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Le karaoké officiellement interdit partout au Québec

La façade du Bar le Kirouac.

Une soirée karaoké de ce bar du quartier Saint-Sauveur, à Québec, a occasionné une transmission communautaire de la COVID-19, notamment dans des écoles.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Québec confirme que les activités de karaoké dans les lieux publics, tels que les bars ou les salles communautaires, sont désormais interdites partout dans la province.

L'activité est montrée du doigt depuis la tenue d'une soirée karaoké dans un bar de Québec qui a mené à plus de 80 cas dans la communauté.

La mesure entre en vigueur dès aujourd'hui.

Facteurs de risques accrus

Des facteurs de risques de contamination accrus comme la projection de gouttelettes respiratoires lorsque les personnes chantent, la proximité entre les participants et le partage d’objets communs, notamment les micros, sont à l'origine de cette décision.

En raison des risques réels de transmission de la COVID-19 que représente la tenue d’activités de karaoké, que ce soit dans les bars ou ailleurs, nous avons pris la décision de suspendre ces dernières dans les lieux publics sur l’ensemble du territoire québécois, confirme Horacio Arruda, directeur national de santé publique.

Cette mesure s’inscrit dans nos actions de prévention en vue d’une probable deuxième vague de cas. Elle n’empêche toutefois pas les établissements visés de poursuivre leurs autres activités, de manière conditionnelle au respect des consignes en vigueur.

Horacio Arruda, directeur national de santé publique

« Pas une activité essentielle »

En entrevue jeudi sur les ondes de RDI, la vice-première ministre, Geneviève Guilbeault, avait d'ores et déjà indiqué que le karaoké n’est pas une activité essentielle.

En matinée, le premier ministre François Legault avait lui-même mentionné que des restrictions pourraient être annoncées prochainement concernant le karaoké.

Plus tôt cette semaine, la Colombie-Britannique, quant à elle, a ordonné la fermeture des boîtes de nuit et des salles de réception.

Décision extrêmement décevante

Le président de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBT), Renaud Poulin, affirme s'être entretenu avec la santé publique à ce sujet jeudi matin. La décision du gouvernement lui a alors été annoncée.

Mais, ils ne nous ont pas consultés. C'était déjà décidé. Nous, on a proposé des solutions, mais ça n'a pas été entendu, déplore M. Poulin.

Renaud Poulin porte un veston beige et une chemise à carreaux, il parle devant un micro, il est dehors devant une terrasse d'un restaurant.

Renaud Poulin, de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec

Photo : Radio-Canada

Il précise que certains bars de Montréal en font leur activée principale. C'est à eux que ça fera le plus mal. Renaud Poulin estime qu'entre 550 et 600 établissements au Québec proposent des soirées karaoké.

Et la décision, ça ne touche pas que les bars, les salles de réception aussi. Ce sera interdit partout, croit-il.

Le président de la CPBBT ajoute que le gouvernement n'a pas précisément parlé de l'éclosion dans un bar de Québec pour expliquer sa décision, mais a préféré rappeler qu'il s'agit d'une activité à risque.

Renaud Poulin soutient qu'il s'agit d'un autre dur coup pour son industrie, qui doit encaisser des pertes de revenus énormes en raison de la pandémie.

Le président de la Corporation mentionne également que le gouvernement imposera prochainement la tenue d'un registre des clients dans les bars.

De grands investissements

La réouverture des bars et restaurants cet été venait avec son lot de restrictions, comme l’interdiction de danser et de consommer de l’alcool ailleurs qu’à sa table attitrée.

Avec l'interdiction concernant le karaoké, certains tenanciers remettent en question les investissements effectués dans le but de mettre en place des mesures sanitaires rigoureuses.

Un espace pour faire du karaoké avec des plexiglas.

Les installations du Date Karaoke, à Montréal

Photo : Radio-Canada

On a fait notre maximum, on a mis des panneaux, on nettoie entre chaque prestation, tout en place pour qu’il n’y ait pas de contamination, affirme Danny Jobin, propriétaire du bar Date Karaoke.

Il dit avoir sorti de sa poche environ 15 000 $ pour instaurer ces mesures. Alors, je vais peut-être être obligé de fermer, mettre des employés à la porte? s'interroge-t-il.

Sans activité de karaoké, il ne sait pas si son commerce va survivre. Je trouve ça plate en tout cas.

Danny Jobin est aussi frustré de voir qu'un établissement de Québec cause une interdiction à l'ensemble de la province, même si le lien entre la décision du gouvernement et l'éclosion au Kirouac n'a pas été clairement établi.

Vendredi dernier, le Service de police de la Ville de Québec a indiqué que les enquêtes menées concernant le Bar le Kirouac n'ont mené à aucune arrestation. La police ajoute ne pas avoir remis de contravention.

La soirée de karaoké qui a causé de nombreux cas de COVID-19 a eu lieu le 23 août et l'éclosion a été déclarée 8 jours plus tard.

Le propriétaire du Bar le Kirouac n'a pas répondu à nos appels jeudi. Il compte rouvrir son établissement le 17 septembre.

Avec les informations de Martine Biron et Marie Isabelle Rochon

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