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6 mois de COVID-19 : montagnes russes économiques dans l’Est-du-Québec

Des touristes marchent sur une promenade de bois à Percé.

Après un printemps désastreux, restaurateurs et hôteliers de l'Est-du-Québec ont connu un achalandage record cet été (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Des pertes d'emplois records, puis une saison touristique des plus prospères. Alors qu'en temps normal, l'économie de l'Est-du-Québec varie déjà selon le cycle des saisons, l'activité économique de la région a connu des fluctuations étourdissantes depuis le début de la pandémie, il y a maintenant six mois.

Pour Assane Sakho, propriétaire du restaurant-bar Chez Omer, à Sept-Îles, c’est l’année de tous les extrêmes.

Au creux du ralentissement économique engendré par les mesures de lutte contre la COVID-19, il travaillait seul avec ses deux filles.

Quelques mois plus tard, au cœur de la saison touristique, une équipe de 17 personnes ne suffisaient pas à répondre à un achalandage inédit dans son établissement.

On a pas pu récupérer toutes les pertes, mais au moins on a vraiment colmaté tous les pots cassés, indique l'entrepreneur, soulagé.

Une homme en entrevue dans un bar.

Assane Sakho, restaurateur de Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Sincèrement, dans mes calculs les plus fous, je n’aurais jamais pensé avoir un aussi bel été.

Assane Sakho, propriétaire du restaurant-bar Chez Omer

En mars, le restaurateur a dû mettre au chômage une grande partie de son équipe.

Ces travailleurs font partie des milliers de personnes qui se sont retrouvés sans emploi dans l'Est-du-Québec.

Des taux de chômage à la hausse

Statistique Canada estime qu'entre les mois de mars, avril et mai 2019 et la même période cette année, les taux de chômage ont augmenté d'environ 8 points et demi sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec, de 6 points au Bas-Saint-Laurent et de 3 points en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, où le taux de chômage de départ était déjà bien plus élevé.

Les mises à pied ont placé un grand nombre de travailleurs et leurs familles en situation de précarité.

Les demandes d'aide ont d'ailleurs explosé dans les banques alimentaires de l’Est-du-Québec.

À Moisson Rimouski-Neigette, 90 nouvelles demandes ont été recensées au mois d’avril, soit 10 fois plus qu’à l’habitude.

Ce nombre s’est stabilisé, mais le nombre de bénéficiaires du comptoir alimentaire est encore bien plus élevé qu’avant la crise.

On offre environ 500 dépannages par mois en ce moment, alors qu’avant la pandémie on était à 300 ou 400 dépannages mensuellement, illustre Sophie Lajoie, directrice générale de Moisson Rimouski-Neigette.

Une femme souriante en entrevue à l'extérieur

Sophie Lajoie, directrice générale de Moisson Rimouski-Neigette

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Des secteurs presque épargnés

Alors que les travailleurs du secteur des services ont été frappés de plein fouet par la pause économique, de grandes entreprises du secteur primaire, notamment les mines et les alumineries, ont largement bénéficié d'exemptions qui leur ont permis de poursuivre au minimum leur exploitation durant le confinement.

Pour le directeur général de Développement économique Sept-Îles, Martin Lévesque, le maintien des activités de ces entreprises a permis d’éviter des conséquences économiques plus catastrophiques dans sa ville.

Un des facteurs qui nous a aidés c'est la présence des grandes industries essentielles qui ont continué leurs opérations. C'est sûr que certains projets en capitaux qui ont été soit retardés ou repoussés, mais il y a quand même eu de l'activité, juge M. Lévesque.

Il observe aussi une importante reprise économique lors de la saison estivale, attribuable principalement à la construction, aux travaux routiers et à une saison touristique record.

Une homme de profil en entrevue.

Martin Lévesque est d'avis que le maintien des activités de la grande industrie a permis à Sept-Îles de tirer son épingle du jeu.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Les masses salariales ont été aux rendez-vous, donc ça a permis aux gens de répondre à leurs besoins, de dépenser, indique M. Lévesque par rapport à la région de Sept-Îles.

Avec la reprise, les vieux problèmes

Si certaines usines demeurent fermées en raison des conséquences de la pandémie, largement, la vie économique a repris son cours dans l'Est-du-Québec. Sans atteindre les seuils d’avant la crise, les taux de chômage ont radicalement baissé depuis le printemps dans l’Est-du-Québec.

Face au foisonnement estival, la pénurie de main-d'œuvre est revenue hanter les entrepreneurs. Ceux-ci doivent maintenant composer avec la Prestation canadienne d’urgence (PCU), qui peut décourager certains employés de revenir au travail.

Certains employés ne voulaient plus revenir au travail. Il y en a par inquiétude, il y en a, bon, parce que la PCU était confortable aussi. Soyons honnêtes, je ne pourrais pas les blâmer vraiment, avoue Assane Sakho.

Tout comme le restaurateur, Sophie Lajoie et Martin Lévesque s’entendent pour dire que la fin de la frénésie estivale et le spectre d'une deuxième vague de COVID-19 plongent l'Est-du-Québec dans l'incertitude et, malheureusement, rendent nos régions vulnérables à un nouveau ralentissement économique.

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