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Un circuit cérébral endommagé par l’isolement social pendant l’enfance

Une étude menée sur des souris montre également qu’il existe des traitements potentiels.

La pandémie augmente les risques d'isolement social des jeunes.

La pandémie augmente les risques d'isolement social des jeunes.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Des sous-populations particulières de cellules cérébrales situées dans le cortex préfrontal des souris ont été liées à l’isolement social juvénile. Explications.


La solitude représente une menace sérieuse pour la santé mentale. Si le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus connecté grâce entre autres aux réseaux sociaux, les jeunes peuvent quand même ressentir un sentiment d’isolement. C’est particulièrement le cas dans un contexte de pandémie.

Des études ont déjà montré que l’isolement social vécu par les enfants réduisait la sociabilité à l’âge adulte, mais les circuits cérébraux qui y sont associés demeuraient mal compris.

Isoler la source

Une équipe américaine de scientifiques associés à l’École de médecine Icahn de l’hôpital Mount Sinaï de New York a constaté que, chez les souris mâles, deux semaines d’isolement social immédiatement après le sevrage entraînent une réduction de l'excitabilité de certains neurones du cortex préfrontal pendant l’exposition sociale à l’âge adulte.

Ces neurones régulent le comportement social et sont nécessaires à une sociabilité normale à l’âge adulte.

Le rôle de ces cellules, les neurones du cortex préfrontal médian, n’était pas connu dans la socialisation. Ces neurones se projettent vers le thalamus paraventriculaire, la zone du cerveau qui relaie les signaux aux différents composants du circuit de récompense.

Cette incapacité était suffisante, toujours chez les rongeurs, pour induire des déficits de sociabilité sans toutefois affecter les comportements liés à l’anxiété ou à l’alimentation.

Si cette découverte se confirme chez l’humain, elle pourrait mener à des traitements pour des troubles psychiatriques associés à l’isolement.

Renverser la tendance

Les chercheurs ont ensuite voulu savoir si cette baisse d’excitabilité des neurones pouvait être inversée. Pour le déterminer, ils ont eu recours à deux techniques pour stimuler les neurones :

  • l’optogénétique, qui permet de stimuler des neurones particuliers à l’aide d’impulsions lumineuses;
  • la chimiogénétique, qui permet un contrôle chimique non invasif de certaines populations de cellules à l’aide de médicaments.

Ces deux techniques ont permis d’augmenter rapidement l’interaction sociale chez les souris.

En plus d’identifier ce circuit spécifique dans le cortex préfrontal particulièrement vulnérable à l’isolement social pendant l’enfance, nous avons également montré que ce circuit est une cible prometteuse pour les traitements des déficits de comportement social, expliquent les chercheurs dans un communiqué et dont le détail des travaux est l’objet d’un article publié dans la revue Nature Neuroscience (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Nous avons vérifié la présence de déficits de comportement social juste avant la stimulation et lorsque nous avons vérifié le comportement pendant la stimulation, nous avons constaté que les déficits de comportement social étaient inversés.

Hirofumi Morishita, psychiatre

En outre, les présents travaux pourraient représenter de nouvelles cibles thérapeutiques pour les déficits sociaux communs à de nombreux troubles neuro-développementaux et psychiatriques, tels que l’autisme et la schizophrénie.

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