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Rentrée universitaire 2020 : certains étudiants font des sacrifices, d'autres font la fête

Des policiers sur le trottoir discutent avec des jeunes qui se trouvent sur un balcon à l'étage d'une maison.

Le service policier de Kingston, en Ontario, a constaté une augmentation des appels de service dans le district universitaire. (archives)

Photo : CBC/Anjuli Patil

Nicolas Haddad
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La première année universitaire de la Torontoise Clara Van Bellinghen est bien loin de ce qu’elle avait pu imaginer à pareille date l’an dernier.

Étudiante en sciences de la vie à l’université McMaster, à Hamilton, elle devait vivre en résidence cette année, mais elle passera plutôt son premier semestre chez ses parents à suivre ses études en télétravail.

Je me sens toujours un peu amère, mais beaucoup moins maintenant. Il faut l'accepter puisque ce n’est pas la faute de qui que ce soit… tout le monde est dans le même bateau, estime Clara.

Capture d'écran d'un appel vidéo avec Clara.

« Il y a un an, j'avais des attentes que j'allais graduer et avoir ma prom, avoir un été et puis me préparer pour conduire à Hamilton et commencer ma vie la-bas, bien… c’est un peu différent maintenant », dit l'étudiante en première année à l'Université McMaster.

Photo : Radio-Canada

Malgré les efforts de ses parents pour lui donner plus de libertés pour qu’elle puisse malgré tout s’épanouir, elle était impatiente de commencer une nouvelle vie, d'être presque une nouvelle personne, et de trouver de nouveaux amis.

Suivant les directives de l'Université McMaster, elle passera au moins le premier semestre à étudier virtuellement à la maison, mais elle a déjà pris des précautions pour y passer le prochain semestre si la situation n’évolue pas.

De son côté, l’étudiante en deuxième année de l'Université Queen’s, Caroline Instrum, a décidé d'emménager à Kingston avec ses colocataires comme prévu avant la pandémie, bien qu’elle suive aussi ses cours en ligne.

Je trouve que j'ai fait le meilleur choix pour mon éducation de venir ici et de sentir le système de support, que je peux avoir accès à mes amis qui vont surmonter les mêmes obstacles, indique la jeune femme originaire du Nouveau-Brunswick.

Caroline Instrum pose pour une photo devant une maison.

Caroline Instrum est une étudiante en sciences de la santé qui entame sa deuxième année d'études à l'Université Queen's, à Kingston.

Photo : Avec l'autorisation de Caroline Instrum

Elle dit aussi prendre les directives gouvernementales sur la sécurité sanitaire extrêmement au sérieux, et en avoir longuement discuté avec ses quatre colocataires, avec qui elle s’est entendue pour former une bulle.

Mais l'Université Queen’s est bien connue pour sa vie étudiante dynamique et souvent excessive. Caroline n'apprécie pas la présence de fêtards, qu’elle voit et entend autour du district universitaire, qui se regroupent en grand nombre et bafouent les directives sur la sécurité sanitaire.

« C’est frustrant de voir l'attitude de ceux qui pensent qu'ils sont invincibles. »

— Une citation de  Caroline Instrum, étudiante de l'université Queen's en sciences de la santé

Si quelque chose se passe et qu’il y a beaucoup de cas de virus à Kingston, ce n'est pas facile pour moi de juste prendre toutes mes choses et de déménager au Nouveau-Brunswick, souligne-t-elle.

La police de Kingston sur le qui-vive

La Ville et la police de Kingston, où se trouve l'Université Queen’s qui regroupe presque 30 000 étudiants, affirment que des étudiants de Queen's ont fait la fête en grands groupes, et qu’ils ont enfreint les directives en place pour limiter la propagation de la COVID-19.

Depuis le 28 août, des agents municipaux et des agents de la police de Kingston ont répondu à 307 plaintes relatives au bruit, dont 255 qui provenaient du district universitaire.

Ils ont distribué 69 amendes pour des infractions liées au bruit, des fêtes hors de contrôle, et le non-respect des ordonnances d'urgence.

Plus de 20 000 personnes prennent part à une fête étudiante dans le Sud-Ouest de l'Ontario.

Avant la pandémie, l'Université Queen's était connue pour ses fêtes étudiantes massives et souvent hors de contrôle. (archives)

Photo : Police de London

La plage de Breakwater Park et la jetée Gord Edgar Downie, qui étaient des lieux de rassemblement populaires parmi les élèves, ont aussi été fermées au public à compter du 5 septembre.

La semaine dernière, le premier ministre de l’Ontario Doug Ford a exhorté les étudiants ontariens à ne pas faire la fête dans le contexte de la pandémie.

Le premier ministre Doug Ford en point de presse au cours de la pandémie de COVID-19.

Le premier ministre Doug Ford en point de presse au cours de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

N'allez pas à ces fêtes parce que les cas de COVID dans les universités vont se propager dans la communauté, a-t-il martelé.

« Plus de fêtes, je ne peux pas insister assez, je ne veux pas ressembler à un père qui vous fait la leçon, je vous parle juste en tant qu'ami, en tant que premier ministre. »

— Une citation de  Doug Ford, premier ministere de l'Ontario

J'encourage les voisins, si vous entendez de grandes fêtes, et je sais que ça se passe habituellement à minuit ou une heure du matin, mais appelez la police, parce que je veux que la police porte des accusations, a dit le premier ministre Ford.

De son côté, le maire de Kingston, Bryan Paterson, a déclaré que la Ville continuera à sévir contre les fêtards qui enfreignent les règles de santé publique.

Un phénomène qui se reproduit partout au pays

À Antigonish, en Nouvelle-Écosse, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a mis à l'amende quatre étudiants provenant de l'extérieur de l'Atlantique qui ne se sont pas auto-isolés. La loi provinciale les oblige à respecter une quarantaine de 14 jours à leur arrivée dans la province, en plus de subir trois tests de dépistage.

C'est à la suite de plaintes de citoyens que les policiers ont constatés que les étudiants en question ne suivaient pas les règles de quarantaine.

Photo devant l'Université Sainte-Anne le 1er novembre 2019.

L'Université Sainte-Anne à Pointe-de-l'Église en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Toujours en Nouvelle-Écosse, à Pointe-de-l'Église, l’Université Sainte-Anne a annoncé vendredi sa décision d’expulser un étudiant qui a contracté la COVID-19 et qui n’a pas respecté les directives d’isolement à son arrivée dans la province.

Au Québec, une douzaine de personnes avaient été infectées à la COVID-19 après avoir participé à des fêtes étudiantes qui auraient rassemblé plus d’une centaine de personnes à La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) local.

Les cours ont aussi été suspendus aux cégeps de Rimouski et de Rivière-du-Loup afin de prévenir la contagion.

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