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L’École de médecine du Nord de l’Ontario fête ses 15 ans

Le campus de Sudbury de l'École de médecine du Nord de l'Ontario.

L'École de médecine du Nord de l'Ontario a un campus à l'Université Laurentienne, à Sudbury, ainsi qu'à l'Université Lakehead, à Thunder Bay.

Photo : CBC / Jenifer Norwell

L’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) célèbre ses 15 ans d’activités dimanche. L'institution, qui partage les campus de l'Université Laurentienne, à Sudbury et de l'Université Lakehead, à Thunder Bay, a été créée avec l’ambition de former des médecins en phase avec les besoins des communautés rurales, francophones et autochtones de la région.

Depuis, plus de 700 de ses étudiants aux programmes de premier cycle sont devenus médecins. De ce nombre, les deux tiers sont des femmes, 147 sont francophones et 47 s'identifient comme membre d'une Première Nation.

Danielle Barbeau-Rodrigue, directrice des affaires francophones à l’EMNO, est fière du travail accompli. Mais ce n’est pas une raison pour ralentir la cadence pour autant, selon elle.

Il y a un grand besoin encore, surtout dans les petites communautés rurales. On sait que malgré ce que l’EMNO essaie de faire, on a encore du travail à faire.

Une citation de :Danielle Barbeau-Rodrigue, directrice des affaires francophones à l’École de médecine du Nord de l'Ontario

Selon les chiffres de l’établissement, il manque encore 115 médecins de famille dans le Nord de l’Ontario. Le médecin généraliste rural, on en a encore besoin beaucoup.

Difficile aussi de quantifier le taux de rétention des finissants dans la région puisqu'il y a pleins de facteurs qui entre en jeu , soutient Mme Barbeau-Rodrigue.

Mais elle souligne que depuis 2008, 686 étudiants ont complété leur programme de résidence en médecine - les deux à quatre dernières années de spécialisation, qui sont obligatoires après le premier cycle - dans le Nord de l’Ontario.

Choisir le Nord

Chose certaine, les étudiants de l'EMNO sont confrontés aux particularités du Nord de l'Ontario tout au long de leur parcours. Doniya Quenneville, qui a d'abord pratiqué comme infirmière, en fait partie.

Native d’Elliot Lake, francophone, Iranienne et Métis, elle a été attirée par le mandat de responsabilité sociale de l’école, qui veut offrir un enseignement représentatif de la diversité sociale et culturelle de la région qu'elle dessert.

C’était la seule école de médecine à laquelle je voulais étudier. Je voulais revenir dans le Nord, et je voulais avoir la meilleure forme d’éducation pour servir les gens de la région.

Une citation de :Doniya Quenneville, étudiante à l'École de médecine du Nord de l'Ontario
Doniya Quenneville.

Doniya Quenneville était infirmière avant d'étudier la médecine.

Photo : Soumise par Doniya Quenneville

À sa première année, elle a fait son stage d’un mois à King Fisher, une réserve au Nord de Thunder Bay. À sa deuxième année, elle s’est plutôt rendue à Kirkland Lake et à Smooth Rock Falls. Et maintenant, Mme Quenneville met le cap sur Temiskaming Shores, où elle passera les huit prochains mois.

J’ai vraiment acquis des façons de comprendre des besoins uniques de différentes régions du Nord de l’Ontario, dit-elle. Au fil de ces expériences, l’étudiante dit avoir également eu l’occasion d’en apprendre un peu plus par rapport à [son] héritage autochtone et ainsi qu'apprendre aux côtés de professeurs cliniciens francophones.

Au total, environ 1800 médecins et professionnels de la santé gravitent dans le corps professoral de l'EMNO. Ils sont répartis dans une centaine de communautés du Nord de l'Ontario.

L'hôpital est partenaire d’hôpitaux de grande taille, comme l'hôpital Horizon Santé-Nord et le Centre de santé régional de Thunder Bay, mais aussi de petits centres de santé régionaux et de Premières Nations.

Mme Quenneville apprécie également la diversité au sein de sa cohorte de 64 étudiants. Il y a un ingénieur, quelqu’un qui a fait son baccalauréat en études autochtones… Ça donne vraiment des perspectives diverses.

L'Anishinabek Nation appuie l’EMNO

Du côté de la Nation Anishinabek, le chef du Grand Conseil Glen Hare n’a qu’une phrase : NOSMis awesome, ou en français : L’EMNO, c'est génial. Il explique se sentir inclus dans le projet de l’institution.

Le grand chef apprécie notamment le fait que la rectrice de l’établissement, Sarita Verma, l’eût invité à partager un repas l’automne passé afin de discuter et de partager ses expériences. Elle comprend notre réalité, et elle souhaite réellement entrer en contact avec plein de gens de la région, dit-il.

Les enjeux de racisme sont aussi très importants pour [la rectrice Sarita Verma]. Le racisme existe ici. Mais si on peut avoir des leaders comme elle et agir là-dessus, agissons. Car ça ne va pas disparaître tout seul.

Une citation de :Glen Hare, grand chef de la Nation Anishinabek
Le grand chef de la Nation Anishinabek, Glen Hare.

Le grand chef de la Nation Anishinabek, Glen Hare.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Il soutient que les jeunes issus des Premières Nations souhaitent faire partie du projet ontarien. Nos jeunes aussi veulent mettre la province sur la carte. [...] On doit tous travailler ensemble et ne laisser personne derrière , dit-il.

Le grand chef Glen Hare, dont les garçons sont ingénieurs, explique qu’il n’avait pas le genre d’opportunité qu’offre l’EMNO quand il était jeune. J’ai quitté l’école. Mais maintenant, il y a des ressources pour nos jeunes. Encourageons-les. L’EMNO est là, et veut aider.

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