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Cours en ligne : des étudiants internationaux entre l'arbre et l'écorce

Mahek Seth, une jeune femme habillée en rouge, sourit à la caméra.

Mahek Seth poursuit ses études à l'Université de l'Alberta depuis l'Inde, malgré les difficultés causées par le décalage horaire et l'isolement.

Photo : courtoisie de Mahek Seth

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bien des étudiants étrangers ont choisi de ne pas retourner au Canada pour leur session d’automne qui se fera, de toute façon, en ligne. Entre le décalage horaire, les connexions Internet défaillantes et l'isolement social, la vie universitaire a pris pour eux un curieux tournant.

Entre Lucknow, en Inde, et Edmonton, en Alberta, il y a 11 heures et demie de décalage horaire. C’est donc souvent au beau milieu de la nuit que Mahek Seth, étudiante en deuxième année à l’Université de l’Alberta, doit se connecter à ses cours en ligne.

Ce n’est pas une affaire d’un jour ou deux, c’est une affaire de quatre mois que je vais passer à travailler ainsi, en restant debout toute la nuit, dit-elle.

Passer ses journées à dormir et ses nuits à étudier renforce son sentiment d’isolement.

Mes amis le disent aussi : notre vie sociale est au point mort. Comme nous sommes des étudiants internationaux, nous connaissons déjà moins de gens à l’université. C’est ma deuxième année à l’université, mais ma première en Administration et c’est vraiment difficile pour moi de faire du réseautage virtuellement, explique l’étudiante.

Les universités de l’Alberta offrent presque toutes leurs cours en ligne cet automne.

Comme Mahek, quelque 9000 étudiants internationaux de l’Université de l’Alberta ont dû choisir entre suivre ces cours depuis leur pays d’origine ou organiser un voyage coûteux et compliqué vers le Canada en pleine pandémie.

La vice-présidente de l’Association des étudiants internationaux de l’Université de l’Alberta, Gurbani Baweja, dit qu’ils ont été nombreux à choisir la première option.

C’est surtout parce que vivre à la maison est vraiment moins cher que de venir au Canada. Le loyer est beaucoup plus cher ici en comparaison et la plupart des étudiants étrangers ne paient même pas de loyer chez eux parce qu’ils restent avec leurs parents, explique-t-elle.

C’est sans compter le prix du billet d’avion et le coût de la vie en général, qui est aussi plus élevé.

Les inconvénients associés au choix de rester à la maison ne sont toutefois pas négligeables, selon Gurbani Baweja. Son association a d’ailleurs reçu des dizaines de témoignages d’étudiants de partout dans le monde qui souffrent de l’isolement, des horaires décousus et, très souvent, de problèmes techniques.

[Souvent], la connexion Internet et la vitesse ne sont pas comparables à celles au Canada, explique-t-elle.

Les défis sont si grands que certains ont tout de même choisi de revenir à Edmonton.

Divji Dhingra, étudiant de deuxième année en Sciences informatiques, était reparti à Delhi en mars, quand la pandémie a commencé. Finir sa session printanière de là-bas a cependant été si difficile qu’il n’était pas prêt à répéter l’expérience.

Les cours se tenaient la nuit pour moi, ce que j’ai trouvé très difficile à gérer, et il y a des restrictions sur la bande passante à Delhi, explique-t-il.

Les difficultés avec Internet étaient telles qu’il a même manqué un examen, car la connexion a coupé. Il remarque que Delhi est une grande ville et que ça doit être encore pire dans les régions rurales.

Il a donc décidé de louer une maison à Edmonton pour la session d’automne.

Malgré tous ces obstacles, Gurbani Bajewa dit que les étudiants étrangers ne peuvent pas se permettre de mettre leurs études sur pause.

Je n’ai entendu parler d’aucun étudiant international qui aurait lâché ses cours, parce que nous avons un échéancier fixe pour notre permis d’études. C’est habituellement quatre ans, donc on doit finir à temps, dit-elle.

D’après les informations d’Ariel Fournier et Mark Connolly.

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