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Les visages opposés, de Martine Ayotte

Portrait en couleur, en extérieur. La femme regarde la caméra. Elle a les cheveux gris, mi-longs, et lâchés.

L'autrice Martine Ayotte

Photo : Jean Lapointe

Radio-Canada

Martine Ayotte fait partie des 21 personnes en lice pour le Prix du récit Radio-Canada 2020.

Qui suis-je?

Diplômée en récréologie et en développement régional, je suis très impliquée dans ma communauté, ce qui m’a valu plusieurs prix et mentions. En 2004, j’ai mis fin à ma carrière professionnelle pour dénoncer mon agresseur au criminel. J’ai publié un livre racontant le récit de cette poursuite judiciaire, La proie (Éditions JCL). Je donne des conférences partout au Québec et en Ontario, notamment pour le réseau des CAVAC [Centres d'aide aux victimes d'actes criminels], dans les écoles et auprès de divers organismes qui luttent contre la violence faite aux femmes ou qui viennent en aide aux personnes victimes de violence. J’écris des contes, des nouvelles et des romans. Je m’adonne aussi à divers sports et je suis apicultrice.

Mon récit en quelques mots

Une rencontre avec une jeune Autochtone a profondément marqué mon parcours de vie. J’ai compris que toutes les femmes étaient des sœurs de cœur.

Ma source d’inspiration pour ce texte

La crise autochtone de Val-d’Or a été l’élément déclencheur. Je me sentais si proche de ces femmes. Du plus profond de mes entrailles, je comprenais ce qu’elles vivaient et ressentaient, mais surtout, je savais ce qu’elles devraient affronter pour se faire entendre, parce que je l’avais vécu. J’avais juste envie de hurler à tue-tête. J’avais mal pour elles. J’avais peur pour elles. J’étais blessée comme s’il s’agissait de mes propres sœurs. Pendant ce temps, les préjugés fusaient dans les maisonnées par rapport à ces femmes. J’ai entendu des commentaires désobligeants sur leur volonté de dénoncer une situation inacceptable. Les mêmes paroles blessantes qu’on a dites à mon sujet lorsque j’ai osé me tenir debout. J’ai alors réalisé que peu importe qui nous sommes, notre race, la couleur de notre peau, notre âge, notre religion, les femmes avaient toutes le même poids sur les épaules. On les responsabilisait pour des actes qu’elles n’avaient pas commis, pas choisis. En plus, on attend d’elles le silence et l’abnégation. On ne veut pas en entendre parler. Comme toujours, l’image de la jeune Autochtone a repris sa place dans mes pensées. Où était-elle ? Était-elle parmi les victimes ? Le sommeil m’a quittée. Il fallait que j’écrive sur cette rencontre déterminante pour moi. Il fallait que je parle d’elle. Les paroles entre elle et moi étaient inutiles, les regards disaient tout. Elle était plus qu’une rencontre, mais ma sœur dans l’adversité.

Les premières lignes de mon récit

On dit que je suis blanche, caucasienne et que je suis Canadienne, plus précisément Québécoise. On me dit que je fais partie de la nation des privilégiés. Pourtant, mon sexe m’abaisse systématiquement au second rang. Je suis hétérosexuelle. Heureusement pour toi, diraient certains. Car mon orientation sexuelle aussi influence ma valeur et la hauteur de ma place dans le rang social. Comme je ne vis pas parmi les plus riches de ce pays, je glisse à la troisième position. Une médaille de bronze… Ce n’est quand même pas si mal.

Extrait de Les visages opposés, de Martine Ayotte

Véritable tremplin pour les écrivaines et écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs poèmes, nouvelles et récits inédits soumis au concours.

La gagnante ou le gagnant remportera :

  • la publication de son texte sur Radio-Canada.ca;
  • une résidence d'écriture de deux semaines au Banff Centre des arts et de la créativité en Alberta;
  • une bourse de 6000 $, offerte par le Conseil des arts du Canada.

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