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Elle sourit à la caméra.

L'autrice Isabelle Lapointe

Photo : Atwood photographie

Radio-Canada

Isabelle Lapointe fait partie des 21 personnes en lice pour le Prix du récit Radio-Canada 2020.

Qui suis-je?

Je suis née sur la Côte-Nord, dans un parc de roulottes tout alignées. Mon premier contact avec les arts, je l’ai eu en passant mes soirées à chanter sur les accords de ma maman. En 2002, je suis déménagée à Québec pour étudier en enseignement. J’y ai aussi exploré la musique avec différents groupes et j’y ai développé un vif intérêt pour l’écriture. En 2013, dans la foulée de mes études en théâtre, j'ai lancé l'album Amour fiesta et chats, dont j’ai signé les paroles et les mélodies. J’y prends les traits d’Odile Dupont, un personnage déluré qui vocifère chansons et poésie. La même année, j'ai remporté avec mon premier texte dramatique, 19, rue Gagnon, le concours d’écriture du Carrefour international de théâtre de Québec. En 2015, cette pièce a été lue intégralement au Festival du Jamais Lu (Québec). J’ai terminé l’an dernier une maîtrise en arts de la scène à l’Université Laval. J’habite maintenant Montréal, où je travaille en éducation tout en menant de front divers projets de chanson, de théâtre et d’écriture.

Mon récit en quelques mots

Chantale revient d’on ne sait où avec un œuf d’outarde dans sa sacoche. Dedé ne le sait pas, mais c’est lui qui assistera à la naissance et qui sera pogné pour s’occuper du p’tit. Mais ça ne lui déplaira pas : s’occuper des bebittes, c’est ce qu’il a fait toute sa vie.

Ma source d’inspiration pour ce texte

J’avais environ 7 ou 8 ans quand le cousin de ma mère, Dedé, a emménagé dans le sous-sol de notre petite maison à Chute-aux-Outardes. Mon oncle Dedé est entré dans nos vies et a amené avec lui toute une trâlée d’histoires de chasse, de pêche et d’aventures forestières à la limite du possible. Avec une verve particulière, il passait des soirées à nous raconter ses folies de jeunesse et ses histoires improbables de dressage d’animaux sauvages. J’en avais jamais assez, même si, la plupart du temps, j’écoutais en cachette. J’ai vu de mes yeux quelques-unes des petites bestioles qu’il a sauvées. Pour le reste, j’ai surtout entendu d’une oreille bien tendue dans le coin de ma porte de chambre : des mots, des expressions, des histoires et des conversations d’adultes. Tout ça s’est aggloméré dans ma mémoire, et j’ai eu envie de revisiter cette partie de moi. Dans mon village d’enfance.

Les premières lignes de mon récit

Chantale rentre en flèche au logement de la rue Gagnon avec un sourire crasse. "J’arrive du bois!" qu’elle dit en riant dans ses yeux beurrés de crayon noir. Dedé la regarde en froissant les sourcils et en remuant de la tête. Y sait ben qu’elle cache quelque chose, encore. Quand sa Chantale fait c’te face-là, c’est clair qu’elle a un plan de fou dans tête : "Sacoche de sacoche, quessé t’as faite encore, toé-là?" En ricanant de sa voix rauque de fumeuse, Chantale dépose doucement sa grosse bourse en cuir beige au beau milieu d’la table, l’ouvre avec une attention maladroite. Elle en sort une motte de linge faite avec des bas, des t-shirts et d’autres vêtements crottés. Elle épluche lentement le paquet, elle le déballe comme s’il s’agissait d’un cadeau tombé du ciel. Dedé s’impatiente : "Quessé tu fais? Quessé tu nous as ramené là?"

Extrait de Dedé, d'Isabelle Lapointe

Véritable tremplin pour les écrivaines et écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs poèmes, nouvelles et récits inédits soumis au concours.

La gagnante ou le gagnant remportera :

  • la publication de son texte sur Radio-Canada.ca;
  • une résidence d'écriture de deux semaines au Banff Centre des arts et de la créativité en Alberta;
  • une bourse de 6000 $, offerte par le Conseil des arts du Canada.

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