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En Caroline du Nord, la migration interne menace l'avance républicaine

En 2016, Donald Trump a remporté cet État du Sud. L’arrivée d’électeurs venus d’États démocrates pourrait-elle changer la donne cette année?

Des clients sur une terrasse de Raleigh, en Caroline du Nord.

En Caroline du Nord, 44 % des résidents sont nés à l'extérieur de l'État.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

La réputation de Cary, en banlieue de Raleigh, n’est plus à faire : la petite ville est connue pour être un véritable repaire d’expatriés venus de la région de New York. Tellement que dans la région, la ville de 120 000 habitants a le surnom de Containment Area for Relocated Yankees, zone de confinement pour ex-New-Yorkais.

Vous perdez moins de temps en transport, vous avez plus d’espace, de bons quartiers et de bonnes écoles, explique Sarah O’Grady, ancienne résidente de Manhattan, qui a choisi avec sa famille de s’établir à Cary, il y a huit ans. 

Sarah O'Grady, résidente de la région de Raleigh.

Sarah O'Grady a quitté New York pour la région de Raleigh il y a huit ans et ne regrette pas son choix.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

La météo est meilleure et le coût de la vie est plus attrayant, soutient de son côté Joel Heumann, qui a quitté New York au moment de la retraite pour se rapprocher de l’une de ses filles installée dans cet État du Sud. 

Avec ses universités, ses entreprises technologiques et ses laboratoires, la grande région de Raleigh agit comme un aimant. En fait, en Caroline du Nord, 44 % des résidents sont nés à l’extérieur de l’État.

Il y a un afflux de gens de partout au pays dans notre région. Par exemple chaque jour en moyenne on a 42 personnes qui viennent s’installer.

Codjo Coussou, agent immobilier

Selon l’institut Carolina Demography, avec une augmentation de 20,5 % de sa population entre 2010 et 2018, Raleigh est la troisième région métropolitaine au pays en termes de croissance démographique.

Un chantier au centre-ville de Raleigh.

Les chantiers sont très nombreux dans la région de Raleigh.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

À l’échelle nationale, la Caroline du Nord fait partie d’un groupe d’États du Sud et de l’Ouest, comme la Floride, la Georgie, le Texas et l’Arizona, qui ont connu d’importants gains migratoires au cours de la dernière décennie.

Pendant la même période des États traditionnellement démocrates comme New York, le New Jersey, la Californie et l’Illinois ont perdu des habitants au profit de la migration domestique.

Les conséquences politiques de changements démographiques

Les gens qui viennent du Nord ont tendance à être plus libéraux et démocrates que les électeurs de l’État ou ils s’installent, explique la professeure de sciences politiques à l’Université Duke, Sunshine Hillygus.

La politologue estime que l’arrivée de nouveaux électeurs contribue au resserrement des marges électorales dans certains territoires du Sud qui n’étaient pas considérés comme des États clés il y a une vingtaine d’années, mais où la lutte semble aujourd’hui compétitive.

Il y a plusieurs facteurs qui entrent en considération. Il faut être prudent et ne pas tout attribuer aux gens qui viennent s’installer ici, bien qu’ils jouent un grand rôle dans les changements politiques du Sud.

Sunshine Hillygus 
Une affiche de la campagne Trump dans un secteur rural près de Raleigh, en Caroline du Nord.

Le président Trump dispose toujours de bons appuis en Caroline du Nord, État qu'il a remporté en 2016.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Au niveau présidentiel, la Caroline du Nord appuie les candidats républicains depuis 40 ans, sauf une brève exception en 2008, où Barack Obama avait gagné de justesse.

En 2016, Donald Trump l’a emporté avec un peu moins de 4 % des voix. Quatre ans plus tard dans cet État, où le tiers de la population vit dans des zones rurales, le président a toujours de bons appuis.

Ce sera très important pour le président de gagner notre État, question d’assurer sa réélection. Et il le fera, assure, confiante, la militante républicaine Zan Bunn.

Mais elle reconnaît que l’afflux d'électeurs venus d’ailleurs au pays complique la tâche de son parti. C’est plus difficile de dissuader les gens de voter en fonction des tendances politiques d'où ils viennent.

La militante républicaine Zan Bunn.

La militante républicaine Zan Bunn tente de convaincre les démocrates fraîchement installés dans son État d'appuyer son parti.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Beaucoup de gens fuient les impôts élevés et les régulations gouvernementales pour venir dans un endroit favorable aux entreprises et aux individus. Je blague avec eux et leur dis : "n’apportez pas ce que vous avez laissé derrière".

Zan Bunn, militante républicaine

Dans un État où les sondages dressent le portrait d’une des courses les plus serrées au pays, l’ex-New-Yorkaise et électrice démocrate Sarah O’Grady tient au contraire à appuyer son parti.

Mon vote ne vaut pas grand-chose à New York, mais en Caroline du Nord il a un poids. Je pense que c’est motivant pour les gens, explique-t-elle.

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