•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Timide retour au bureau depuis juillet

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Deux mannequins assis sur un sofa brun au milieu d'un local vide, avec des cintres en avant-plan

La pandémie a vidé bon nombre de locaux commerciaux, une tendance qui pourrait durer alors que peu d'employés acceptent de quitter le télétravail pour revenir au bureau.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Le gouvernement autorise le retour au bureau de 25 % des travailleurs, mais partout au Québec, ces derniers demeurent largement vides. En moyenne, bien peu d’employés décident de revenir au travail : à peine un salarié sur dix quitte le confort de son foyer pour retrouver ses collègues.

En temps normal, les bureaux de Frima, au cœur de Saint-Roch, bourdonnent de bruits.

Vous verriez des salles de production remplies, des gens attablés à l’heure du dîner et beaucoup plus de circulation, décrit Christian Daigle, président et cofondateur de l’entreprise de conception de jeux vidéo.

Aujourd’hui, à peine 18 employés se trouvent dans le vaste bureau, soit la moitié de la quarantaine autorisée par la santé publique.

En temps normal, plus de 150 personnes travaillent quotidiennement dans le bâtiment occupé par l'entreprise, à côté du parc Jean-Paul-L’Allier.

Un homme grisonnant en veston noir ligné gris

Le président de Frima, Christian Daigle, explique avoir fourni à tous ses employés les ordinateurs nécessaires à la réalisation de leurs tâches depuis la maison.

Photo : Radio-Canada / Vincent Cantin-Archambault

La très vaste majorité des employés préfère donc rester à la maison. Le président de Frima en prend bonne note.

On a un réel intérêt pour une méthode de travail hybride, explique Christian Daigle. On n’exclut rien pour le moment.

Avoir le loisir de venir au bureau ou de rester à la maison : chez Frima, près de la moitié des employés convoite cette liberté.

Ce qui est certain, c’est qu’on va avoir une nouvelle approche du travail en entreprise après la pandémie.

Christian Daigle, président et cofondateur de Frima

Pas près de disparaître

Un sondage mené par l’Ordre des conseillers en ressources humaines du Québec tend à confirmer l’implantation du travail à distance.

Ce qui en ressort, c’est que 75 % des employeurs songent à augmenter les possibilités de télétravail, raconte Manon Poirier, directrice générale de l'Ordre.

D'ailleurs, un peu partout dans la province, la tendance est la même : entre 5 et 10 % des travailleurs reviennent au bureau.

Tendance à Québec

La Chambre de commerce de Québec observe que 90 % des entreprises ont un taux d'occupation inférieur à 25 %.

Santé et sécurité

La législation devra s’adapter à cette nouvelle réalité, analyse Manon Poirier, surtout en ce qui concerne la santé et la sécurité au travail.

Qui paiera la facture du boulot à domicile? s’interroge quant à elle Caroline Biron, professeure titulaire en management à l'Université Laval.

Les troubles musculosquelettiques sont une bombe à retardement. Ce n’est pas tout le monde qui a l’installation adéquate pour travailler de la maison. Qui doit payer pour que les gens soient bien installés?

Caroline Biron, professeure titulaire en management à l'Université Laval

Malgré les possibilités du télétravail, qui dans bien des cas offre plus de liberté et moins de temps passé dans la circulation, quelques irréductibles veulent retourner auprès de leurs collègues.

Jeune femme tatouée en camisole fixe un écran d'ordinateur avec des écouteurs sur la tête

Pour Joanie Gagnon, la principale motivation pour revenir au bureau était de renouer avec ses collègues.

Photo : Radio-Canada / Vincent Cantin-Archambault

Le mur trop foncé de mon sous-sol, je l’ai vraiment vu trop longtemps, dit Joanie Gagnon, de retour depuis peu dans les bureaux de Frima.

Je trouvais difficile de faire une séparation entre la vie personnelle et le travail, explique-t-elle.

Ça fait toute la différence de voir des gens, de discuter et de se déconnecter à la fin de la journée, dit de son côté Jean-François Leclerc, artiste 3D chez Frima.

Il a l’impression, en revenant au bureau, de retrouver un peu de normalité dans cette période très particulière.

On allait souvent prendre un café en bas. Nos vendredis vin m’ont manqué aussi!

Jean-François Leclerc, artiste 3D chez Frima

Son patron, Christian Daigle, pense qu’il faut donner l’opportunité de revenir au bureau à ceux et celles qui, comme Jean-François et Joanie, désirent le faire.

Jeune homme souriant devant un écran d'ordinateur

Jean-François Leclerc remarquait qu'il avait plus de difficulté à rester concentré lorsqu'il travaillait dans son appartement. « Le garde-manger n'était jamais loin! », dit-il en riant.

Photo : Radio-Canada / Vincent Cantin-Archambault

Il ne pense toutefois pas revoir ses 155 employés réunis de sitôt.

Les besoins immobiliers ne seront pas les mêmes après la pandémie, prévoit-il. Nous aurons toujours un bureau, mais quelle superficie il occupera, ça, ça reste à voir.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !