•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pourquoi la pêche récréative a conquis des milliers de Canadiens cette saison

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un homme avec une canne à pêche près d'une rivière.

Dans la rivière Saskatchewan Nord, les pêcheurs peuvent avoir au bout de leur ligne des dorés jaunes, des brochets, des truites ou des surgeons.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Une activité de plein air a eu le vent en poupe cet été au Canada : la pêche. Les ventes de permis de pêche récréative ont bondi partout au pays. Ce sport s'avère accessible et idéal en ces temps de pandémie, comme l'expliquent de nouveaux accros des hameçons.

Trouver l'endroit parfait

Armées d'une épuisette, de bottes et de cannes à pêche, Deborah Anderson et sa fille Emma partent en escapade dans l'ouest d'Edmonton. D’un pas vif, elles marchent en direction d’un endroit bien connu des pêcheurs sur la rivière Saskatchewan Nord, qui traverse la capitale albertaine.

Dans ce cours d’eau, il y a des milliers de poissons de toutes les tailles. Si nous sommes chanceuses, on va attraper des laquaiches, dit Deborah, qui scrute l’horizon en arrivant sur un pont.

Il faut bien observer la structure de la rivière et le courant. J'essaie de trouver les petites piscines naturelles qui se forment. C'est là que les poissons vont faire leur pause. C'est là qu'on peut les attraper.

Lorsqu’elle était enfant, ses parents lui ont donné le goût des activités extérieures, mais pas de la pêche. Cette mère de famille l'a découverte par elle-même il y a deux ans.

Depuis, cette jeune pêcheuse a attrapé plus d'une centaine de poissons, mais son but ultime n'est pas de les manger, mais plutôt de s'offrir une pause dans son quotidien.

Une femme tient une canne à pêche à la main.

Deborah Anderson part pêcher, seule ou accompagnée, presque tous les jours depuis la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Respecter la distanciation physique

Je pêche presque tous les jours en ce moment. Ça me permet de souffler et d'échapper aux tensions qu'il y a cet été avec la pandémie, explique Deborah Anderson, qui vient à peine de surmonter un creux dans sa carrière.

Ce n'est pas dispendieux et, en plus, c'est l'activité parfaite pour rester à distance des autres. Je ne veux pas blesser quelqu'un avec mon hameçon.

À ses côtés, Emma, 7 ans, est très agitée. Elle aussi a une canne à pêche, mais elle préfère jouer avec les vers de terre. J’aime aller à la pêche parce que ça me permet de passer du temps avec ma maman, avoue-t-elle.

Cette heure passée au bord de l'eau, c'est aussi un moment privilégié pour la mère et sa fille. J'adore pêcher avec elle, admet Deborah. Elle me fait toujours sourire et c'est important pour moi de lui transmettre ce savoir, ainsi que le respect des autres pêcheurs, de la faune et la flore.

Une mère met une fleur dans les cheveux de sa fille.

Pêcher, c'est aussi passer un moment de complicité entre la mère et sa fille.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

La compétition s'instaure

À quelques mètres de là, une autre apprentie pêcheuse est déjà découragée au bout de 30 minutes. Je trouve ça dur, avoue Rebecca Anderson. On ne voit rien. C'est vraiment que de la chance, mais au moins on passe du temps dehors, loin de la télévision, dit cette Albertaine de 24 ans qui a acheté son tout premier permis de pêche cette année.

Elle est surtout là pour accompagner Mason, son ami plus téméraire et passionné. J’attrape un poisson une fois sur quatre. Aujourd’hui, je n’ai rien pris, mais ce n’est pas grave, dit-il tout en avouant qu’une compétition s’est instaurée entre ses camarades pour établir qui en attrapera le plus cette saison. Pour l’instant, je suis le meilleur.

Un homme tient un poisson dans ses mains.

Les passionnés partagent leurs prouesses en photo sur Internet et entre amis.

Photo : Matt Hodge

Pendant la période estivale en ces temps de pandémie, des milliers de Canadiens ont voulu découvrir cette activité proche de la nature, selon les chiffres fournis par plusieurs gouvernements provinciaux.

Hausse des ventes de permis de pêche récréative de chaque province par rapport à l’année dernière :

  • Colombie-Britannique : 15 %
  • Alberta : 30 %
  • Saskatchewan : 15 %
  • Manitoba : 30 %
  • Ontario : 20 %
  • Québec : 8 %
  • Nouveau-Brunswick : 12 %

Un bon bilan pour les commerçants

Cette tendance est aussi ressentie dans les magasins spécialisés, comme The Fishing Hole, qui a vu une hausse des ventes dans toutes ses succursales au Canada, selon Brian Wiebe, le responsable d'une boutique située à l’ouest d’Edmonton.

Nous avons observé une hausse historique de nos ventes. Notre personnel doit passer plus de temps à informer ces nouveaux pêcheurs, mais c’est gagnant-gagnant parce qu’ils vont y prendre goût et sûrement revenir dans le futur pour s’équiper à nouveau dans notre magasin.

Des clients dans un magasin de pêche.

Les magasins spécialisés ressentent, eux aussi, l'attrait des Canadiens pour la pêche cette saison.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

À cause de la pandémie, les commandes des fournisseurs se font attendre. The Fishing Hole fait face à un stock historiquement bas. Il reste à voir si les produits pour la pêche sur glace vont être livrés à temps et, surtout, si ces nouveaux adeptes ne vont pas mettre leur canne à pêche au placard à l'arrivée de l'hiver.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !