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Des maires veulent transformer les édifices délaissés en logements abordables

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le maire de Toronto, John Tory, se tiennent le menton sous le regard du maire d'Edmonton, Don Iveson, lors d'une rencontre des maires des grandes villes canadiennes à Ottawa, le 6 février 2020.

Les maires d'Edmonton, Don Iveson (à gauche), et de Toronto, John Tory (à droite), ainsi que leurs homologues des autres grandes villes canadiennes demandent au gouvernement de Justin Trudeau (au centre) de délier les cordons de la bourse pour financer l'achat d'édifices inoccupés afin d'en faire des logements abordables. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral se penche sur la création d’un programme visant à aider les municipalités canadiennes à acheter des immeubles délaissés à cause de la pandémie de COVID-19 afin de les convertir rapidement en logements abordables.

Ottawa songe à créer ce programme depuis quelques mois et y voit une façon de limiter l’itinérance à l’approche de l’hiver et de la fin de mesures temporaires de soutien au logement.

Cette approche permettrait d’éviter la surpopulation des refuges pour sans-abri existants tout en limitant la propagation du coronavirus dans une population déjà considérée comme vulnérable, soutiennent les maires des grandes villes canadiennes.

Les maires veulent agir rapidement

Selon des informations obtenues par la Presse canadienne, les libéraux fédéraux se demandent s’ils doivent annoncer ce nouveau programme avant le discours du Trône, comme le souhaitent les maires des grandes villes du pays.

Les élus municipaux soutiennent qu’ils pourraient mettre rapidement cet argent fédéral à profit pour acheter des édifices qui seront bientôt mis en vente plutôt que d’attendre des mois ou des années pour la réalisation de nouveaux projets de construction de logements abordables.

C’est l’évidence même, croit le maire d’Edmonton, Don Iveson. Il espère une décision rapide du gouvernement fédéral pour aider des groupes locaux à mettre la main sur ces propriétés et sortir les gens de la rue avant qu’ils soient confrontés à un autre hiver et à la pandémie, ce qui serait moralement inacceptable.

L’idée a été soumise aux libéraux il y a des mois et ceux-ci y ont répondu en montrant un vif intérêt lors de discussions avec les maires et des intervenants du milieu du logement au cours de l’été.

Une consultation sur la mise en oeuvre d’un tel plan a d’ailleurs été organisée en juillet et en août par la Société canadienne d’hypothèque et de logement. L’organisme fédéral est entre autres responsable de la stratégie canadienne sur le logement.

Pouvoir acheter avant les autres

L’accès aux fonds est le nerf de la guerre, selon les intervenants consultés. L’un des défis, croient-ils, est d’avoir assez d’argent suffisamment rapidement pour acheter les hôtels, motels, entrepôts et immeubles résidentiels mis en vente avant que d’autres ne s’en emparent.

À l’approche d’une mise à jour budgétaire, la Fédération canadienne des municipalités (FCM) demande un peu plus de 4 milliards de dollars en subventions à Ottawa pour financer l’achat de ce qui pourrait devenir quelque 22 000 logements.

Un tel programme permettrait d’acheter des édifices mis en vente au rabais après avoir été délaissés dans la foulée de la pandémie, explique Don Iveson. La disponibilité de logements pour les moins nantis qui en résulterait permettrait notamment de réduire les coûts en santé et les frais de maintien de l’ordre, croit-il.

Si on est pour emprunter des centaines de milliards de dollars pour survivre à la pandémie, ce serait bien d’en profiter pour mettre fin à l’itinérance et réduire les risques d’éclosion chez les plus vulnérables.

Don Iveson, maire d’Edmonton

La rapidité d’exécution est essentielle, souligne le maire de Toronto, John Tory. Si j’étais à la place du gouvernement, j’aimerais qu’on me voie agir au moment où l’occasion se présente et où les propriétés sont en vente.

Le gouvernement pourrait alors dire : non seulement nous avons agi au pas de charge pour mettre cet argent à la disposition des municipalités, mais celles-ci ont produit des logements au même rythme, note-t-il.

Le maire Tory voit aussi dans l’achat d’immeubles une source de logements moins onéreuse que la location de chambres d’hôtel à laquelle certaines villes ont recours pour offrir un toit aux sans-abri depuis le début de la pandémie.

Des budgets municipaux anémiques

L’aide fédéral est plus que souhaitable au moment où la situation financière des municipalités est peu enviable, selon les maires. La pandémie de COVID-19 a notamment anéanti les revenus des sociétés de transport en commun et forcé l’arrêt des activités récréatives.

Si elles souhaitent investir dans le logement, les villes sont contraintes d’imposer des compressions à certains services et projets ou d’augmenter l’impôt foncier.

Les libéraux fédéraux ont promis de l’argent, mais le maire de Vancouver, Kennedy Stewart, soutient qu’il n’y aura accès qu’au prix d’intenses négociations avec le gouvernement provincial.

Il note toutefois que la raréfaction des ressources financières impose une pression supplémentaire alors que le nombre d’itinérants que compte sa ville ne cesse d’augmenter.

Le maire de la métropole britanno-colombienne a convoqué d’urgence son conseil municipal afin de lancer une étude visant à déterminer combien coûterait la location ou l’achat d’immeubles pour abriter la population itinérante de Vancouver.

Il espère connaître rapidement les intentions d’Ottawa à ce sujet afin de mieux planifier les projets. C’est un problème national, la COVID est une urgence nationale, donc nous avons besoin de savoir rapidement ce que prévoit le fédéral, souligne le maire.

Cet argent, on en a besoin pour hier.

Avec les informations de La Presse canadienne

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