•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Immigrants et réfugiés représentent près de la moitié des cas de COVID-19 en Ontario

Une femme qui porte un masque consulte son téléphone.

De nombreuses femmes immigrées et réfugiées travaillent dans les soins de santé et sont particulièrement touchées par les COVID-19. Par exemple, plus de trois quarts des Nigérianes infectées en Ontario sont des travailleuses de la santé, selon l'étude.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La Presse canadienne

Un nouveau rapport révèle que les immigrants, les réfugiés et les autres nouveaux arrivants représentaient près de 44 % des cas de COVID-19 en Ontario, au cours du premier semestre de l'année.

Cette proportion est d’autant plus révélatrice que les taux globaux de dépistage ont été plus faibles pour ces groupes et que ceux-ci ne représentent qu'un quart de la population.

L'institut de recherche à but non lucratif ICES a examiné les données provinciales sur la santé recueillies entre le 15 janvier et le 13 juin 2020.

Emplois précaires, salaires bas et isolement difficile

Les immigrants et les réfugiés qui travaillent dans les soins de santé, en particulier les femmes, représentent un nombre disproportionné de cas.

L'auteure principale du rapport, la Dre Astrid Guttmann, note que de nombreux immigrants et réfugiés se heurtent à des inégalités systémiques, notamment des salaires inférieurs et des emplois précaires qui peuvent ne pas offrir de congé de maladie.

Elle ajoute que beaucoup font également face à des barrières linguistiques et sont plus susceptibles de vivre dans des ménages surpeuplés et multigénérationnels, ce qui rend plus difficile l'isolement lorsque des cas surviennent.

Nous savons qu'il y a des taux plus élevés de COVID dans les quartiers à faible revenu, mais en fait, en y regardant de plus près, nous avons montré qu’il s’agit beaucoup plus d’un problème pour les immigrants et les réfugiés, dit la Dre Guttmann.

Donc, quand vous regardez comment les taux de cas augmentent selon le revenu du quartier, il y a une proportion beaucoup, beaucoup plus prononcée pour les immigrants et les réfugiés que pour (ceux) nés au Canada.

Les femmes immigrées et réfugiées surexposées dans les métiers de la santé

Les données mettent également en lumière le grand nombre de femmes immigrantes et réfugiées qui travaillent dans les soins de santé – une catégorie d'emploi qui comporte elle-même un plus grand risque d'exposition au coronavirus.

Lorsque nous examinons les femmes adultes positives à la COVID, un peu plus d’un tiers d’entre elles sont des travailleuses de la santé, mais près de la moitié d’entre elles sont des immigrées et des réfugiées et elles viennent de quelques pays distincts : les Philippines, la Jamaïque, le Nigéria, l’Inde , déclare l’auteure de l’étude.

Canada's chief public health officer now says that wearing a non-medical mask can help stop the spread of COVID-19 as well as reduce the shortage of PPE for frontline workers. Photo taken April 6, 2020.

Une préposée aux bénéficiaires aide au transfert d'un résident à l'extérieur d'un centre de soins de longue durée de Toronto, au printemps dernier.

Photo : Evan Tsuyoshi Mitsui

Sur toutes les femmes nigérianes déclarées positives, 76 % faisaient partie du personnel de la santé.

Ce taux s’élève à, 64 % parmi les femmes jamaïcaines déclarées positives, 53 % chez les Philippines et 38 % des femmes indiennes.

Astrid Guttmann ajoute qu'il n'est pas clair si les travailleurs de la santé immigrés sont plus susceptibles que les travailleurs de la santé non immigrés de contracter le COVID-19.

Taux de positivité 3 fois plus élevé chez les réfugiés que chez les personnes nées au Canada

Bien que les résultats ne concernent que l'Ontario, elle soupçonne que la dynamique est probablement assez similaire à l'échelle nationale, bien que la pandémie n'ait pas frappé certaines régions du Canada aussi durement que d'autres.

Cela est vraiment très lié aux immigrants et à certains des travaux qu'ils accomplissent et à certains des risques associés à ces professions.

Parmi ceux qui ont été testés, les réfugiés avaient le pourcentage le plus élevé de positivité à 10,4 % contre 7,6 % chez les autres immigrants, tandis que le taux était de 2,9 % chez les résidents de longue date et les personnes nées au Canada.

Les immigrants et les réfugiés d'Afrique centrale, occidentale et orientale, d'Amérique du Sud, des Caraïbes, d'Asie du Sud-Est et d'Asie du Sud avaient les taux de positivité les plus élevés parmi toutes les régions du monde.

Des solutions proposées

Pour Astrid Guttmann, les résultats soulignent la nécessité de rendre les tests COVID-19 plus faciles à obtenir pour les nouveaux arrivants, suggérant des unités de dépistage mobiles qui peuvent cibler les communautés à risque.

Elle suggère également une aide financière pour les personnes qui ne peuvent pas se mettre en quarantaine en toute sécurité chez elles ou qui sont sans abri, et des suppléments de revenu pour ceux qui n'ont pas de congé de maladie de leur employeur.

L'étude, publiée mercredi, exclut les résidents des établissements de soins de longue durée et les personnes qui ne sont pas admissibles à une couverture de santé provinciale, tels que les demandeurs d'asile en attente d'audience en vue d’obtenir le statut de réfugié.

Les résultats des tests provinciaux de COVID-19 ont été liés aux données d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada portant sur les personnes qui sont arrivées en Ontario de 1985 à 2017.

ICES est un institut de recherche à but non lucratif de Toronto qui étudie les informations sur la santé de la population afin de mieux comprendre un large éventail de problèmes de santé.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !