peut pas être mise entièrement sur le dos de la COVID-19.

Nos politiciens et nos ministres devraient être plus sérieux et sévères envers les administrations, juge le président du Conseil pour la protection des malades.

Une cellule de crise mise sur pied

Christian Dubé.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux.

Photo : Radio-Canada

Le ministre Dubé a indiqué par courriel qu'une cellule de crise a été mise sur pied pour gérer la situation à l'Hôpital de Gatineau.

Nous sommes très conscients de la fragilité de la disponibilité de main-d’oeuvre en Outaouais et nous suivons le dossier de très près : les travaux se poursuivent afin de mettre en place des mesures incitatives pour recruter du personnel dans la région. Dès demain (14 septembre), la situation des soins intensifs à l’Hôpital de Gatineau sera réévaluée et les détails seront communiqués à la population, en toute transparence, a-t-il écrit.

Le CISSS de l'Outaouais a refusé notre demande d’entrevue, mais confirme que l’interruption restera en vigueur au moins jusqu'à lundi soir.

Plus d'attente dans les urgences de l'Outaouais

En parallèle, la situation ne s'améliore pas dans les urgences de l'Outaouais. Alors que les patients qui ont visité les salles d’urgence de l’Outaouais étaient moins nombreux cette année, ils ont attendu sur des civières en moyenne 3,2 heures de plus que l’année dernière.

La durée moyenne de séjour sur civière dans les urgences de l’Outaouais est passée de 16,5 heures en 2018-2019 à 19,7 heures en 2019-2020. Un bond de 3,2 heures d’attente avec un peu plus de 2500 patients de moins.

Une pancarte de l'urgence de Hull indiquant l'entrée des ambulances.

L’urgence de l’Hôpital de Hull

Photo : Radio-Canada / Reno Patry

C’est ce que révèlent les informations obtenues grâce à une demande d’accès à l’information du journal Le Droit auprès du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais et dont Radio-Canada a obtenu copie.

C’est à l’Hôpital de Hull que les patients attendent sur leur civière le plus longtemps en Outaouais, et ce temps d’attente ne fait que s’accroître. La durée des séjours des patients dans la salle d’urgence a augmenté de 4,8 heures par rapport à l’année 2018-2019. 

À l’Hôpital de Gatineau, les patients ont attendu 22,8 heures en moyenne sur une civière avant d’être vus par un médecin, soit 4,6 heures de plus que l’année passée.

Avec les informations d’Ismaël Sy

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