•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le dossier de la mère des petites Carpentier a aussi été consulté sans raison

Le CISSS de Chaudière-Appalaches s’est excusé auprès d’Amélie Lemieux vendredi après-midi.

Une femme en pleurs entourée de ses proches.

Amélie Lemieux entourée par ses proches quelques jours après la découverte des corps de ses filles.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des travailleurs de la santé « trop curieux » ont consulté le dossier médical d’Amélie Lemieux alors que l’attention médiatique était tournée vers le drame qui secouait la Rive-Sud. Cette confirmation survient alors qu’une enquête est en cours pour vérifier si des employés du CISSS de Chaudière-Appalaches ont abusé de leur accès au réseau informatique en consultant également le dossier de Martin Carpentier et de ses deux filles.

Selon l’avocat de Mme Lemieux et porte-parole de la famille depuis les événements tragiques du mois de juillet, le CISSS de Chaudière-Appalaches s’est confondu en excuses vendredi après-midi lors d’une rencontre.

Me Maxime Roy affirme qu'Amélie Lemieux a appris, à l'occasion de cette rencontre, qu'une vingtaine de personnes ont accédé à son dossier médical et à ceux de ses filles, Norah et Romy, alors que ce n'était pas justifié. Un nombre des plus préoccupants, mentionne Me Roy.

Par contre, l'avocat précise qu'il n’a pas été question des violations de confidentialité à l’égard du dossier de Martin Carpentier, comme l'a révélé Radio-Canada vendredi matin.

Me Roy ajoute que des mesures disciplinaires existent, et que des plaintes en déontologie peuvent aussi être déposées auprès des ordres professionnels concernés. Il n’écarte pas la possibilité de déposer des plaintes à la police puisque selon lui, à la lumière de ce qui a été présenté à l'occasion de la rencontre avec le CISSS, des infractions criminelles ont été commises.

Mais avant de prendre une décision, Amélie Lemieux va présenter une demande d'accès à l'information afin de connaître l'identité des gens qui ont accédé aux dossiers de façon injustifiée et la nature des éléments consultés.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches, de son côté, poursuit son enquête.

Deux policiers sur des véhicules tout-terrain cherchent dans un champ.

Des policiers lors de la traque pour retrouver Martin Carpentier en juillet.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des associations inquiètes

La disparition des soeurs Carpentier, le soir du 8 juillet, a créé une onde de choc partout dans la province. Les corps des petites ont été retrouvés trois jours plus tard dans un secteur boisé de Saint-Apollinaire. La traque pour retrouver leur père, Martin Carpentier, aura duré un peu plus d’une semaine. Il s’est enlevé la vie après avoir tué Norah et Romy.

L’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) a suivi ce dossier de près. De savoir que la confidentialité de la famille a été compromise l’inquiète au plus haut point.

On aimerait tous comprendre ce qui pousse un parent à assassiner ses enfants, mais il y a des règles qui sont établies, et si on a accès à de l’information par simple curiosité, ça va mener à des conclusions et des dérives qui ne font que faire souffrir la famille, déplore la directrice générale, Nancy Roy.

Elle ajoute qu’il faut mieux comprendre comment le CISSS impose des valeurs de respect des données confidentielles auprès de ses travailleurs. Il y a des instances qui sont là pour faire la lumière sur la situation et, si on n’est pas satisfait, il y a lieu de poser des questions pour aller plus loin.

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades.

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades

Photo : Radio-Canada

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, est du même avis. Une des plus grandes règles de confidentialité de toutes nos lois, c'est la confidentialité médicale d'une personne, lance-t-il.

Il faut une règle pour leur taper sur les doigts, pour que ce soit assez strict, pour que personne ne puisse y avoir accès, soutient M. Brunet.

Dans le cas précis de l’affaire Carpentier, le CISSS de Chaudière-Appalaches avait mis en place un processus pour surveiller le nombre de personnes qui accédait aux dossiers médicaux. Paul Brunet croit qu’il existe de nombreux logiciels qui permettent de faire une surveillance encore plus rigoureuse.

Avec les informations de Marie-Pier Bouchard

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !