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Manifestation à Ottawa contre l'interdiction de certaines armes à feu

Parmi une foule devant le parlement à Ottawa, des citoyens brandissent des pancartes revendiquant le droit de posséder des armes à feu.

De nombreux propriétaires d'armes à feu au Canada sont en colère.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Plusieurs centaines, voire des milliers de personnes provenant de plusieurs coins du pays se sont rassemblées devant le parlement à Ottawa samedi après-midi pour demander au gouvernement Trudeau de faire marche arrière sur sa décision d'interdire les armes de style militaire.

La Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu (CCFR) tente de faire renverser un article de loi qui limite la vente, l'achat, le transport, l'importation ou l'utilisation des armes d'assaut de type militaire au Canada.

En vertu d'une version révisée du règlement fédéral, quelque 1500 modèles et variantes de ces armes, souvent présentées comme des armes d'assaut, sont maintenant prohibés. Neuf principaux modèles ont un potentiel de tir rapide soutenu et sont en mesure d'accueillir des chargeurs de grande capacité, bien que ces derniers soient déjà interdits depuis longtemps.

Les propriétaires de ces armes ne peuvent plus les utiliser, sauf dans le cas de certaines exceptions temporaires, et doivent les ranger de manière sécuritaire.

Des dizaines de personnes marchent sur la rue Sparks, à Ottawa.

Des centaines voire des milliers de personnes ont marché dans les rues du centre-ville d'Ottawa contre une loi fédérale bannissant 1500 modèles d'armes à feu, le 12 septembre 2020.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Depuis le 1er mai, on n'est plus capable de faire nos sports, a déploré Guy Morin, venu de Québec avec une délégation de Québécois de plusieurs villes différentes. C'est bannir le tir sportif, bannir les armes qui ont été achetées et possédées légalement. Ça n'a rien à voir avec la criminalité et les tueries de masse.

C'est simplement pour faire un symbole avec une arme qui a l'air épeurante, mais ça ne sert absolument à rien.

Guy Morin, président, Tous contre un registre québécois des armes à feu

Pour Karine Deblois, propriétaire du magasin d'armes à feu Dan Chasse, à St-Camille-de-Lellis, les conséquences de cette législation sont aussi financières. C'est notre vie, notre passion qui est en jeu. Nous sommes des passionnés, pas des criminels, des citoyens honnêtes qui gagnons notre vie avec ça, a déclaré Mme Deblois.

Un homme, parmi une foule devant le parlement à Ottawa, tient une pancarte affirmant que les détenteurs d'armes à feu légales ne sont pas un problème.

Des citoyens de partout au pays ont répondu à l'appel de la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu, le samedi 12 septembre 2020.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Sophie Béland ne possède pas d’armes, mais a décidé de joindre sa voix à celles des autres en guise de solidarité. Je suis ici en appui à mes amis et avec tout simplement le gros bon sens, a-t-elle dit. On demande au gouvernement d’investir les fonds qui sont attribués à tout ce processus de bannissement d’armes dans la santé publique et aussi dans le crime organisé, parce que c’est vraiment là que le bât blesse. Ils sont capables de se procurer des armes illégales.

Un enjeu constitutionnel et politique, selon la CCFR

La vice-présidente aux relations publiques de la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu (CCFR), Tracey Wilson, a l'intention de contester le règlement devant les tribunaux, quitte à se rendre en Cour suprême.

C’est un enjeu constitutionnel. Nous avons le droit légitime et légal de posséder de telles armes. J’ai la certitude que ça va se rendre jusqu’à la Cour suprême du Canada et nous sommes prêts financièrement.

Tracey Wilson, vice-présidente aux relations publiques à la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu

Tout comme le CCFR, de nombreux manifestants présents estiment qu’un gouvernement conservateur représenterait mieux les intérêts des propriétaires d’armes.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Rassemblement contre le contrôle accru des armes à feu

Ce qu'on veut à la prochaine élection, c'est rentrer les conservateurs et on veut absolument mettre Trudeau dehors. On recommence à zéro et on déchire ce décret-là, a clamé M. Morin.

Un autre organisme rétorque

D'un autre côté, le regroupement PolySeSouvient demande à Ottawa d'aller plus loin en rendant le rachat des armes de style militaire obligatoire. On a fait fermer le robinet pour vider la piscine, maintenant il faut vider la piscine , a illustré Nathalie Provost, porte-parole de l'organisme, qui réclame un contrôle strict des armes.

C'est parce qu'ils sont inquiets qu'ils sentent l'importance de faire une manifestation comme ça.

Nathalie Provost, porte-parole de PolySeSouvient

Le gouvernement Trudeau n’a pas l’intention de faire marche arrière. Par courriel, le bureau du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, réitère que les modèles d'armes visés par la législation sont des armes d'assaut militaires conçues pour être utilisées par les soldats sur le champ de bataille. Il affirme aussi que celles-ci n’ont pas leur place dans la communauté et que l’article de loi n’empêche pas les chasseurs, les tireurs sportifs et les collectionneurs de mener leurs activités.

Les propriétaires de telles armes ont une période d’amnistie allant jusqu'au 30 avril 2022 pour se conformer au Règlement. Un programme de rachat visant à offrir une compensation aux détenteurs des armes nouvellement bannies est aussi prévu.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Précision

Dans une version précédente de cet article, nous écrivions que les 1500 modèles d'armes visés par le règlement étaient dotés d'un chargeur à grande capacité, ce qui était inexact. Nous avons modifié ce passage.

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