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Un album pour un centre culturel : le pari de Wise Atangana

Un homme avec le poing levé aux côtés d'une affiche où est inscrit le message « Danger dû au racisme ».

Wise Atangana lance un troisième disque, « Justice for Peace #BlackLivesMatter ».

Photo : Radio-Canada / Avec la gracieuseté de Wise Atangana

Après George Floyd, les manifestations et les marches antiracisme, Wise Atangana a voulu faire plus. L’artiste et éducateur lance un album grâce auquel il espère amasser des fonds pour la création d’un centre culturel destiné à l’avancement des communautés noires d’Ottawa.

Depuis cinq ans, Wise Atangana utilise la poésie et le slam pour renforcer l’identité francophone d’élèves des niveaux primaire et secondaire en proposant des ateliers d’écriture et de performance.

Quand j’étais dans les classes, je rencontrais de jeunes Noirs qui sont toujours en minorité et [qui me racontaient] comment ils se sentaient après un atelier ou un spectacle, puis ils m’approchaient et me disaient des choses, raconte l’artiste, éducateur et père de famille de 34 ans.

Le déclic pour faire écho à ce qu’il recevait comme confidences est survenu en juin dernier, lorsque Wise Atangana a pris part à la marche No Peace Until Justice devant le parlement d’Ottawa. Né en Afrique et ayant grandi dans la fierté de sa culture camerounaise, le trentenaire a senti qu’il lui fallait pousser son engagement plus loin.

C’était un bon pas, mais il fallait continuer. [...] Écrire, c’est ma passion et j’écris rapidement, alors je me suis mis au travail, fait-il valoir.

Le temps de proposer des solutions

Le poète, établi à Ottawa depuis sept ans, compare son processus d’écriture à une thèse de doctorat puisqu’il décortique un sujet pour en comprendre les composantes. Je voulais vraiment décrypter ce qu’est le racisme systémique et quelles sont les actions qu’on peut prendre maintenant pour les prochaines générations, confie-t-il.

Quand on parle de racisme systémique, ce n’est pas juste l’affaire du gouvernement. Ce sont les préjugés et les stéréotypes qui ont été bâtis pendant plusieurs siècles.

Wise Atangana, artiste et éducateur

En deux mois, la plume de Wise Atangana a fait naître une trentaine de poèmes, dont 12 ont finalement atterri sur l’album Justice for Peace #BlackLivesMatter.

La pochette de l'album « Justice For Peace » de Wise Atangana.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Le racisme systémique, il agit dans tous les secteurs : l’art, la culture, la santé, le logement, l’emploi, l’accès au travail et aux privilèges », énumère Wise Atangana.

Photo : Radio-Canada / Avec la gracieuseté de Wise Atangana

Entre les sessions d’enregistrement en studio, l’auteur-compositeur-interprète s’est mis à sonder son entourage artistique et communautaire, puis à engager des discussions en ligne pour connaître l’intérêt face à la possibilité d’ouvrir un centre culturel s’adressant aux communautés noires d’Ottawa.

La réponse a été tout aussi positive que révélatrice : Il y a beaucoup de gens qui veulent faire quelque chose et ne savent pas par où commencer, réalise l'éducateur.

Porté par sa nouvelle mission, Wise Atangana s’est entouré d’une équipe avec laquelle il a développé un projet de levée de fonds destiné à la mise sur pied d’un espace de création et de mentorat pour les jeunes issus de la communauté noire qu’il qualifie de délaissée.

L’artiste espère amasser 100 000 dollars en convainquant 1000 personnes de se procurer son album au coût de 100 dollars. Il leur offre, en contrepartie, un accès à un spectacle-bénéfice virtuel qui s’organise pour le 14 novembre prochain.

L’art et la technologie pour déconstruire les stéréotypes

Un homme debout dans une classe de jeunes.

« J’utilise la poésie pour construire l’identité francophone, donc je comprends le pouvoir, l’impact et le sentiment que ces outils [artistiques] peuvent donner », déclare Wise Atangana.

Photo : Radio-Canada / Avec la gracieuseté de Wise Atangana

Wise Antagana fait valoir que son objectif financier serait suffisant pour louer un local durant un an et le meubler, en plus d’y installer un studio professionnel de conception audio et vidéo. Ainsi, les artistes noirs d’Ottawa pourraient créer, pendant que l’espace de travail collaboratif serait occupé par les activités des jeunes membres du centre Afro-Noir Culture d’Ottawa.

L’idéateur précise que son expérience dans les écoles lui a appris à quel point l’art et la technologie peuvent être vecteurs de changement des idéologies. Il cite l’exemple de La panthère noire. Ce film, en proposant pour la première fois un superhéros africain, a offert un modèle dans lequel la communauté noire pouvait se reconnaître.

Je pense qu'avec l’art et la culture, on peut faire de la musique qui sensibilise. On peut faire des films, créer des livres. On peut réécrire l’histoire des générations et on va changer les consciences avec le temps.

Wise Atangana, artiste et éducateur

C’est pourquoi Wise Antagana mise tout sur les jeunes avec son projet de centre culturel : il est convaincu que la prochaine génération changera le cours de l’histoire. Et d’ici là, c’est selon lui la responsabilité de tous de jouer un rôle d’accompagnement, aussi petit soit-il.

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