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L'Ontario et le Québec font front commun pour relancer leur économie

Les deux premiers ministres s'adressent aux journalistes.

Le premier ministre du Québec, François Legault (gauche) et son homologue ontarien, Doug Ford, font front commun pour réclamer une hausse des transferts fédéraux en santé.

Photo : The Canadian Press / Chris Young

Au terme d'un sommet de deux jours à Mississauga, les premiers ministres de l’Ontario et du Québec, Doug Ford et François Legault, intensifient leur collaboration pour relancer leur économie respective et exiger une hausse des transferts fédéraux en santé.

Lors de la clôture de ce sommet qualifié d'historique par Doug Ford, les deux premiers ministres ont déclaré qu'en unissant leurs forces démographiques et économiques, l'Ontario et le Québec seront dans une position de force pour relancer leur économie, renforcer leur réponse à la pandémie et affronter les obstacles au commerce international, notamment ceux qu’impose actuellement l’administration américaine.

Ce virus a coûté cher à nos sociétés, nous ne sommes pas sortis du bois, mais grâce à ce sommet, nous constatons qu'on n'est pas seuls. [...] Quand nos deux provinces puissantes travaillent main dans la main, rien ne peut nous arrêter.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

On a discuté de la crise sanitaire. Protéger les Ontariens et les Québécois, ça demeure la priorité numéro un, a pour sa part déclaré François Legault. La première condition de la relance économique c'est justement d'empêcher que la pandémie reparte et qu'on soit obligés de confiner.

Regroupant plus de 23 millions d’habitants, l’Ontario et le Québec forment le plus important espace économique au Canada. Ensemble, les deux provinces produisent 58,3 % du PIB canadien et 53,8 % des exportations entre les provinces et les territoires.

Transferts en santé

Doug Ford et François Legault comptent également sur le poids de leur alliance au sein de la fédération pour réclamer une augmentation des transferts fédéraux en santé afin de permettre aux provinces de faire face à la nouvelle réalité qu'impose la COVID-19 et aussi au défi que représente le vieillissement de la population.

Les dépenses de santé augmentent de 5 % à 6 % par année alors que les autres dépenses et les revenus augmentent de 3 %. Nous on pense qu’avec ce problème structurel le fédéral doit contribuer davantage.

François Legault, premier ministre du Québec

Quand on additionne les coûts de santé de toutes les provinces, on est autour de 200 milliards de dollars de dépenses. Et la part du fédéral qui vient dans les transferts en santé c’est 42 milliards, donc 21 %, ce qui n’est pas assez, plaide François Legault, compte tenu des impôts que les contribuables paient chaque année au gouvernement fédéral.

Les premiers ministres François Legault et Doug Ford sont entourés de leurs ministres lors de la conférence de presse.

Plusieurs ministres ontariens et québécois ont aussi pris part aux travaux du sommet qui se déroulait mardi et mercredi à Mississauga, en Ontario.

Photo : The Canadian Press / Chris Young

M. Trudeau doit reconnaître que la santé est une grande priorité pour les Canadiens et qu’on ne peut pas continuer à partager la facture à 20 % [pour le fédéral] et 80 % pour les provinces.

François Legault, premier ministre du Québec

Les premiers ministres ontarien et québécois demandent du même souffle à Ottawa une contribution qui soit récurrente en santé (c'est-à-dire renouvelée chaque année) et surtout sans conditions sur la façon de dépenser cet argent.

Infrastructures

L’Ontario et le Québec demandent également au gouvernement Trudeau d’assouplir ses critères pour l’obtention des fonds fédéraux pour les infrastructures. Entre autres le critère d’achalandage en transport en commun qui nous empêche de pouvoir investir à la grandeur de la province. […] C’est important qu’on nous transfère ces fonds-là en bloc avec le moins de conditions possible, a expliqué en matinée la présidente du Conseil du Trésor québécois, Sonia LeBel.

Ce qu’on veut, nous, ce sont des argents supplémentaires dans l’entente bilatérale intégrée qui nous permet d’avoir un transfert en bloc parce qu’on sait que l’Ontario a des infrastructures différentes, que le Québec a des infrastructures différentes où on veut investir, que ce soit [dans] les écoles, les routes, les hôpitaux…, a poursuivi Mme LeBel.

Relance du secteur manufacturier

En matinée mercredi, les deux premiers ministres ont aussi discuté de la relance du secteur manufacturier et de la façon de concilier leur politique respective d’achat local sans nuire à leurs échanges économiques.

Les représentants des deux provinces les plus durement touchées au pays par la pandémie ont également étudié la possibilité d’assouplir la réglementation afin de faciliter la circulation des marchandises et les échanges entre les deux provinces. Certains secteurs ont été ciblés.

Il y a des secteurs comme l’aérospatiale ou l’électrification des transports, des minerais aux batteries, où les deux provinces ont un intérêt. Alors on s’est mis d’accord pour créer une force commune pour avoir des projets conjoints qu’on va développer, a expliqué le ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

D’un accord commun, les premiers ministres québécois et ontarien ont décidé de mettre de côté lors de ce sommet les questions plus épineuses, notamment sur la péréquation ou encore l’hydro-électricité.

Les ministres de la Santé, des Finances et de l'Infrastructure des deux provinces participaient également aux travaux du sommet qui s’est amorcé mardi soir.

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