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Quels impacts aura la COVID-19 sur l’avenir d’Ottawa et de Gatineau?

Voici les faits saillants de l’entrevue spéciale menée avec les maires d’Ottawa et de Gatineau dans le cadre du Téléjournal avec Mathieu Nadon.

Un soleil se lève au-dessus du pont Alexandra et de la colline du parlement à Ottawa.

Le coronavirus aura des impacts sur les grands projets des villes d'Ottawa et de Gatineau (archives).

Photo : Radio-Canada / Marilou Lamontagne

Transport en commun, économie, revitalisation des centres-villes, déplacements interprovinciaux… Voici comment les maires Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin entrevoient l’avenir de la région de la capitale et ses grands projets à l’heure de la pandémie.

Prudence avec la restriction des déplacements interprovinciaux

Des policiers du Service de police de Gatineau qui font un barrage à la sortie du pont Alexandra.

Les contrôles des déplacements entre Ottawa et Gatineau ont eu lieu pendant plusieurs semaines (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le gouvernement du Québec a révélé mardi que l’Outaouais était l’une des quatre régions où la propagation de la COVID-19 est préoccupante en vertu de son nouveau système d’alertes régionales.

Cette nouvelle a rapidement ramené le spectre des contrôles policiers sur les ponts qui enjambent la rivière des Outaouais. Je pense qu’il ne faut pas l’exclure, a confié le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, avant d’ajouter que la région ne peut être isolée en bulle comme les autres régions ou comme les élèves dans une école.

J’espère qu’on ne retournera pas là, parce que ça cause des inconvénients considérables aux gens.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Son homologue d’Ottawa, Jim Watson, est plus catégorique lorsqu’interrogé sur la possibilité que des policiers ontariens surveillent les déplacements.

Je respecte la décision du Québec et de la Ville de Gatineau, mais je n’appuie pas cette stratégie.

Jim Watson, maire d’Ottawa.

M. Watson a par ailleurs noté que le premier ministre Ford n’a pas l’intention d’imiter l’initiative lancée par le gouvernement du Québec au printemps.

Maxime Pedneaud-Jobin répond aux questions d'un animateur devant le Musée de l'Histoire à Gatineau.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau, croit que le gouvernement du Québec devra mieux communiquer avec tout le monde s'il a l'intention de rétablir les contrôles entre Ottawa et Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Pour M. Pedneaud-Jobin, une chose est claire : il faut que la sécurité publique revoie la manière dont elle annoncerait un éventuel resserrement des déplacements.

Par respect pour les deux côtés de la rivière, s’il y a une décision, il faut qu’il y ait des communications qui se fassent et pas juste entre les corps de police.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Quel avenir pour les centres-villes?

Une rue vide du centre-ville de Gatineau.

Le centre-ville de Gatineau a des airs de ville fantôme sans ses fonctionnaires qui sont pour la plupart en télétravail (archives).

Photo : Radio-Canada

Impossible de parler de la COVID-19 sans parler de télétravail et la désertion des centres-villes. L’enjeu est particulièrement probant à Ottawa et à Gatineau, ont concédé MM. Watson et Pedneaud-Jobin, où l’absence des fonctionnaires fédéraux donne par moment aux cœurs urbains de la région des allures de villes fantômes.

La sécurité est la priorité numéro un pour nous autres, mais certainement, dans l’avenir, c’est nécessaire pour nous d’attirer des fonctionnaires et d’autres membres de la communauté qui travaillent au centre-ville.

Jim Watson, maire d’Ottawa
Jim Watson portant un masque dans l'hôtel de ville d'Ottawa.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Maxime Pedneaud-Jobin estime lui aussi que le retour des travailleurs au centre-ville est une pièce maîtresse de la relance, mais il croit qu’il faut aussi élargir les objectifs pour revitaliser le secteur du Vieux-Hull.

Il faut amener des clients de façon massive. Il faut attirer des familles au centre-ville. Le plus grand défi, c’est de favoriser le transport en commun. Le centre-ville est extrêmement accessible en transport en commun.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Maintenir le cap pour les projets de transport en commun

Le train circule sur un des deux côtés de la voie routière.

Une esquisse représentant un train circulant le long du chemin d'Aylmer, à Gatineau (archives).

