•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : « Je n’ai pas menti », affirme Trump

Donald Trump, la main levée, s'adresse aux reporters réunis à la Maison-Blanche.

La période de questions à la conférence de presse du président Trump a beaucoup porté sur ses déclarations au journaliste Bob Woodward.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Au lendemain de la publication dans des médias d'extraits du livre du journaliste Bob Woodward selon lesquels le président Trump avait admis minimiser publiquement les risques de la COVID-19, ce dernier a défendu, jeudi, sa gestion de la pandémie.

Au cours d'une conférence de presse aux accents électoraux, Donald Trump a nié avoir induit les Américains en erreur lorsqu'il parlait de la pandémie.

Je n'ai pas menti. Ce que j'ai dit, c'est : "Nous devons être calmes, nous ne devons pas paniquer", a-t-il déclaré, répliquant plusieurs fois à un journaliste que sa question était une honte.

Il n'y a pas eu de mensonge ici. Ce que nous faisons, c'est que nous dirigeons.

Une citation de :Donald Trump

Les propos qu'il a tenus publiquement sur le coronavirus, et dont des extraits audio ont été mis en ligne sur les sites de CNN et du Washington Post, contredisent pourtant de façon flagrante les réponses qu'il fournissait à Bob Woodward à la même période pour le livre Rage.

Lors d'une conversation survenue en février dernier, par exemple, Donald Trump faisait valoir à son interlocuteur que la COVID-19 était peut-être cinq fois plus meurtrière que la grippe. À la même période, il n'en a pas moins soutenu publiquement que la grippe saisonnière faisait bien plus de victimes.

Je ne veux pas sauter partout et me mettre à crier : "Morts, morts!", s'est-il justifié jeudi.

Je veux projeter de la confiance et je veux projeter de la force en tant que leader, et je veux montrer que le pays va s'en sortir d'une manière ou d'une autre, a-t-il soutenu, tout en reprenant son message de la veille et en vantant sa gestion de cette crise de santé publique.

Interrogé sur les raisons qui l'avaient poussé à dire des choses différentes aux Américains et à Bob Woodward, il a plutôt braqué les projecteurs sur le journaliste.

Si Bob Woodward pensait que ce que je disais était mauvais, alors il aurait dû immédiatement, juste après que je l'ai dit, aller voir les autorités pour qu'elles puissent se préparer et le leur faire savoir, a-t-il répondu. Mais il ne l'a pas fait.

Il a en outre banalisé ses entretiens avec le légendaire journaliste d'enquête, les présentant comme de simples conversations informelles.

Entre décembre 2019 et juillet 2020, les deux hommes ont pourtant eu, en vue du livre, un total de 18 entrevues, certaines même à l'initiative du 45e président, a rapporté Bob Woodward. En incluant le 19e entretien, qui s'est déroulé après que le livre eut été terminé, les discussions se sont étendues sur près de 10 heures, selon CNN.

Bob Woodward est quelqu'un que je respecte, juste pour avoir entendu son nom pendant plusieurs, plusieurs années. Je ne connais pas trop son travail, je ne me soucie pas de son travail. Mais j'ai pensé qu'il serait intéressant de lui parler pendant un certain nombre, vous savez, d'appels, a dit le président à propos du lauréat de deux prix Pulitzer qui, avec son collègue de l'époque du Washington Post Carl Bernstein, a mis au jour dans les années 1970 le scandale du Watergate qui a contraint le président Richard Nixon à démissionner.

Le président a quitté la salle après avoir pris trois questions, dont deux concernaient ses déclarations à Bob Woodward.

Un clou sur lequel tape la campagne Biden

Les révélations contenues dans le livre Rage apportent de l'eau au moulin de l'équipe démocrate Biden-Harris, qui en a visiblement fait un argument de campagne.

C'est le même homme, Donald Trump, qui pendant des jours, des semaines, voire des mois, a qualifié [la situation] de canular, qui en a rejeté la gravité au point de suggérer que les gens ne devraient pas porter de masque, a dénoncé la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, citée par le Washington Post.

La sénatrice de la Californie a souligné au cours d'un événement électoral à Miami, en Floride, que le président sortant comprenait pourtant bien les risques qu'il avait minimisés.

Nous continuons à avoir des exemples montrant qu'il s'agit d'un individu qui ne se soucie pas du bien-être du peuple américain et qui affiche un mépris pour la vie, la santé et le bien-être du peuple américain. Je trouve cela franchement scandaleux.

Une citation de :Kamala Harris, candidate démocrate à la vice-présidence des États-Unis

Depuis l'hiver, la teneur des propos publics de Donald Trump, qui a banalisé de façon régulière la maladie, a très souvent tranché avec les avertissements lancés par les experts en santé publique du gouvernement américain. Mercredi, la porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, a soutenu que le président Trump n'avait jamais minimisé le virus.

Pendant au moins l'une des entrevues avec Bob Woodward, en mars, Donald Trump a néanmoins lui-même admis avoir toujours voulu minimiser la situation et le faire encore.

Les États-Unis recensent plus de 6 millions de cas et s'approchent rapidement du seuil des 200 000 morts, d'après le site Worldometers.

À la fin du mois de février, Donald Trump avait prédit que le nombre de cas aux États-Unis redescendrait très rapidement de quinze à près de zéro.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !