•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un bateau de sauvetage en mer bientôt à Rivière-Madeleine?

On ne doit pas attendre qu'il y ait des morts, plaide le maire, qui a déjà frôlé la mort au large.

Le bateau Sea Star 4 s'est échoué à Sainte-Madeleine-de-Rivière-Madeleine

En 2013, le bateau Sea Star 4 s'est échoué à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Photo : Annie Langlois de l'auberge-restaurant Chez Mamie

La municipalité de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine vient de recevoir l'appui de la Garde côtière auxiliaire pour son projet d'acquisition d'un navire de sauvetage en mer. Le bateau est même déjà trouvé, mais pas l'argent pour l'acheter. Il s'agit d'un projet qui est prioritaire pour le maire, lui-même rescapé en mer alors qu'il était adolescent.

Le 22 mai 1988, Joël Côté, alors âgé de 15 ans, et son paternel, Benoit, un pêcheur professionnel, prennent la mer au large de Madeleine-Centre pour capturer du bourgot. Rien ne laissait présager une tragédie.

On était dans une bonne journée de pêche, se rappelle Benoit avec émotion.

En revenant vers l'anse, le moteur s'est arrêté et des vagues ont pris d'assaut le petit bateau.

Ç'a pris une quinzaine de secondes et le bateau était calé complètement.

Benoit Côté, ex-pêcheur

Le père et le fils attendent, frigorifiés et détrempés, les secours pendant presque trois heures, accrochés tant bien que mal sur la coque renversée de leur bateau. On était à la merci de la température, mais aussi au fait que quelqu'un doit venir nous chercher, se rappelle Joël.

Cette anecdote qui aurait pu, avec un peu moins de chance, s'appeler un drame, a modifié la manière dont le jeune Joël a vu la mer.

Aujourd'hui devenu maire, il entend faire de la sécurité en mer une priorité de son mandat.

Le bateau d'Exploramer utilisé pour les excursions en mer

Le bateau d'Exploramer utilisé pour les excursions en mer (archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Sa municipalité planche sur l'achat de l'ancien bateau du Musée Exploramer depuis plusieurs mois déjà.

Le conseil municipal a fait parvenir une lettre d'intention au musée de Sainte-Anne-des-Monts qui se fait construire un bateau tout neuf. Le prix est fixé à 125 000 $.

Une entente avec la Garde côtière auxiliaire permettrait d'utiliser ce bateau, plus gros que ceux qu'on retrouve amarrés à la marina du village, pour intervenir en cas d'urgence en mer, une situation beaucoup moins rare qu'on serait portés à le croire.

Quand il y a une mission de recherche et sauvetage là, ça tombe sous notre responsabilité, ce sont nos équipages qui prennent le bateau, il tombe sous nos assurances à nous puis ils vont rescaper les gens.

Louis Melancon, directeur général de la Garde côtière auxiliaire canadienne pour le Québec

Le secteur compris entre Sainte-Anne-des-Monts et le Grand-Gaspé est clairement une faiblesse dans le filet de protection, précise le directeur québécois de la Garde côtière auxiliaire, un organisme a but non lucratif dont la mission est de former et de coordonner l'aide d'urgence en mer grâce à un réseau de 800 bénévoles.

Phare de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Phare de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

La Garde côtière auxiliaire dispose d'embarcations de secours, mais à Sainte-Anne-des-Monts, 100 km à l'ouest.

La Garde côtière, elle, a un bateau à Rivière-au-Renard, mais entre les deux, mis à part le petit zodiac côtier de la municipalité voisine de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, il n'y a rien d'organisé.

Selon le maire, Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine constitue le site idéal pour posséder ce genre de navire.

Joël Côté espère l'aide des gouvernements pour faire aboutir ce projet, mais il est encore trop tôt pour parler de montage financier précise-t-il.

De plus en plus de risques

Deux personnes ont été sauvées par la Garde côtière auxiliaire canadienne lors de la tempête du 21 septembre 2018 à Rimouski.

Deux personnes ont été sauvées par la Garde côtière auxiliaire canadienne lors de la tempête du 21 septembre 2018 à Rimouski (archives).

Photo : Radio-Canada

Avec la hausse de la popularité des activités nautiques et de la pêche en haute mer, le nombre de bateaux qui passent au large et qui parfois s'arrêtent à la marina de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine ne fait que croître depuis des années.

Et ceux qui les gouvernent ne sont pas toujours habiles à naviguer dans cette portion du golfe.

65 % des gens qui arrivent avec leur petit bateau ne connaissent pas la mer, affirme sans hésiter le président de l'administration portuaire, Réjean Ratelle, qui gère le port pour petits bateaux qui est encore, mais pas pour longtemps, propriété de Pêches et Océans Canada.

Un bon matin il va arriver quelque chose, annonce-t-il.

D'ailleurs, il y a deux ans, un voilier s'était renversé en rentrant dans la marina.

Les naufragés ont du attendre les secours pendant plus de deux heures, se souvient Jean-Yves Fournier de Manche-d'Épée qui assistait impuissant à la scène. Le monsieur avait dans les 80 [ans] on a réussi à les secourir, mais ça été long, trop long, d'après moi ça été infernal pour eux autres.

Bateau échoué, d'où s'échappe du carburant

L'échouage d'un bateau de plaisance à l'entrée de la marinade Rivière-Madeleine en 2019 a provoqué une fuite de carburant, contenue par des mesures prises par la Garde côtière canadienne.

Photo : gracieuseté de Denis Lévesque

Il y a trois semaines à peine, Benoit Côté a dû lui aussi prendre la mer avec son petit navire, bien moins solide que celui que veut acheter la municipalité, pour aider un plaisancier en difficulté. J'ai été chercher un voilier qui faisait de l'eau et qui n'avait plus de moteur pour rentrer.

Même s'il n'y a pas eu de morts, tant mieux il n'y en a pas eu, mais est-ce qu'il faut attendre qu'il y ait des morts pour dire on va le faire, je crois pas.

Joël Côté, maire de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Lorsque le bateau de sauvetage ne sera pas réquisitionné, c'est-à-dire au moins 99 % du temps, des excursions en mer pourraient être offertes à son bord, et ainsi permettre quelques retombées pour la municipalité qui a un des plus importants taux de dévitalisation au Québec.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !