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Les élèves du Québec pourront sortir de leur bulle

Cette décision permet la reprise des activités parascolaires et un retour vers la normalité pour les élèves inscrits dans des programmes sport-études, arts-études ou à du sport interscolaire.

Ils s'enlacent.

Des joueurs des Titans du Cégep de Limoilou

Photo : Titans du Cégep de Limoilou / Marc-Antoine Hallé

Les élèves des écoles primaires et secondaires du Québec pourront sortir de leur classe-bulle dès lundi prochain dans toutes les régions classées vertes (vigilance) ou jaunes (préalerte).

Ils seront plus précisément autorisés à fréquenter deux autres groupes stables à l'extérieur de leur groupe-classe, a confirmé vendredi matin le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge.

Cette décision, avalisée par la santé publique, permet concrètement la reprise d'activités parascolaires et un retour vers la normalité pour les élèves des programmes sport-études, arts-études ou qui s'adonnent à du sport interscolaire.

Après deux semaines de retour en classe, voyant que ça se passe assez bien, on est capable d’arriver avec ces nouvelles balises.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Cette mesure sera cependant suspendue dans toute région qui passerait à un niveau orange (alerte modérée) ou rouge (alerte maximale), a prévenu le ministre Roberge. Ce serait alors le retour au principe de la classe-bulle.

Pour l'instant, aucune région n'est à un niveau d'alerte orange ou rouge. Le gouvernement doit revoir les couleurs qu'il attribue aux régions en fonction de l'évolution de la maladie chaque semaine.

Des activités autorisées seulement avec des inscriptions

Jean-François Roberge a insisté en conférence de presse sur la nécessité que les autres groupes que fréquenteront des élèves à l'extérieur de leur classe soient bel et bien stables.

Cela ira de soi pour de nombreuses activités offertes en vertu d'inscription : les membres d'une équipe sportive ou d'une troupe de théâtre ou d'improvisation, par exemple, constituent des groupes fermés.

D'autres activités offertes jusqu'ici librement – du badminton pendant l'heure du dîner, par exemple – devront cependant être limitées aux seuls inscrits.

On peut faire du parascolaire, mais aussi en groupe stable. On s’inscrit dans une activité parascolaire qu’on va faire toujours avec les mêmes élèves pendant un certain laps de temps.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

C’est ça qu’il a fallu qu’on définisse avec la santé publique, pour éviter d’éclater complètement le principe des bulles, a expliqué le ministre. Ça n’aurait pas été rendre service au réseau scolaire, ça aurait multiplié les possibilités de propagation et rendu très complexe le travail d’enquête épidémiologique.

Le ministre a dit croire que les écoles seront en mesure de s'assurer qu'aucun élève ne fasse partie de plus de deux groupes stables supplémentaires, mais a convenu que cela pourrait prendre un certain temps avant d'être mis en oeuvre.

D'autres assouplissements permanents

Québec a en outre annoncé par communiqué deux autres assouplissements au concept de classe-bulle qui demeureront en vigueur, peu importe le palier d’alerte régional.

Ainsi, les élèves vulnérables de différentes classes pourront être regroupés en petits groupes stables et dans le respect des mesures de distanciation physique applicables, sous la supervision d'un professionnel.

Qui plus est, les élèves de 4e et 5e secondaire pourront suivre dans des groupes stables différents leurs cours à option qui sont des prérequis pour la poursuite de leur parcours scolaire.

Roberge se défend d'avoir trop tardé

L'interdiction de tenir des activités à l'extérieur des classes-bulles, décrétée par le ministre Roberge avant la rentrée scolaire, avait soulevé un tollé. Les élèves des programmes sport-études et leurs parents y voyaient notamment un non-sens puisque la pratique des sports civils était déjà autorisée.

Des centaines d'entre eux avaient manifesté leur désaccord 28 août devant l'Assemblée nationale, poussant le premier ministre François Legault à fixer au 14 septembre le moment où les élèves du Québec pourraient reprendre leurs activités artistiques et sportives sans respecter les classes-bulles.

Le ministre Roberge s'est défendu lundi d'avoir trop tardé à faire marche arrière, en faisant valoir qu'il était impératif pour tous de s'habituer d'abord au nouveau fonctionnement dans les écoles.

La rentrée scolaire au Québec, c’est 1,4 à 1,5 million de personnes qui rentrent dans nos écoles, dans nos centres de services [scolaires] en quelques jours. C’est beaucoup de monde en temps de pandémie, a-t-il dit.

Il fallait vivre ces deux semaines-là et qu’on s’approprie tout le monde cette nouvelle façon de circuler dans les écoles […] : des flèches par terre, beaucoup de règles, le port du couvre-visage, des horaires différenciés pour les récréations, les dîners.

Il fallait vivre ces deux premières semaines pour s’habituer au principe de groupe-classe. Il fallait voir aussi si on réussissait cette rentrée en limitant les cas et les éclosions.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Le ministre a aussi rappelé que les nouvelles mesures s'appuient sur le système d'alertes régionales à quatre paliers que le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dévoilé au début de la semaine.

Le mystère de la liste incomplète des écoles touchées

Jean-François Roberge a par ailleurs eu du mal à expliquer pourquoi le gouvernement ne parvient pas à compiler correctement l'ensemble des écoles recensant au moins un cas de COVID-19.

La liste de ces écoles a été suspendue jeudi après-midi après que plusieurs inexactitudes ont été signalées notamment dans les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jeande la Côte-Nordde la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Des écoles touchées par la COVID-19 n'y figuraient pas, alors que d'autres s'y sont retrouvées par erreur.

C’est parce qu’on veut des données fiables qu’on a pris une pause avant de redéposer des informations. On voulait être certains d’avoir une liste gouvernementale qui ne change pas d’un jour à l’autre et qui soit bien fiable. Donc, on est en train de revoir notre façon de faire.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Il y a un enjeu de temps, a dit le ministre pour expliquer ce problème de fiabilité, en évoquant un problème d'arrimage entre les informations obtenues des écoles et celles provenant de la santé publique.

M. Roberge a rappelé que les membres du personnel et les parents des enfants déclarés positifs à la maladie doivent aviser leur école, même si cela ne se fait pas nécessairement le jour de la réception du résultat du test.

L’école, bien sûr, sait ce qui se passe, et tout de suite, sa première responsabilité, c’est d’aviser les parents et les membres du personnel. Et ça, ça se passe très très bien. Les parents et membres du personnel reçoivent cette information-là très rapidement, a-t-il assuré.

Le ministre n'a cependant pas pu dire pourquoi ce système qui fonctionne à merveille ne permet pas d'informer le gouvernement en même temps que les parents et les employés.

On envoie, nous, un formulaire aux écoles. [On leur dit] : "avez-vous des cas dans votre école?". Ce formulaire-là est rempli. Nous, on reçoit cette information, a-t-il poursuivi.

La santé publique fait une vigie aussi pour savoir il y a combien de cas au Québec. Et on croise ensuite ces informations-là, ce qui nous arrive de la santé publique et ce qui nous arrive du réseau scolaire, a-t-il laissé tomber avant de passer aux questions des journalistes anglophones.

Le ministre avait pourtant souligné dans la même conférence de presse que la santé publique ne sait pas nécessairement si quelqu'un déclaré positif travaille dans une école.

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