Photo : Société de transport de l'Outaouais

Pour certains, la pandémie et ses effets sur les déplacements des travailleurs ont remis en question la nécessité d’investir massivement dans de grands projets de transport en commun, comme le tramway dans l’ouest de Gatineau.

Le maire Pedneaud-Jobin n’entend toutefois pas changer ses intentions quant à cette colossale initiative.

À long terme, c’est sûr qu’un projet comme celui-là demeure essentiel dans une région métropolitaine comme la nôtre.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Ce que la crise fait, c’est ce que ça nous fait gagner un peu de temps, a-t-il ajouté. Avec le télétravail, ça va être un peu mieux dans les autobus et avec la circulation, ça va être un peu mieux. À terme, on va rester une région où ce tramway-là va unir les deux centres-villes.

Même son de cloche du côté d’Ottawa, où les travaux entourant la phase 2 du train léger battent leur plein.

Une carte du futur réseau de train léger sur rail d'Ottawa. On peut y voir une liste des stations, allant de la station Moodie, dans l'ouest de la ville, à la station Trim, dans l'est, tout en passant par la station Bowesville, dans le sud. Un lien vers l'aéroport international d'Ottawa est également visible.

L’étape 2 de la construction du train léger sur rail d'Ottawa prévoit des ouvertures échelonnées dans le temps (archives).

Photo : Ville d'Ottawa

On va continuer, parce qu’on va voir la fin de cette crise de la COVID-19 et c’est important de prévoir l’avenir avec le tramway et le train léger.

Jim Watson, maire d’Ottawa

Abandonner l’idée d’un 6e pont

La structure du pont Alexandra

Le pont Alexandra arrive à la fin de sa vie utile, ce qui justifie la construction d'un nouveau lien, croit le député Steven MacKinnon (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Impossible de parler de transport à Ottawa et à Gatineau sans aborder la question d’un éventuel sixième point. Le gouvernement fédéral avait abordé la question dans son budget 2019, et le député libéral de Gatineau, Steven MacKinnon, a réitéré qu’un nouveau lien qui enjambe la rivière des Outaouais est urgent.

Ni Jim Watson ni Maxime Pedneaud-Jobin ne se gêne pour critiquer le projet, faisant valoir qu’à terme, la congestion ne sera que pire entre leurs deux villes.

Quand il y a de la place pour les autos, les autos occupent la place. Si on construit un pont, au lieu d’être stationné sur l’A-50, on va être stationné sur le pont. Pour moi, il n’y a pas de gains.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau
Maxime Pedneaud-Jobin et Jim Watson sont en conversation devant le pont Prince-de-Galles.

Les maires de Gatineau et d'Ottawa ne veulent pas d'un nouveau pont, comme le souhaite le gouvernement fédéral (archives).

Photo : Radio-Canada / Nathalie Tremblay

Je pense que si le gouvernement avait un milliard de dollars, qu’il utilise cet argent pour le transport en commun entre Gatineau et Ottawa.

Jim Watson, maire d’Ottawa

Pas de nouvelle augmentation de taxes pour le moment

Le nouveau coronavirus aura certainement mis à rude épreuve les coffres d’Ottawa et de Gatineau, mais aucun des deux maires n’entend augmenter les taxes des citoyens ni sabrer les services à la population.

En période de crise, augmenter les taxes, ce n’est pas une bonne idée et couper les services, ce n’est pas une bonne idée non plus.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Le maire Pedneaud-Jobin a également souligné que Gatineau a une capacité d’endettement assez grande […] si on se compare à d’autres villes. Il a cependant indiqué avoir reçu des signaux encourageants de la part des autres ordres de gouvernement pour obtenir de l’aide additionnelle.

M. Watson n’entend pas non plus dépasser la limite de 3 % d’augmentation par année qu’il a fixée il y a deux ans. La Ville d’Ottawa commence cependant à regarder où elle pourrait potentiellement faire quelques compressions sans mettre la hache dans les services essentiels.

Est-ce qu’il y a des duplications? Certainement, on étudie ça. Pour le moment, nous sommes juste au commencement du processus pour le budget.

Jim Watson, maire d’Ottawa.

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