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La Charte royale de la Baie d'Hudson exposée pour la première fois

Le présentoir qui montre la Charte, avec un panneau explicatif bilingue.

La Charte royale qui a donné naissance à la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1670 est exposée au public pour la première fois de son histoire.

Photo : Musée du Manitoba/CBH

Pour la première fois de l’histoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH), les Canadiens pourront voir la Charte royale qui, en 1670, a consacré la création de la célèbre compagnie de traite des fourrures.

La Charte royale sera exposée au Musée du Manitoba à compter du 12 septembre, où l'on pourra la voir jusqu'à la fin de 2021.

L'artefact qui a 350 ans cette année rejoint ainsi la collection déjà impressionnante de la CBH au Musée du Manitoba.

La Charte royale est un document historique fondamental qui a eu une influence profonde et un grand impact sur l’histoire du Canada ainsi que sur celle du Manitoba.

On ne peut pas raconter l’histoire du Manitoba sans aussi raconter l’histoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH), affirmait ainsi l’historien Philippe Mailhot dans une récente entrevue portant sur le 350e anniversaire de la Charte.

Le 2 mai 1670, le roi Charles II d’Angleterre signe la charte de la Compagnie de la Baie d’Hudson, accordant toutes les terres du bassin versant de la baie d’Hudson à un groupe de marchands, d’explorateurs et d’aristocrates, qui s’en servent pour lancer la traite des fourrures dans le territoire qui deviendra le Canada.

Le roi crée ainsi une entreprise qui est devenue la plus ancienne compagnie en Amérique du Nord.

La région couverte par la Charte représente plus de 40 % du territoire actuel du Canada; c’était une région de terres non cédées par les Autochtones. La Terre de Rupert a reçu ce nom en l’honneur du premier Gouverneur de la Compagnie et cousin du roi, le prince Rupert.

L’exposition de la Charte royale va donner aux Canadiens un rare accès au document historique, dans le but d’encourager un dialogue autour des enjeux complexes liés à son histoire, selon la CBH et le Musée du Manitoba.

Le gouverneur et président de la CBH, Richard Baker, reconnaît ainsi dans un communiqué le rôle joué par la Compagnie dans l'histoire des peuples autochtones.

Nous nous engageons à encourager la discussion et les apprentissages, en partie à travers un accès aux artefacts et à l’information comme nous le faisons avec la Charte royale, dit-il.

Au moment où nous nous penchons sur un passé vieux de 350 ans, cette reconnaissance et cette éducation sont des éléments vitaux pour assurer que le chemin vers l’avenir sera juste et inclusif, ajoute-t-il.

Une photo d'archive montrant des trappeurs devant un bâtiment de la Compagnie de la Baie d'Hudson au Manitoba, en 1947.

Cette image d'archives montre des trappeurs devant un bâtiment de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dans le nord du Manitoba, en 1947.

Photo : Richard Harrington/Compagnie de la Baie d'Hudson/Archives du Manitoba

L’histoire de la CBH est celle de ma famille et celle de plusieurs descendants des Premières Nations et des colons, mentionne Jennifer Moore Rattray, membre du conseil d’administration de la fondation du Musée du Manitoba.

Pendant des siècles, mes ancêtres cris et écossais ont trappé, chassé et travaillé pour le compte de la CBH, dit-elle. La collection de la CBH du Musée est une ressource qui peut nous brancher sur ces histoires familiales, mais elle aide aussi à éclairer l’histoire coloniale du Canada, qui est compliquée.

Jennifer Moore Rattray souhaite ainsi que cette ère de vérité et de réconciliation soit l'occasion de tracer ensemble une nouvelle voie pour créer le pays dont nos ancêtres rêvaient, équitable pour tous.

Pour Philippe Mailhot, la signification de la Compagnie de la Baie d’Hudson au Manitoba est primordiale. Essentiellement, nous avons vécu plus longtemps sous la CBH que sous le gouvernement canadien. Il ne faut pas l’oublier.

Une collection unique

L’une des particularités de la Compagnie de la Baie d’Hudson est le soin qu’elle a pris à consigner toutes sortes d’informations portant à la fois sur ce nouveau monde qu’on explorait (météo, faune, flore, style de vie des Autochtones) et sur les affaires effectuées dans les nombreux postes de traite établis au fil du temps.

La CBH a longtemps eu son siège social à Londres, mais avec l’arrivée du 20e siècle, elle s’est établie au Canada, créant avec le temps un lien privilégié avec le Manitoba où se trouvent aujourd'hui ses archives et artefacts.

Une image d'archive montrant la façade extérieure d'un édifice de la Compagnie de la Baie d'Hudson, en 1939.

La façade extérieure d'un magasin de la Compagnie de la Baie d'Hudson, à Winnipeg, au Manitoba, en 1939.

Photo : Compagnie de la Baie d'Hudson/Archives du Manitoba

Ainsi, pour souligner le 250e anniversaire de l’octroi de la Charte royale, la CBH a rassemblé ses artefacts et souvenirs pour les exposer au magasin de Winnipeg situé sur la rue Main en 1922, puis, en 1926, dans celui de l’avenue Portage.

Cette collection sera par la suite hébergée au Lower Fort Garry, avant d’être offerte en 1994 au Musée du Manitoba, où se trouvait déjà une réplique du Nonsuch. Ce navire britannique du 17e siècle, dirigé par l’explorateur Des Groseilliers, a mené à la création de la Compagnie de la Baie d'Hudson et à l'ouverture de l'Ouest canadien au commerce.

Un bateau du 17ème siècle dans une reconstition d'un port au Musée du Manitoba.

La réplique du navire Nonsuch telle qu'on peut la voir au Musée du Manitoba est l'une des attractions les plus populaires du lieu.

Photo : Musée du Manitoba

La collection CBH du Musée du Manitoba compte maintenant plus de 26 000 artefacts.

Quant aux archives de la Compagnie de la Baie d’Hudson, elles sont depuis 1994 la propriété du gouvernement du Manitoba. Le fonds qui leur est consacré s'est enrichi avec le temps.

Les documents textuels occupent maintenant plus de 1500 mètres linéaires d’espace sur les étagères. S’y ajoutent une collection de quelque 130 000 photographies, de 12 000 cartes géographiques, plans, graphiques et dessins, ainsi que de nombreux films et enregistrements vidéo et sonores.

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