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Le suicide, un problème d'inégalités sociales, dit un chercheur

Une personne seule dans sa chambre.

Le 10 septembre marque chaque année la journée mondiale de prévention du suicide.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En Saskatchewan, 2338 personnes se sont enlevé la vie entre 2005 et 2019. Et comme ailleurs au pays, ce sont les populations rurales et autochtones qui sont les plus à risque, selon Philippe Roy, professeur à l’École de travail social de l’Université de Sherbrooke.

Parmi les suicides recensés par le bureau du coroner de la Saskatchewan lors des 15 dernières années, 665 ont été commis par des Autochtones, soit plus du quart des personnes qui se sont données la mort.

Selon Philippe Roy, une des principales causes du mal-être chez les Autochtones est le manque de reconnaissance sociale. La préservation de la culture et de la langue, c’est un enjeu de santé mentale et donc de prévention du suicide, affirme le chercheur.

Le problème du suicide concerne aussi les populations rurales, où le manque de reconnaissance sociale existe aussi chez les agriculteurs, souligne Philippe Roy. Lors de mes recherches, de nombreux agriculteurs m’ont dit : ‘’Je travaille 7 jours sur 7 pour nourrir la population et je n’ai pas l’impression que cette population est reconnaissante.’’

Le chercheur constate d'autre part des disparités entre les milieux sociaux. Les personnes défavorisées et pauvres seront plus enclines à passer à l’acte que la population plus aisée. Il en va de même avec les minorités sexuelles. C’est l’intolérance qui pose problème, insiste le professeur.

Plusieurs causes, plusieurs solutions

Pour prévenir le suicide il faut d'abord en connaître les origines, dit Philippe Roy. Les causes du suicide vont au-delà des questions de santé mentale, rappelle-t-il.

Il faut se demander: ''qu’est-ce qui rend les gens malades et qu’est-ce que nous pouvons faire?''.

Philippe Roy, professeur à l’École du travail social de l’Université de Sherbrooke.

Le chercheur soutient que ce sont les politiques publiques qui favorisent l’égalité des conditions de vie et la reconnaissance sociale qui ont plus de chance de réussir. Il insiste sur le fait qu’il n’y a pas qu’une seule cause au suicide ni une seule solution.

Le plan saskatchewanais

Le gouvernement de la Saskatchewan affirme prendre le problème avec sérieux.

En mai 2020, les autorités ont publié une stratégie provinciale. Ce plan doit apporter un complément au plan d’action sur la santé mentale et les dépendances en Saskatchewan, en mettant l’accent sur les jeunes Autochtones du nord de la province.

Le gouvernement fait également valoir des investissements substantiels dans le domaine de la santé mentale pour cette année fiscale.

Les mesures ne satisfont pas le chef de l’opposition de la Saskatchewan. La province a besoin de mettre en place une stratégie de prévention du suicide, affirme Ryan Meili. Il y a des trous béants dans le plan du gouvernement pour faire face à cette crise.

Le 10 septembre, chaque année, marque la journée mondiale de la prévention du suicide.

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