•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Elle mène la relance économique à Terre-Neuve, les leaders syndicaux sont inquiets

Le gouvernement provincial a nommé Moya Greene à la tête d’un panel chargé de planifier la relance économique. Mais certains se préoccupent de son penchant pour la privatisation et la centralisation.

Moya Greene.

Moya Greene, qui a dirigé les services postaux du Royaume-Uni et du Canada, mène actuellement la relance économique à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : CBC

Avant même de former son équipe, Moya Greene, femme d'affaires qui assume la lourde tâche de planifier le redémarrage de l’économie terre-neuvienne, essuie des critiques.

L’ancienne présidente-directrice générale des services postaux canadien et britannique, qui se penche sur la relance économique depuis à peine une semaine, se trouve dans la ligne de mire des syndicats méfiants de son bilan à la tête des grandes sociétés.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, donne carte blanche à sa recrue. Tout est sur la table, a-t-il dit en point de presse la semaine dernière.

Au micro de Radio-Canada, Moya Greene, qui réside à Londres et ne sera pas rémunérée pour son travail, estime qu’un plan de restructuration pour garder la province à flot sera nécessaire. Rien ne peut être épargné de son analyse, affirme-t-elle.

L’heure est grave pour Terre-Neuve-et-Labrador. La dette nette de la province s’élève à 32 000 $ par habitant, ce qui est de loin le pire bilan du genre au pays. Les revenus pétroliers prévus ont déjà chuté de 500 millions de dollars cette année. La fonction publique de la province est la plus importante au Canada par rapport à sa population.

[M. Furey] a dit que toutes les choses sont sur la table. Si ce sont des choses importantes, si ça fait partie du changement nécessaire pour mettre la situation financière de la province sur une plateforme plus stable, c’est sur la table.

Moya Greene

Une nomination qui ne fait pas l'unanimité

Ces propos font frémir les syndicats déjà inquiets de sa nomination pour redresser les finances provinciales.

Sous la gouverne de Mme Greene, le service postal britannique a été privatisé. Alors qu’elle était vice-présidente responsable de l'efficacité chez Bombardier, la compagnie d’ingénierie a fermé 7 usines et aboli 8000 postes en Europe. Plus tôt dans sa carrière, lorsqu’elle était haute fonctionnaire au gouvernement fédéral, elle a joué un rôle crucial dans la déréglementation des compagnies aériennes et des ports, ainsi que dans la privatisation du Canadien National.

Je me préoccupe du message que le gouvernement semble transmettre. Il nomme quelqu’un à ce poste qui, si on se fie à son bilan, est en faveur de la privatisation, au détriment des travailleurs et des services publics, déclare Mary Shortall, présidente de la Fédération des travailleurs de Terre-Neuve-et-Labrador, qui compte quelque 70 000 membres.

Elle a toujours eu cette orientation, ajoute Denis Lemelin, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes de 2008 à 2015 et qui a souvent croisé le fer avec Mme Greene lors de son passage chez Postes Canada.

C'est quelqu'un qui avait des idées, comme on dit, de privatisation, de centralisation des opérations postales bien en tête.

Denis Lemelin, ancien président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes

Elle a ce bagage-là, elle a cette orientation-là, poursuit M. Lemelin. Elle devient conseillère pour le premier ministre de Terre-Neuve et sera probablement appelée à mettre en place des plans de rationalisation au niveau de la fonction publique provinciale [...] Comme on dit, ça allume des lumières rouges, nécessairement.

Pas d'avis idéologique

Moya Greene soutient pourtant qu’elle n’a pas d’avis idéologique en ce qui concerne à qui appartiennent les actifs d'une société.

Pour moi, une société peut être un succès si on est une société de la Couronne ou si on est une société dans le secteur privé, affirme-t-elle. Ce n'est pas la question d’à qui appartient les actifs qui est la plus importante. Ce qui m’intéresse, c’est le fonctionnement d'une société et si la société est capable de générer un revenu suffisant.

J’ai toujours eu de bonnes relations avec les syndicaux, soit en Europe, soit au Royaume-Uni, assure Mme Greene. Je voudrais bien avoir de bonnes relations avec les syndicats à Terre-Neuve.

Mme Greene rassemble à l'heure actuelle une équipe avec l’expertise et de l'expérience en plusieurs secteurs pour formuler le plan provincial de relance. Mary Shortall soutient que l'exclusion des représentants syndicaux de ce processus serait une décision inacceptable.

Si nous ne pouvons pas être à table, si le gouvernement décide que c’est la démarche à suivre, ce sera l'heure des manifestations.

Mary Shortall, présidente de la Fédération des travailleurs de Terre-Neuve-et-Labrador

Un plan d'ici sept ou huit mois

Moya Greene promet d'avoir les grandes lignes d’un plan de restructuration d’ici sept ou huit mois.

La mise en oeuvre du plan, cela peut prendre plus longtemps, mais les grandes lignes des plans de restructuration, si on est vraiment dans une situation d'urgence, c'est possible, affirme-t-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !