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Doug Ford gonflé à bloc pour la rentrée parlementaire

Le premier ministre Doug Ford écoute son homologue François Legault lors d'un sommet entre les deux provinces à Mississauga, en Ontario.

Le premier ministre Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

ANALYSE | Rassembleur, bienveillant, drôle. Les adjectifs utilisés ces jours-ci pour décrire Doug Ford sont à l’opposé des qualificatifs qui lui collaient à la peau au début de son mandat. La pandémie lui a permis de redéfinir son leadership. Étrangement, la crise de santé publique ne l’a pas essoufflé. Au contraire, Doug Ford et son gouvernement amorcent la deuxième moitié de leur mandat plus populaires que jamais. Coup d’œil sur ce que pourrait nous réserver la version 2.0 du premier ministre ontarien.

Doug Ford n’a pratiquement pris aucun jour de congé cet été. Il a plutôt enchaîné les visites partout dans la province, accumulant les kilomètres sur la route. Même avec sa tournée provinciale qu’il a organisée afin de remercier personnellement les Ontariens pour leur coopération ces derniers mois, il a aussi poursuivi ses points de presse quotidiens; le premier ministre est fidèle au poste, presque chaque jour. Pourtant, sa mine est florissante et la fatigue semble l’avoir épargné.

Le visage d'un homme

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Doug Ford donne l’impression qu’il est en pleine possession de ses moyens et qu’il apprécie enfin sa fonction de premier ministre. Lui et son gouvernement filent à vive allure. C’est aussi vrai dans les sondages. Sa gestion de crise et son ton rassembleur plaisent à la population. La pandémie a permis aux Ontariens d’apprendre à connaître leur premier ministre sous un nouveau jour. Si Doug Ford s'est rapidement fait une réputation d’agitateur à son arrivée au pouvoir, il s’est maintenant assagi.

J’ai l’impression que Ford est content d’être populaire dans les sondages et s’il veut maintenir sa popularité, il va devoir changer certaines de ses politiques, être plus conciliant et essayer de moins tout révolutionner, prévient Geneviève Tellier, professeure de science politique à l’Université d’Ottawa.

Doug Ford n’a pas pour autant abandonné ses idées de droite, mais il pourrait décider de les présenter différemment, pas autant dans la confrontation, indique la politologue.

Un rapprochement avec le Québec

Le récent sommet Québec-Ontario a une fois de plus démontré que le courant passe entre Doug Ford et son homologue québécois François Legault. Les deux premiers ministres ont des atomes crochus. Ils ne parlent peut-être pas la même langue, mais ils comprennent le même langage, celui des affaires.

Les premiers ministres François Legault et Doug Ford et trinquent lors du sommet Québec-Ontario à Mississauga, le 8 septembre 2020.

Les premiers ministres François Legault et Doug Ford et trinquent lors du sommet Québec-Ontario à Mississauga.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Ensemble, ils entendent défendre leurs intérêts communs auprès du gouvernement Trudeau, comme l’augmentation des transferts fédéraux en santé.

J’aime François, c’est un allié et un bon ami.

Une citation de :Le premier ministre Doug Ford à l’ouverture du sommet Québec-Ontario

Je considère Doug comme un ami.

Une citation de :Le premier ministre François Legault à l’ouverture du sommet Québec-Ontario

Cette solide alliance entre les deux provinces voisines n’était pourtant pas évidente après la victoire de Doug Ford en 2018. Lorsque M. Ford a été élu, il n’y a rien qui laissait présager qu’il aurait d’excellentes relations avec le Québec ou même avec le gouvernement fédéral, se rappelle Geneviève Tellier. La une du magazine Maclean’s en novembre 2018 annonçait plutôt un rapprochement naturel avec les gouvernements conservateurs de l’Ouest pour Doug Ford. Or, au fil des rencontres, les liens entre Legault et Ford se sont solidifiés, si bien que les deux hommes forment maintenant une puissante coalition.

