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Manifestation contre la mairesse Plante : « On veut être entendus de Projet Montréal »

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Regroupement de manifestants devant l'hôtel de ville de Montréal.

Le reportage de Mathieu Prost.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

À Montréal, vendredi, une cinquantaine de commerçants, de propriétaires d’immeubles et de citoyens ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis de l’administration municipale. Les décisions de la mairesse Valérie Plante, dénoncent-ils, sont hâtives, mal avisées et prises sans consultation publique.

Les insatisfactions de ces citoyens portent sur les projets d’aménagement pour piétons et cyclistes, le chantier du Réseau express vélo (REV) sur la rue Saint-Denis et les modifications réglementaires pour la subdivision des logements dans la métropole.

Devant l’hôtel de ville où ils s'étaient massés en tenant des pancartes, les manifestants ont affirmé, avec force porte-voix, que la mairesse Valérie Plante et son parti manquaient de dialogue et d'ouverture.

Elle ne sort pas pour nous voir, a reproché Jean-François Tremblay au sujet de Mme Plante.

M. Tremblay est le porte-parole de la Coalition pour la qualité des logements à Montréal, une ville que, de son propre aveu, il n’habite pas. Mais dans l’arrondissement très couru du Plateau-Mont-Royal, il possède un espace résidentiel beaucoup trop grand qu’il entendait subdiviser. On a payé le prix en conséquence, mais maintenant, on n’a plus le droit de le faire.

Jean-François Tremblay reproche à Projet Montréal de faire cavalier seul dans la réglementation de huit arrondissements, ce qui nuit aux propriétaires occupants et non occupants de Montréal.

Les familles désireuses d’agrandir leur logement, parce qu’elles veulent un autre enfant par exemple, ne peuvent le faire.

Ces règlements poussent les familles à fuir Montréal, dit-il.

Jean-Claude Richer, lui, dit utiliser son vélo pour aller travailler d'avril à octobre, et ce, depuis 42 ans. Il a aussi une voiture électrique. Pour ce médecin de famille, résident de Rosemont—La Petite-Patrie, l'administration Plante nuit à la mobilité : « Même à vélo, c'est fastidieux ».

Un réseau express qui suscite la grogne

Plus tôt en matinée, en entrevue à Tout un matin, Valérie Plante s'est dite en constant ajustement, au terme d'une semaine difficile. Mme Plante assure avoir ouvert le dialogue cette semaine très rapidement pour la révision des chantiers, et elle considère faire preuve de flexibilité et d’écoute.

De plus, elle dit envisager la possibilité d’ouvrir le programme de dédommagement aux commerçants lorsqu’il y a des chantiers majeurs pour que ça s’applique, entre autres, à Saint-Denis, qui n’est pas un chantier majeur.

Celle qui dirige les destinées de Montréal depuis près de trois ans a attribué le mouvement de contestation devant ses bureaux à l'implantation du REV.

Ce projet instauré sur la rue Saint-Denis – l'une des plus importantes artères de Montréal – suscite la grogne de certains commerçants, dit-elle, et les gens ont le droit de manifester.

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Des décisions improvisées

Un projet assassin

C'est précisément contre le REV qu'en a Vianney Godbout, restaurateur à Montréal. Ce projet, selon lui, va assassiner un bon nombre de commerçants déjà « asphyxiés » par la pandémie de coronavirus.

M. Godbout a dû fermer temporairement son restaurant de la rue Saint-Denis parce qu'il était devenu difficile d'y avoir des livraisons et parce que les clients se faisaient plus rares, dit-il.

Le restaurateur aurait aimé que l'administration Plante associe les commerçants au processus décisionnel. L'aide aux commerçants et les subventions qu'a évoquées la mairesse ne le font pas décolérer : Le mal est fait, la rue est démolie!

Vianney Godbout pense que Projet Montréal subira un revers lors des élections municipales, en novembre 2021.

On va continuer à taper sur le clou pour reprendre le contrôle de notre ville, dit-il. Le restaurateur laisse également tomber que ce n'est pas impossible qu'il se lance lui-même en politique municipale.

Portrait de Vianney Godbout devant l'hôtel de ville de Montréal.

Vianney Godbout, le propriétaire des trois restaurants Chasse-Galerie à Montréal, dénonce vigoureusement l’administration de la mairesse Valérie Plante.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des commerçants en difficulté

Beaucoup de commerçants de la métropole ont vu fondre leurs profits durant le confinement entraîné par la pandémie. Il leur faut maintenant se relever et, pour ce faire, certains espèrent que la Ville leur accordera un congé de taxes, entre autres mesures.

La mairesse Plante dit comprendre leurs inquiétudes. Mais elle affirme que la pandémie frappe tout le monde et que certains commerces n’y survivront pas.

Selon elle, la Ville a fait un gros effort : On a retardé les taxes foncières à deux reprises, on a injecté 20 millions de dollars dans la première phase de relance.

Une ville, ça dépend essentiellement de sa taxe foncière, dit Mme Plante, qui demande au gouvernement du Québec un crédit d’impôt pour ces commerçants, ce qui sera beaucoup plus facile pour les gouvernements que pour la Ville de Montréal, pense-t-elle.

Ceux qui ont vraiment les moyens financiers, ce n’est pas Montréal, ce sont Québec et Ottawa.

Valérie Plante, mairesse de la Ville de Montréal

Plus sévère sur le port du masque

En ce qui a trait à la lutte contre la propagation de la COVID-19, Valérie Plante se dit favorable à une vigilance accrue. Elle rejoint ainsi le premier ministre François Legault qui déclarait, jeudi, que l’heure était venue de sévir.

Les gens qui refusent de porter un masque dans un lieu public intérieur seront passibles d'une amende dès ce samedi. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a évoqué des amendes allant de 400 $ à 6000 $.

Je pense qu’en ce moment-ci, il vaut mieux faire preuve de plus de vigilance et même d’être plus sévère rapidement pour contrer une possible perte de contrôle.

Valérie Plante, mairesse de la Ville de Montréal

Elle entend demander au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d’appliquer les règles à la lettre.

Je pense que c’est la chose à faire, dit Mme Plante. Mettre la responsabilité pas seulement sur les commerçants, mais sur les individus [...]. C’est quelque chose qu’on demandait dès le départ. Il faut que la responsabilité soit partagée.

COVID-19         : ce qu'il faut savoir

Avec les informations de Mathieu Prost

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