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La COVID-19, six mois après le premier cas à Ottawa

La rue Sparks à Ottawa, en été, avec des passants masqués.

Bilan de la COVID-19, six mois après le premier cas à Ottawa

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

Il y a six mois, un premier cas de COVID-19 était confirmé à Ottawa et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait l’état de pandémie. Alors que des spécialistes de la santé craignent l’arrivée d’une deuxième vague à l’automne, que savons-nous de ce virus aujourd’hui?

Depuis le premier cas recensé le 11 mars dernier, 3200 résidents d'Ottawa ont été atteints de la COVID-19. Vendredi, la capitale recense 255 cas actifs et 267 décès.

L’Outaouais se trouve, quant à elle, dans la zone jaune de préalerte – ce qui signifie que la transmission commence à s'accroître – avec 955 cas recensés depuis le printemps. La région compte 91 cas actifs et 34 décès.

On a réussi à contrôler la première vague [au Québec], ce qui est déjà bien, mais avec un prix énorme, avec un confinement très sévère, explique le professeur de médecine sociale et préventive à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, Benoît Masse.

Benoît Masse en entrevue.

Benoît Masse, professeur de médecine sociale et préventive à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

Photo : Capture d'écran/Skype

On n’avait pas vraiment le choix à l’époque parce qu’il y avait beaucoup d’inconnu. On avait une transmission communautaire excessivement forte. Il fallait mettre les moyens en place pour freiner l’épidémie.

Benoît Masse, professeur de médecine sociale et préventive à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

Six mois plus tard, les traitements ont évolué. Présentement, on est capable de sauver beaucoup plus de patients qu’au début de l’épidémie, rassure-t-il.

Un virus moins sévère chez les enfants

Même si plusieurs questions demeurent toujours sans réponse, les études révèlent que les enfants de moins de 19 ans sont moins susceptibles d’être infectés par le coronavirus.

Un message qui revient dans chaque étude épidémiologique, c’est que la COVID-19, chez les enfants, est en général une infection assez bénigne, même souvent asymptomatique, souligne la Dre Anne Pham-Huy, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO).

Les personnes les plus touchées demeurent les adultes, les personnes âgées et les gens souffrant déjà de problèmes de santé.

Après six mois, on a assez de données qui supportent que la COVID-19 chez les enfants est de loin moins sévère que chez les adultes, et que la majorité est asymptomatique.

Dre Anne Pham-Huy, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques au CHEO

Et même si les enfants ne sont pas très malades, le virus peut avoir des séquelles importantes chez les adultes, rappelle-t-elle.

Des symptômes qui persistent

C’est d’ailleurs le cas d’une infirmière de Gatineau, Chantal Aubry. Six mois après avoir contracté le virus, elle souffre toujours de certains symptômes de la COVID-19.

Après avoir été coincés sur un bateau de croisière en Amérique du Sud en mars dernier, elle et son mari, l'ancien directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de service sociaux (CISSS) de l'Outaouais, le Dr Guy Morissette, ont tous les deux été atteints de la COVID-19.

Un couple de Gatineau en entrevue par visioconférence

En mars dernier, Chantal Aubry et le Dr Guy Morissette sont restés coincés sur le bateau de croisière Celebrity Eclipse en Amérique du Sud en raison de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Les premiers symptômes de Mme Aubry – la perte du goût et de l'odorat – se sont rapidement transformés en une fatigue intense et un essoufflement important, se rappelle-t-elle.

Ce n’est pas une mince affaire. Pour ceux qui disent que c’est seulement une petite grippe, j’ai eu des grippes dans ma vie, mais je n’ai jamais eu de séquelles comme celles-là. Je ne souhaite pas ça à personne.

Chantal Aubry, infirmière ayant été atteinte de la COVID-19

Car même après six mois, cette fatigue et ces difficultés respiratoires persistent. Je ne suis toujours pas capable de reprendre l’activité physique. J’ai essayé à plusieurs reprises, mais je m'essouffle rapidement, dit la Gatinoise de 55 ans, qui avait l’habitude de pratiquer la course et le vélo plusieurs fois par semaine.

Les symptômes varient d’une personne à l’autre. Son mari, quant à lui, n’a pas été atteint du virus aussi sévèrement.

Bien qu’elle tente d’être résiliente par rapport à la situation, Chantal Aubry demeure tout de même inquiète quant aux séquelles du virus à long terme. Je suis la preuve qu’on n’est pas obligé d’être vieux et malade pour être atteint sérieusement de cette maladie-là, fait-elle valoir.

L’importance de rester vigilant

Malgré tout, il est difficile de prédire à quoi ressembleront les prochains mois. C’est pourquoi la Dre Anne Pham-Huy demande aux résidents de la région de rester prudents.

On est dans une période où on a vraiment besoin que tout le monde contribue à la sécurité de tous, pour les enfants, autant que pour les personnes âgées ou à risque.

Dre Anne Pham-Huy, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques au CHEO

Avec le retour des élèves en classe, le nombre de cas risque d’augmenter. Toutefois, puisque les enfants ne sont pas les principaux vecteurs du virus, il n’est pas nécessaire d’envisager, pour l’instant, la fermeture des écoles – bien que cela demeure une possibilité, selon la gravité d'une possible deuxième vague.

On a compris que les mesures de confinement avaient des effets vraiment très néfastes chez les enfants, souligne le professeur Benoît Masse.

On reconnaît tous les bénéfices de l’école [pour les enfants], du côté éducation et académique, mais aussi pour la santé mentale, renchérit la Dre Anne Pham-Huy. Fermer les écoles, c’est une des dernières mesures à faire.

Si cette deuxième vague devait être plus sévère, la spécialiste d'Ottawa croit plutôt en un confinement plus ciblé, contrairement au printemps dernier, alors que des villes et des provinces étaient confinées.

Le message, c’est de continuer la vigilance, souligne Dre Pham-Huy.

Des propos qu’appuie d’ailleurs Chantal Aubry. On a la chance de pouvoir se protéger et protéger les autres, dit la Gatinoise. On n’a pas de contrôle sur le vaccin. Le seul contrôle qu’on a, chacun de nous, c’est le port du masque, la distanciation, la désinfection, conclut-elle.

Avec les informations de Frédéric Pépin et de Claudine Richard

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