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Le projet Laurentia détruirait le site de reproduction du bar rayé à Beauport

Quelqu'un tient un bar rayé dans ses mains.

Un bar rayé

Photo : Radio-Canada

L'avis de Pêches et Océans Canada dans l'évaluation environnementale du projet de terminal de conteneurs Laurentia est sans équivoque : le projet, dans sa forme actuelle, risque de détruire complètement le site de reproduction du bar rayé à Beauport, un poisson dont la population a été maintes fois en péril.

Dans le rapport, on peut notamment lire que la totalité des zones de remblai et de dragage du projet Laurentia fait partie de la zone d’utilisation intensive de reproduction du bar rayé observée au site.

Le projet détruirait en totalité la zone de plus forte utilisation pour la reproduction du site de Beauport

Une citation de :Extrait de l'avis final de Pêches et Océans Canada pour l’évaluation environnementale du projet Laurentia – Quai en eau profonde dans le port de Québec – Secteur de Beauport

Par ailleurs, le ministère croit que le projet modifiera de façon importante le mouvement des courants. Il est certain que ces changements hydrauliques ajouteraient des incertitudes et des risques pouvant s’additionner à la destruction de la zone de plus forte utilisation pour la reproduction du bar rayé.

L’avis du ministère en est un parmi d’autres qui vise à évaluer les impacts environnementaux du projet du Port de Québec. Il reviendra à l’Agence d’évaluation d’impact du Canada de rendre une décision en octobre sur la viabilité du projet.

Interprétation discutable

Les auteurs de l'avis pointent également du doigt la qualité de l'information sur laquelle se base l'étude environnementale du promoteur au sujet des espèces en danger.

Les imprécisions du promoteur concernant l’identification des fonctions d’habitat du poisson relevées au site de Beauport sont de nature à pouvoir biaiser l’analyse environnementale en cours, peut-on lire.

L’analyse des effets du projet sur la composante poisson et son habitat doit reposer sur une identification complète des fonctions d’habitat du poisson, indique le ministère.

Des bars rayés.

Des bars rayés

Photo : iStock

Ces imprécisions, selon Pêches et Océans Canada, viseraient également d'autres espèces, comme l’esturgeon jaune et noir et l’alose savoureuse, notamment.

Compensations insuffisantes

Pêches et Océans Canada considère également que le Port de Québec offre des compensations insuffisantes pour pallier la perte d’habitat du bar rayé advenant la réalisation du projet dans sa forme actuelle.

Le projet Laurentia causerait d’importantes pertes d’habitat pour plusieurs espèces, dont le bar rayé, les esturgeons jaune et noir et l’alose savoureuse. Le programme de compensation proposé par le promoteur ne permettrait pas de compenser adéquatement plusieurs habitats perdus considérant leur rareté, leur complexité, leur grande valeur, leur grande utilisation et leur positionnement avantageux à l’échelle de l’estuaire du Saint-Laurent, conclut le ministère.

Priorité à l’environnement

C’est une raison de plus pour dire non au projet Laurentia. C’est une raison environnementale. On parle d’une espèce menacée, a réagi Alice-Ann Simard, directrice générale de Nature Québec.

Ce sont des scientifiques qui disent que le Port de Québec n’a pas fait ses devoirs.

Une citation de :Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec

Elle estime que le processus d’évaluation environnementale a priorité sur l’appui politique du projet. On est un peu pressé en affaires, estime Mme Simard.

Pas de commentaire

Le Port de Québec n’a pas, pour le moment, répondu à nos demandes d’entrevues.

Le gouvernement fédéral dit vouloir prendre le temps d’analyser l’avis de son ministère.

Pour nous, c’est un projet qui est important. On continue de travailler avec les différents paliers de gouvernements et les partenaires, a répondu Pablo Rodriguez, lieutenant du Québec et leader du gouvernement à la Chambre des communes, ajoutant qu’il voulait prendre connaissance de l’avis avant de commenter.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a également refusé de commenter, préférant d’abord lire l’avis.

Avec les informations d'Olivier Lemieux

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