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L'Iran dénonce le rapprochement entre Bahreïn et Israël

Des hommes avec des masques contre la COVID-19 tiennent des affiches en feu représentant les trois hommes d'État.

L'accord entre Bahreïn et Israël a aussi suscité de la colère en Palestine, où des hommes ont brûlé des images du roi de Bahreïn, Hamad ben Isa al Khalifa, du président américain, Donald Trump, et du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

Photo : Getty Images / AFP / Mahmud Hams

Agence France-Presse

Téhéran a accusé avec véhémence samedi Manama, la capitale du Bahreïn, d'attiser l'instabilité dans la région, au lendemain de l'annonce de l'accord de normalisation entre ce pays et Israël, qui continue à rebattre les cartes au Moyen-Orient où Washington veut isoler un peu plus l'Iran.

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi l'établissement de relations diplomatiques et commerciales entre Bahreïn et Israël, se félicitant d'une journée véritablement historique!.

Bahreïn a dit dans une déclaration commune avoir accepté de formaliser l'accord avec Israël mardi lors d'une cérémonie prévue à la Maison-Blanche, où un autre pays du Golfe, les Émirats arabes unis, signera égalementla normalisation avec Israël annoncée à la mi-août.

Les Émirats et Bahreïn deviennent ainsi le troisième et quatrième pays arabe à établir des liens diplomatiques avec l'État hébreu, après la Jordanie (1994) et l'Égypte (1979) qui ont conclu des traités de paix ayant mis fin à l'état de guerre avec Israël.

L'Iran a fustigé le rapprochement entre le minuscule archipel du Golfe et l'État hébreu.

Les dirigeants de Bahreïn seront désormais complices des crimes du régime sioniste, comme une menace constante pour la sécurité de la région et du monde musulman.

Mohammad Javad Zarif, ministère iranien des Affaires étrangères

Proche de Téhéran, le Hezbollah libanais a dénoncé l'accord comme une grande trahison et un douloureux coup dans le dos du peuple palestinien.

Sur les réseaux sociaux, des Bahreïnis ont dénoncé l'accord comme une trahison, l'ancien député Ali Alaswad qualifiant l'annonce de jour noir dans l'histoire de Bahreïn.

Siège de la Ve flotte des États-Unis, le royaume partage avec Israël la même hostilité à l'égard de Téhéran, que Manama accuse d'instrumentaliser la communauté chiite de Bahreïn contre la dynastie sunnite au pouvoir.

La Turquie a également dénoncé l'accord entre Israël et Bahreïn comme un nouveau coup porté aux efforts pour défendre la cause palestinienne, qui va renforcer Israël dans ses pratiques illégales envers la Palestine et ses tentatives de rendre permanente l'occupation des territoires palestiniens.

Par le passé, la résolution du conflit israélo-palestinien était considérée comme une condition sine qua non pour une normalisation des relations entre Israël et les pays arabes.

L'accord entre Bahreïn et Israël est un coup de poignard dans le dos de la cause palestinienne et du peuple palestinien.

Ahmad Majdalani, ministre palestinien des Affaires sociales

Il a ajouté que quatre ou cinq autres pays arabes seraient prêts à signer une paix illusoire (ndlr, la normalisation de leurs relations avec Israël), sans préciser lesquels.

Dans la bande de Gaza, le Hamas a dénoncé une agression portant un grave préjudice à la cause palestinienne.

L'Égypte salue l'accord

En revanche, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a salué un accord historique et une étape importante pour la stabilité et la paix qui permettra de trouver une solution juste et permanente à la cause palestinienne.

La normalisation des relations entre Israël et les alliés des États-Unis au Moyen-Orient est un objectif clé de la stratégie régionale de Donald Trump, en campagne pour la présidentielle de novembre.

Donald Trump est assis à son bureau alors que les quatre autres hommes sont debout derrière lui.

Donald Trump s'est félicité de ce nouvel accord de normalisation entre Israël et un pays arabe le vendredi 11 septembre.

Photo : Getty Images / AF / Andrew Caballero-Reynolds

À mesure que d'autres pays normalisent leurs relations avec Israël, ce qui arrivera, nous en sommes convaincus, assez rapidement, la région deviendra plus stable, plus sûre et plus prospère.

Donald Trump, président des États-Unis

Et, selon lui, les Palestiniens voudront faire partie (des discussions) parce que tous leurs amis y seront.

Au moment où le tweet présidentiel était envoyé, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, saluait un autre accord de paix avec un autre pays arabe.

Benny Gantz, ministre de la Défense et partenaire de M. Nétanyahou au gouvernement, a félicité le premier ministre israélien et le roi Hamad de Bahreïn remerciant M. Trump et son gouvernement pour leurs remarquables efforts pour construire un Moyen-Orient plus stable.

En normalisant les relations entre nous et les partenaires régionaux, la vision d'un Moyen-Orient sûr et sécurisé pour tous ses habitants est en passe de devenir réalité, a-t-il dit.

Le président israélien, Reuven Rivlin, a pour sa part appelé d'autres pays arabes et musulmans à faire la paix avec Israël, la paix entre les peuples, la paix contre la paix.

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