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Les États-Unis dépassent le cap des 200 000 morts

Des experts prédisent que le nombre de décès pourrait doubler d'ici janvier.

Huit personnes pleurent devant une tombe.

Plus de 13 000 Californiens sont décédés de la COVID-19. L'État de New York en recense le double.

Photo : Reuters / SHANNON STAPLETON

À la fin de mars, les autorités américaines sonnaient l’alarme : la COVID-19 pourrait tuer jusqu’à 200 000 Américains. Voilà que les États-Unis ont atteint ce cap, et ce, quelques semaines plus tôt que prévu. Et la pandémie est loin d’avoir dit son dernier mot chez notre voisin du Sud.

Au début de mars, Anthony Fauci, épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche, avait prédit qu’entre 100 000 et 200 000 Américains pourraient mourir de la COVID-19 d'ici la fin de la pandémie. À ce moment, les États-Unis comptaient alors 125 000 cas et 2200 décès, et le président des États-Unis minimisait les avertissements des autorités sanitaires; il affirmait même que le virus était sur le point de disparaître.

Un peu plus de six mois plus tard, le pays a bel et bien dépassé les 200 000 morts et dépassera sous peu les 7 millions d'infections totales, selon les données de l'Université John Hopkins.

Depuis la fin de juillet, le nombre de nouveaux décès par jour est en moyenne de 850. Aux mois d’avril et de mai, les États-Unis enregistraient régulièrement plus de 2000 décès par jour.

Environ 35 % des morts sont des aînés dans des résidences de soins de longue durée.

Par ailleurs, plus de 53 000 Américains ont été hospitalisés en raison de la COVID-19.

Depuis le 22 juin, le nombre de nouveaux cas a continuellement dépassé les 30 000 par jour, pour atteindre le 24 juillet un sommet à plus de 78 000 cas. Depuis la mi-août, il n’y a eu qu’une journée au cours de laquelle le nombre de nouveaux cas a surpassé les 50 000.

En date du 10 septembre, il y avait encore plus de 3,9 millions d'Américains infectés.

Et même si le nombre de nouveaux cas quotidiens a diminué, l'épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, estime que le niveau actuel de 30 000 nouveaux cas par jour est inacceptable. Le nombre de nouveaux cas demeure nettement plus élevé en ce moment qu’en mars, avril, mai ou juin.

Je regarde souvent la courbe et ça me déprime de plus en plus, parce qu’on semble ne jamais être capables d’atteindre un certain niveau [plus bas].

Anthony Fauci, épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche, lors d'une conférence à l'Université Harvard

Les États-Unis sont de loin le pays ayant le plus de cas totaux, mais l’Inde, qui recense désormais plus de 90 000 nouveaux cas par jour, commence à le rattraper. En ce qui a trait au nombre total de morts, le Brésil n’est pas loin derrière les États-Unis avec plus de 136 000 morts. Lorsqu’on compare le nombre de cas et de décès par habitant, les États-Unis figurent tout de même parmi les 10 pays où ce nombre est le plus élevé.

Quels sont les États les plus touchés?

Le premier cas aux États-Unis a été confirmé dans l’État de Washington, le 21 janvier. À la mi-mars, tous les États comptaient au moins un cas.

La pandémie a d’abord frappé les États de la Californie, de la Floride et du Texas, qui comptent désormais chacun plus de 650 000 cas. New York suit avec 483 000 cas, mais c'est l’État qui compte le plus de morts, soit 33 170. New York et New Jersey sont de loin les deux États enregistrant le plus de décès par habitant.

Les États qui longent la frontière canadienne, comme le Vermont, le Maine et le New Hampshire, ont réussi à limiter le nombre de cas et de décès.

Mais les éclosions continuent d'apparaître un peu partout à travers le pays, et certains États qui ont été relativement épargnés au début de la pandémie connaissent maintenant une hausse importante. Les éclosions sont majoritairement liées au moment du déconfinement.

En juillet, l'Illinois, la Georgie et l'Arizona ont commencé à voir le nombre d'infections augmenter. Puis, à la mi-août, ces trois États ont dépassé le cap des 200 000 infections et des 5000 morts.

La Georgie avait été l'un des premiers États à entamer son déconfinement aux États-Unis, et le gouverneur continue de s'opposer au port du masque dans les lieux publics de son État. En Arizona, seuls les bars, les gymnases et les cinémas demeurent fermés. L'Illinois avait commencé son déconfinement à la fin de juin, mais il commence à refermer des établissements, seulement dans les régions qui présentent des éclosions.

