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Des parents d'enfants autistes attendent un plan du gouvernement Ford

Un père portant un masque et ses deux jeunes enfants arrivent à l'école.

La rentrée scolaire s'effectue sur fond de hausse des cas de COVID-19 en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Thalia D'Aragon-Giguère

Radio-Canada

Face à ce qu'ils jugent comme étant des classes trop grandes et un manque de personnel et de financement, des parents demandent au gouvernement ontarien un plan concret pour répondre aux besoins de leurs enfants autistes à l'école en temps de COVID-19.

Présidente de la Coalition ontarienne de l’autisme (OAC), Laura Kirby-McIntosh est inquiète. Les échanges que son organisme a eus pendant l'été avec le gouvernement Ford sont restés lettre morte. Il n'y a pas de plan pour les élèves avec des besoins spéciaux pour cette rentrée, selon elle.

C’est presque toujours la même chose. On crée des plans pour les élèves normaux et pour les élèves avec des besoins spéciaux, c’est une réflexion que l’on a après coup, regrette-t-elle.

Plusieurs éléments inquiètent Mme Kirby-McIntosh, elle-même mère d'enfants autistes. Tout d'abord, le fait que le nombre d'élèves par classe soit maintenu, ce qui favorise les distractions sensorielles pour ces enfants.

De plus, beaucoup se font dire que leurs enfants n'auront plus accès à l’équipement sensoriel qui leur permettait de libérer de l’énergie et de s’autoréguler, ajoute-t-elle.

Enfin, selon elle, le problème le plus important est que très peu d’élèves auront le soutien d’une assistante pédagogique.

Kate Logue, mère de deux enfants autistes, nage encore dans l'incertitude. Elle craint que les accommodements dont sa fille Ruby, 7 ans, a bénéficié l'année dernière ne soient plus possibles cette année. Le manque d'assistants pédagogiques est aussi très problématique.

Avec toutes les règles en plus, ça va être un défi pour elle. Elle va avoir besoin de plus de soutien et l’école ne nous a pas dit si elle en aurait, raconte la mère de famille. Pour Ruby, s'asseoir pendant des heures est un défi. Elle doit prendre une pause et pouvoir bouger.

Une enfant qui joue avec des peluches.

La fille de Kate Logue, Ruby.

Photo : Courtoisie : Kate Logue

Ils n’ont pas vraiment pensé aux besoins des enfants qui ont des besoins particuliers.

Kate Logue, mère de famille

Mme Logue aimerait que sa fille retourne à l'école. La socialisation, pour les enfants autistes, est très importante. Elle fait beaucoup d’efforts pour communiquer avec les autres, explique-t-elle.

10 millions pour les élèves aux besoins particuliers

Pour sa part, le gouvernement de l'Ontario rappelle dans un courriel avoir financé une rentrée scolaire sécuritaire à hauteur de 1,3 milliard de dollars, ce qui inclut une part de 381 millions du fédéral. Il a alloué 10 millions de dollars en financement supplémentaire spécifiquement dédié au soutien des élèves ayant des besoins en éducation spécialisée.

Pour Mme Kirby-McIntosh, ce financement supplémentaire ne suffit pas.

Il y a plus de 300 000 élèves avec des besoins spéciaux en Ontario. Et le financement supplémentaire de 10 millions de dollars, ça fait à peine plus de 30 $ par élèves. Que peut-on faire avec ça? s'interroge-t-elle.

Une inquiétude partagée par les enseignants

Présidente de l'Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy signale que, de leur côté, les enseignants vivent beaucoup de stress.

Il faut comprendre que nos membres qui œuvrent auprès des élèves aux besoins particuliers doivent non seulement se préparer pour accueillir les élèves en toute sécurité, mais aussi s’assurer qu’ils ont l’appui et les outils nécessaires pour livrer un programme d’apprentissage de qualité et répondre pleinement aux besoins de leurs élèves dans un environnement des plus sécuritaires. Cela fait en sorte que plusieurs de ces membres vivent encore plus de stress, d’anxiété et d’inquiétude cette année, peut-on lire dans un courriel adressé à Radio-Canada.

Des stratégies

Directrice de l'éducation au Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario (CEPEO), Sylvie Tremblay détaille les stratégies mises en place pour accueillir les élèves qui ont des besoins particuliers.

À compter du milieu du mois d’août, il était possible pour certains élèves d’être accompagnés par des membres du personnel, aller à leur école, voir de quoi avaient l’air les mesures de prévention mises en place, qu’on leur explique les routines. L'idée est de les familiariser avec cet environnement, explique-t-elle.

Mme Tremblay précise que le ratio adulte-élève est plus grand dans les écoles qui accueillent ces élèves et que plus d'employés ont été embauchés pour l'heure du dîner afin de prêter main-forte dans la gestion des routines d’hygiène.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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