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Analyse

Une politique de déneigement sans le mot déneigement

Opération de déneigement dans les rues de Québec.

Il y a quelques années, le maire Labeaume affirmait haut et fort que la Ville de Québec était la meilleure au monde en matière de déneigement.

Photo : Radio-Canada

La Ville de Québec a présenté cette semaine sa nouvelle «politique de viabilité hivernale». Exit le mot déneigement, même si la politique parle essentiellement de grattage et de ramassage de neige.

Quinze ans se sont écoulés depuis la dernière politique de déneigement. L'administration Labeaume avait un peu de rattrapage à faire. Il fallait revoir les niveaux de service pour déneiger les artères et les trottoirs et repenser les délais d'intervention. C'est maintenant chose faite. Il faudra trois ans pour tout mettre en place, le temps de renouveler les différents contrats de déneigement.

Le mot déneigement a été occulté de la politique, mais la Ville ne peut pas y échapper.

Quand on jette un coup d'oeil aux principales critiques des citoyens qui se sont prononcés lors de consultations publiques en amont, on dénonce toujours les mêmes choses : trottoirs glissants et mal déneigés, délais trop grands ou mauvaise qualité du service la fin de semaine.

Il demeure difficile de contenter tout le monde. On a tous une façon différente de concevoir ce qu'est du déneigement bien réussi.

D'ailleurs, la Ville avait mis en place cinq projets pilotes de déneigement l'an dernier, pour les piétons, les usagers du transport en commun et les citoyens des banlieues. Dans la plupart des cas, les citoyens sondés n'ont même pas remarqué les efforts pour améliorer les déplacements. Il n'y a que le déneigement de 7 km de piste cyclable, rue Père-Marquette, qui a reçu des commentaires positifs.

Un feu clignotant orange en fonction dans les rues de Québec.

La Ville de Québec veut acheter 500 nouveaux feux clignotants d'ici cinq ans pour fragmenter encore plus ses opérations déneigement.

Photo : Radio-Canada

L'avenir

L'intérêt de cette nouvelle politique se retrouve davantage dans ses futures orientations. La Ville souhaite mettre la technologie au profit du déneigement.

Elle veut entre autres acheter 500 nouveaux feux clignotants d'ici cinq ans pour fragmenter encore plus ses opérations déneigement. Plus besoin d'interdire le stationnement pour l'ensemble d'un arrondissement, la Ville pourrait procéder par secteur à mesure que le ramassage est fait.

Un pas dans la bonne direction, diront certains. Mais il semble que la Ville ait accumulé un peu retard par rapport à ce qui se fait ailleurs. À Toronto et à Montréal, il est déjà possible de suivre en temps réel les opérations de déneigement. Dans la Ville Reine, on peut avoir une idée approximative du temps qu'il faut attendre avant que sa rue ne soit déblayée. Dans la métropole, une application permet de recevoir une alerte quand le camion de déneigement arrive dans son quartier, ce qui laisse du temps pour aller déplacer sa voiture.

Si la Ville de Québec mettait rapidement en place ce genre de pratique, la politique aurait des allures de modernité.

Si la nouvelle politique parle surtout de grattage et de ramassage de neige, il est faux de croire qu'elle vise à éliminer la neige du paysage. Au contraire, la Ville travaille à mieux intégrer l'hiver dans notre quotidien en tenant compte de ses enjeux dans ses prochains aménagements urbains. C'est ce qu'elle appelle la lentille hivernale.

Après tout la Ville de Québec est une ville d'hiver, il faut le voir comme une richesse et non pas comme un inconvénient. Créer des milieux de vie tout en tenant compte des besoins particuliers des clientèles plus vulnérables, il y a certainement un équilibre à trouver.

Il y a quelques années, le maire Labeaume affirmait haut et fort que la Ville de Québec était la meilleure au monde en matière de déneigement. La nouvelle politique démontre qu'il y a encore place à l'amélioration.

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