Évolution des cas de COVID-19 par État

Carte animée montrant l'évolution des cas confirmés aux États-Unis.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les États-Unis comptent plus de 6,5 millions de cas de COVID-29 et plus de 200 000 morts.

Photo : Radio-Canada

Certaines régions urbaines ont été durement touchées. Par exemple, le comté de Cook à Chicago a recensé à lui seul plus de 5000 décès. Ce comté est celui qui compte le plus de Noirs (1,2 million) aux États-Unis ainsi qu'une très grande population hispanique, deux groupes qui sont particulièrement à risque de développer des complications graves et de mourir de la COVID-19.

Mais il n’y a pas que les grandes villes qui ont été frappées; 1 personne sur 17 du petit comté de Yuma en Arizona a été infectée. Dans le comté de McKinley, dans le Nouveau-Mexique (qui compte une importante réserve autochtone), 1 résident sur 300 est décédé de la COVID-19.

Par ailleurs, plus de 51 000 infections sont liées à la rentrée scolaire dans les universités et les collèges.

Pourquoi sommes-nous si différents des autres pays? On voit de plus en plus que les États-Unis n’ont pas été aussi confinés qu’on le pensait.

Anthony Fauci, épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche

Le nombre de décès risque de doubler d’ici janvier

Un homme aide un autre homme dans son lit d'hôpital.

Un étudiant en médecine aide un patient infecté par la COVID-19 dans un hôpital de Houston, au Texas.

Photo : Reuters / CALLAGHAN O'HARE

L’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), de l’Université de Washington, a prédit en juillet que 208 000 personnes risquent de mourir d’ici les élections au début novembre. Au rythme où les nouveaux cas s’accumulent, ce bilan risque d’être dépassé avant même le jour du scrutin.

Le pire est à venir, a dit le Dr Christopher Murray, directeur de l’Institut lors d’une conférence de presse au début de septembre.

Le 10 septembre, l’IHME a d’ailleurs révisé ses prédictions et indiqué que le nombre de décès pourrait doubler d’ici la fin de l’année, jusqu'à dépasser les 620 000 morts d’ici janvier 2021 si les États autorisent un relâchement trop rapide de mesures sanitaires. L’IHME soutient que les États-Unis pourraient connaître jusqu’à 3000 décès par jour en décembre.

Par comparaison, 600 000 Américains sont décédés du cancer l’année dernière et 650 000 sont morts de maladies cardiovasculaires.

Je le répète aux gens : il ne faut pas sous-estimer cette épidémie, déclare Anthony Fauci. Il précise que les Américains doivent s'attendre à un automne et un hiver difficiles, et qu'un « retour à la normale » n'est pas envisageable avant 2021.

Une pandémie politisée

Donald Trump portant un masque bleu marin avec le blason doré de la présidence américaine gravé sur le côté gauche.

Le président américain, qui minimise la gravité de la pandémie, porte très rarement le masque en public.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Malgré ces sombres prédictions, le président des États-Unis continue d'affirmer que la pandémie est maîtrisée dans son pays.

Et pourtant, selon un sondage du Pew Research, 69 % des Américains croient que les États ont commencé leur déconfinement trop rapidement.

Donald Trump continue également de se montrer réticent à encourager le port du masque et la distanciation physique.

Le président aurait par ailleurs admis, au cours d'entrevues avec le journaliste Bob Woodward, qu'il savait dès cet hiver que le virus était mortel et pire que la grippe, et qu’il avait sciemment minimisé la situation pour ne pas créer de panique.

La gestion de la pandémie par Donald Trump est d'ailleurs l'un des thèmes principaux de la campagne du candidat démocrate à l'élection présidentielle, Joe Biden. Il a notamment déclaré que le président a trompé les Américains sur la pandémie et que son inaction a créé une catastrophe.

Lors d'une entrevue lundi à l'émission The Daily Show with Trevor Noah, le Dr Fauci s'est dit désolé de voir que le port du masque est devenu politisé et qu'il divise les Américains.

La pandémie divise non seulement les politiciens, mais aussi le public. Par exemple, selon le Pew Research, 62 % des républicains croient que la hausse du nombre d’infections est liée au nombre de tests de dépistage, tandis que 80 % des démocrates croient que cette hausse est due à plus d’infections et d’éclosions.

Un peu plus de 60 % d'Américains croient que les États-Unis n’ont pas géré la pandémie aussi bien que d’autres pays développés et 13 % croient que les autorités américaines ont mieux réagi qu’ailleurs dans le monde. Les républicains estiment en plus grand nombre que les démocrates que les États-Unis ont bien géré cette crise sanitaire.

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