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Création d'une nouvelle immunothérapie contre le cancer

Des cellules cancéreuses.

Des cellules cancéreuses.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une nouvelle immunothérapie mise au point par des oncologues belges accroît l’action d’une autre immunothérapie communément utilisée pour traiter le cancer, mais qui n’est pas toujours efficace.

La Pre Sophie Lucas et ses collègues de l’Institut de Duve de l’Université catholique de Louvain expliquent qu’ils sont ainsi parvenus à neutraliser une molécule qui bloque les défenses immunitaires contre le cancer.

Le résultat est clair : les tumeurs cancéreuses régressent.

L’équipe belge estime que sa découverte est très prometteuse pour la lutte contre le cancer.

Repères

  • Près de la moitié des Canadiens développeront un cancer au cours de leur vie et environ un quart en mourront;
  • pas moins de 210 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués et quelque 80 800 personnes en meurent chaque année ;
  • le cancer fait 9 millions de morts par année dans le monde.

Un traitement toujours plus prometteur

Le système immunitaire défend le corps contre les infections et des maladies comme le cancer. Lorsque le système immunitaire déclenche une action pour défendre l’organisme contre des corps étrangers, on parle de réaction immunitaire.

Dans la lutte contre le cancer, l’immunothérapie utilisée depuis plus de 20 ans permet de manipuler les réponses immunitaires naturellement présentes dans le corps humain.

Souvent, ces défenses immunitaires sont bloquées par des cellules ou des molécules qui les empêchent d’éliminer les cellules cancéreuses, si bien que la tumeur initiale parvient à s’installer et même à se développer et créer des métastases, des tumeurs cancéreuses secondaires.

La Pre Lucas est bien connue dans la recherche en immunothérapie. Elle s’intéresse au fonctionnement des cellules immunosuppressives, c’est-à-dire qui bloquent les réponses immunitaires, depuis 2004.

Son objectif : les identifier pour les supprimer et ainsi stimuler les anticorps qui agissent contre les tumeurs.

Illustration montrant une tumeur cancéreuse.

Illustration montrant une tumeur cancéreuse.

Photo : iStock

Des coupables qui ont la vie dure

Les chercheurs savent que les cellules « lymphocytes T régulateurs (T-REG) » sont très immunosuppressives chez les personnes atteintes de cancer.

L’équipe belge a découvert en 2009 l’existence d’une certaine molécule, appelée GARP, à la surface des T-REG. Ce n’est que près de dix ans plus tard qu’elle a réussi à cerner son rôle. La GARP agit comme un messager pour les T-REG. Elle envoie des signaux qui bloquent les défenses immunitaires.

En 2018, la chercheuse et ses collègues développent un outil (des anticorps anti-GARP) qui neutralise le messager et l’empêche d’envoyer ses signaux bloquants et ils commencent des tests.

Les résultats de ces premiers tests sont publiés cette semaine dans la revue Nature Communications  (Nouvelle fenêtre)(en anglais). Et les conclusions sont prometteuses.

Les scientifiques sont parvenus à neutraliser les T-REG chez des souris cancéreuses grâce aux anticorps anti-GARP.

Le messager étant neutralisé, et par la même occasion les réponses immunitaires bloquées, le système immunitaire peut à nouveau éliminer les cellules cancéreuses.

Les expériences menées sur les rongeurs ont permis de voir les tumeurs régresser rapidement lorsque les anticorps anti-GARP étaient combinés avec une autre immunothérapie ayant déjà fait ses preuves.

La prochaine étape est maintenant d’obtenir les mêmes résultats chez les humains, ce qui pourrait permettre à l’immunothérapie d’être plus efficace contre le cancer.

Le saviez-vous?

  • Le terme cancer est appliqué à un grand groupe de maladies qui peuvent toucher n’importe quelle partie de l’organisme. L’une de ses caractéristiques est la prolifération rapide de cellules anormales qui peuvent essaimer dans d’autres organes, formant ce qu’on appelle des métastases.
  • Outre l’immunothérapie, il existe d’autres façons de s’attaquer au cancer : la chirurgie, la chimiothérapie qui frappe directement les tumeurs à l’aide de substances chimiques, la radiothérapie qui fait appel aux radiations pour détruire les cellules cancéreuses, et l’hormonothérapie, qui agit sur les hormones pour ralentir ou bloquer la croissance de cellules cancéreuses.

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