La page couverture du magazine Maclean's, où figurent des leaders conservateurs.

En novembre dernier, le magazine Maclean's s'intéressait au front commun des leaders conservateurs contre la taxe carbone.

Photo : Maclean's

L’affection qu’ont François Legault et Doug Ford l’un pour l’autre semble solide, et sa durabilité a un secret : les deux politiciens ont convenu d’éviter d’aborder les sujets épineux sur lesquels un consensus serait difficilement atteignable.

Il ne serait pas étonnant que l’amitié Québec-Ontario soit le centre d’attention du prochain Conseil de la fédération. MM. Legault et Ford, qui représentent ensemble 60 % de la population du pays, mèneront assurément la charge lorsqu’il sera temps de formuler des demandes à Ottawa.

Ce qui s’est transformé les derniers mois, c’est qu’il y a eu un changement de vision de la part de M. Ford à propos du fédéralisme. Pour M. Ford maintenant, c’est clair que l’Ontario doit être au cœur des discussions fédérales-provinciales et pour ça, il faut aller chercher des appuis auprès d’autres provinces, explique Geneviève Tellier.

Pas le temps pour la partisanerie

À Queen’s Park, on s’attend à une rentrée parlementaire remplie. L’agenda gouvernemental sera lourd, a prévenu Doug Ford.

Je n’ai pas de temps pour la partisanerie. Je veux aider les gens. Nous aurons un agenda chargé.

Une citation de :Le premier ministre Doug Ford

Le premier ministre mise d’ailleurs sur la collaboration avec les partis d’opposition pour les mois à venir, comme ce fut le cas en mars et avril, au plus fort de la crise. Il aura besoin de leur appui pour réagir rapidement si une recrudescence du virus devait survenir. J’espère que le ton avec l’opposition sera collaboratif. Peu importe la couleur de votre parti : vert, orange, rouge ou bleu, nous devons travailler ensemble, a indiqué Doug Ford, lors d’un récent point de presse.

Son gouvernement pourrait être tenté de mettre de côté certains projets controversés qu’il avait encore dans les cartons et plutôt choisir de diriger la province de façon consensuelle.

Un homme en veston.

Le premier ministre Doug Ford à sa sortie d'un salon de coiffure de Leamington.

Photo : Radio-Canada

À moins de deux ans des prochaines élections provinciales, le temps file pour les progressistes-conservateurs. Ils devront mettre rapidement à exécution les transformations auxquelles ils tiennent mordicus pendant qu’ils sont au pouvoir.

Les défis à venir

Certes, Doug Ford a su tirer son épingle du jeu depuis le début de la pandémie, mais plusieurs défis se profilent encore à l’horizon. D’abord, si le retour en classe des élèves se déroule dans le désordre et la confusion, son gouvernement pourrait en payer le prix. Je m’attends à ce que les partis d’opposition le talonnent sur la question de l’éducation, sur la question de la santé et là il va peut-être devenir un peu plus agressif, souligne Geneviève Tellier.

Doug Ford lève la main devant des drapeaux de l'Ontario.

Le premier ministre Doug Ford lors de sa conférence de presse quotidienne à Queen's Park, le 28 avril dernier.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Les progressistes-conservateurs devront aussi mettre à exécution leur plan de relance de l’économie. La performance de l’Ontario à ce sujet aura assurément un impact sur la cote de popularité du gouvernement. Le ministre des Finances doit déposer un budget pluriannuel en novembre, ce qui devrait en dévoiler davantage sur la stratégie fiscale des conservateurs, sur le long terme.

Finalement, l’Ontario n’est pas à l’abri d’une deuxième vague de COVID-19. Le gouvernement semble sur le qui-vive depuis l’augmentation récente des nouveaux cas au quotidien. La manière dont le gouvernement répondra à la suite de la crise sera déterminante.

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