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Nous, frontaliers (lettre à mon fils), de Mélikah Abdelmoumen

Elle sourit.

L'autrice Melikah Abdelmoumen

Photo : Blanches bulles studio

Radio-Canada

Mélikah Abdelmoumen fait partie des 21 personnes en lice pour le Prix du récit Radio-Canada 2020.

Qui suis-je?

Je suis écrivaine, chercheuse et éditrice. Titulaire d'un doctorat de l'Université de Montréal sur Serge Doubrovsky et l'autofiction, j’ai signé plusieurs essais, récits et romans publiés en France et au Québec, dont Les désastrées (VLB Éditeur, 2013) et Douze ans en France (VLB Éditeur, 2018). Je vis aujourd'hui à Montréal avec ma famille.

Mon récit en quelques mots

Une Québécoise née d'une mère saguenéenne et d'un père tunisien écrit à son fils, lui-même de père français, pour tenter de lui expliquer ce que ça signifie de faire partie de ceux qu'on appelle désormais les personnes racisées ou issues de la diversité. Elle lui raconte son histoire et celle de ses parents, qui témoignent de ce que c'est que d'être immigré, ou enfant d'immigré, dans le Québec d'aujourd'hui.

Ma source d’inspiration pour ce texte

Après voir été immigrée 12 ans en France et avoir découvert ce que cela signifie en ce 21e siècle d'être identifiée, là-bas, comme arabe, je suis rentrée dans mon Québec natal pour trouver, sidérée, des réflexes similaires. Parfois, les pirouettes langagières soi-disant inclusives cachent un clivage entre un certain Nous québécois, et les Autres, dont je suis malgré moi. Je me suis inquiétée pour mon fils de 10 ans, au croisement de tant d'origines : né en France, vivant à Montréal, il a un père français immigré au Québec et une mère née au Saguenay, elle-même issue d'une mère québécoise de souche et d'un père tunisien. Je me suis inquiétée pour tous ceux qu'Amin Maalouf appelle les frontaliers. J'ai voulu en témoigner.

Les premières lignes de mon récit

Mon loulou,
Je vais te raconter une histoire qui commence longtemps avant ta naissance. Je vais te la raconter dans l’espoir que ça t’aidera, que ça m’aidera à mieux comprendre la relation de plus en plus difficile que j’entretiens avec mon Québec natal, et avec d’autres pays occidentaux où mes pas m’ont portée – les États-Unis, la France... Je t’écris espérant te faire mesurer, et espérant mieux mesurer moi-même, cette colère qui nourrit désormais mon écriture et beaucoup de mes prises de parole. Une colère que je sens saine, et nécessaire.

Extrait de Nous, frontaliers (lettre à mon fils), de Mélikah Abdelmoumen

Véritable tremplin pour les écrivaines et écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs poèmes, nouvelles et récits inédits soumis au concours.

La gagnante ou le gagnant remportera :

  • la publication de son texte sur Radio-Canada.ca;
  • une résidence d'écriture de deux semaines au Banff Centre des arts et de la créativité en Alberta;
  • une bourse de 6000 $, offerte par le Conseil des arts du Canada.

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