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Le chef de police de Calgary est d'accord pour redistribuer le budget de la police

L’idée de rediriger une partie du financement de la police vers d’autres services a l’appui du chef de police de Calgary, mais pas celui du ministre provincial de la Justice.

Un policier de Calgary.

Le budget du service de police de Calgary avoisine les 500 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Le chef de police de Calgary est lui-même d’accord pour redistribuer une partie de son budget et de sa charge de travail à des organismes communautaires. Il l’a fait savoir au conseil municipal et à la commission de police de Calgary, jeudi, lors d’une rencontre extraordinaire sur le racisme systémique dans le corps policier.

Nous sommes devenus la réponse de facto à presque tout, et c’est très raisonnable de dire que nous ne devrions peut-être pas l’être, croit le chef du Service de police de Calgary (CPS), Mark Neufeld.

Il appuie donc l’idée de rediriger une partie du financement du CPS vers des organismes communautaires partenaires, qui font de la prévention ou de l’intervention au niveau de la santé mentale et de la dépendance, par exemple.

C’est une partie de la stratégie antiraciste du CPS qu’il a présenté au conseil municipal, jeudi.

Ce plan inclut aussi une enquête externe sur la présence de policiers dans les écoles albertaines, ainsi que des changements à la façon dont les plaintes contre les policiers sont traitées.

Le CPS veut nommer une personne non issue du milieu policier à la tête de son département des normes professionnelles, qui est responsable des audiences disciplinaires.

Partager le financement... et les tâches

Le chef Neufeld a expliqué au conseil municipal de Calgary que ses policiers sont souvent contactés parce qu’ils sont disponibles 24 heures sur 24, contrairement à bien des services communautaires.

Il est légitime, selon lui, de se demander s’il n’y aurait pas des organismes qui pourraient répondre plus adéquatement à ces appels s’ils avaient les ressources nécessaires. S’il est en faveur d’une telle restructuration, il espère néanmoins qu’elle sera faite avec prudence.

On ne veut pas se retrouver dans une situation où nous continuons quand même de répondre à tous ces appels, mais avec de moins en moins de ressources, dit Mark Neufeld.

Les propositions du chef de police ont fait très plaisir au maire, Naheed Nenshi.

Cessons de parler [négativement] de définancer la police, et demandons-nous, qu’est-ce que nous voulons construire? À quoi voulons-nous que notre gestion de la santé mentale ressemble? À quoi doit ressembler la présence policière dans les écoles?, lance-t-il.

Le chef de police se dit prêt à procéder à des changements dès son prochain budget, attendu en novembre. Le maire croit toutefois que de véritables changements structurels risquent de prendre plus de temps.

Le conseiller municipal Sean Chu ne partage pas leur enthousiasme.

Est-ce que des choses se passent au sein du service de police? Bien sûr. Est-ce que la commission est au courant? Oui. Est-ce que des actions sont en cours pour y remédier? Oui, remarque-t-il.

Il croit toutefois que les risques liés au métier de policier n’ont fait que s’accroître avec la crise des opioïdes et que ce n’est pas le moment de leur enlever des ressources.

Le ministre de la Justice plaide contre le « définancement » des corps policiers

Le ministre de la Justice de l’Alberta, Kaycee Madu, recommande aussi fortement aux municipalités de ne pas s’engager dans cette voie.

Dans une lettre récemment envoyée aux maires d’Edmonton et de Calgary, il souligne que la police joue un rôle essentiel pour protéger nos communautés et que le gouvernement provincial fournit un important financement pour garder les Albertains en sécurité.

Naheed Nenshi a qualifié cette intervention de ridicule et simpliste.

J’essaie d’avoir une conversation incroyablement essentielle et incroyablement nuancée avec les adultes dans la pièce. Envoyer une lettre ridicule avec des slogans ridicules en ce moment montre que [le ministre] n'a pas vraiment d'intérêt pour cela, a-t-il lancé.

Il rappelle que le gouvernement provincial a lui-même réduit la proportion des revenus tirés des contraventions qui va aux municipalités, l’an dernier, amputant ainsi le budget de la police de Calgary de plus de 10 millions de dollars.

Entendre le ministre Madu, qui était alors responsable des Affaires municipales, qualifier la réduction du financement de la police de malavisée irrite le maire.

Je me rappelle quand il m’a appelé pour me parler de cette coupe de 13 millions de dollars pour la police. S’il pense que son propre budget de l’an dernier était "malavisé", je suis heureux d’accepter son chèque!, ironise-t-il.

Le maire d’Edmonton, Don Iveson, ne s’est guère montré plus coopératif, accusant le ministre de la Justice d’avoir un raisonnement simpliste.

En juillet, le conseil municipal d’Edmonton a voté pour rediriger 11 millions de dollars sur deux ans vers des initiatives sociales et communautaires. Il doit cependant procéder à un autre vote pour décider comment cela va se faire.

Avec des informations de Scott Dippel

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