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Baby-boom à Québec solidaire

Un premier bébé siégera avec sa mère, la députée Émilise Lessard-Therrien, à l'Assemblée nationale.

Elle assiste à une réunion avec son bébé dans les bras.

La députée de Québec solidaire Émilise Lessard-Therrien

Photo : Radio-Canada

La petite Flora, âgée de deux mois et demi, pourrait bien être le premier bébé de l'histoire à siéger au Salon bleu avec sa maman, la députée solidaire Émilise Lessard-Therrien.

Moi, je suis une maman qui allaite exclusivement, c'est clair que la petite poulette va me suivre dans le Salon bleu, soutient l'élue de Rouyn-Noranda–Témiscamingue qui deviendra par le fait même la première députée à allaiter à l'Assemblée nationale.

La jeune femme de 28 ans a accouché de son deuxième enfant en juin dernier et reprend graduellement ses activités professionnelles. Elle participe ces jours-ci au caucus de son parti en vue de planifier la prochaine session parlementaire qui doit débuter le 15 septembre à Québec.

Cela dit, le moment où elle pourra entrer avec Flora dans l'enceinte des débats demeure bien hypothétique à cause de la pandémie.

Les travaux vont reprendre avec un nombre limité de députés et dans le respect des règles sanitaires. N'empêche, la députée espère que ce sera possible et prépare son retour sur les banquettes. Je souhaite le faire, on a des enjeux à défendre et je veux poursuivre le travail sur le plancher du Salon bleu, dit-elle.

Au bureau de l'Assemblée nationale (BAN), on indique qu'il n'existe aucun précédent où un ou une députée aurait demandé officiellement au président de la chambre d'allaiter ou de donner à boire à son bébé pendant les travaux parlementaires, mais le cas échéant nous ferions preuve d'ouverture, précise-t-on.

Émilise Lessard-Therrien se dit fière de faire ce premier pas avec sa fille Flora.

Si ça peut en inspirer d'autres jeunes à se lancer, parce que si on veut être une assemblée représentative de la population, ça prend aussi des jeunes parents.

Une citation de :Émilise Lessard-Therrien, députée QS de Rouyn-Noranda–Témiscamingue

On bouscule un peu les choses. On est trois députés solidaires qui vont être dans cette situation-là cette année, dit-elle.

Émilise Lessard-Therrien n'est pas la seule de son parti qui vivra cette nouvelle réalité cet automne, la députée de Taschereau Catherine Dorion est sur le point d'accoucher et le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, deviendra papa en novembre.

C'est un véritable baby-boom dans le caucus si l'on considère que la formation politique compte 10 élus. Ils y ont donc vu une occasion de pousser le bureau de l'Assemblée nationale à se moderniser et à prendre le virage de la conciliation travail-famille : Tranquillement, ça commence à bouger, on a vu des tables à langer apparaître dans les salles de bain et des chaises hautes dans la cafétéria.

Vers un congé parental pour les élus

Il n'existe toujours pas de congé parental encadré pour les élus, chacun y va selon ce qu'il croit juste. Je suis tombé en bas de ma chaise quand j'ai appris qu'il n'y avait pas de congé de maternité comme tel de prévu, raconte la députée péquiste Véronique Hivon qui est devenue mère et députée dans l'intervalle de 10 jours en 2008.

Depuis, elle tente de faire avancer la cause et elle a déposé une motion qui a été adoptée par les députés en juin dernier pour qu'un congé soit instauré d'ici la fin de décembre. C'est le moment où l'Assemblée nationale doit rentrer dans le 21e siècle, soutient la députée de Joliette.

Un comité indépendant devait se pencher sur la question et établir les modalités comme la durée et les compensations financières de ce nouveau congé. Mais le comité n'a pas encore été formé.

Le bureau de l'Assemblée nationale indique que, pour ce faire, la Loi sur l'Assemblée nationale doit être modifiée et que [...] lorsque ce sera fait, la conciliation travail-famille est un aspect des conditions de travail que devra étudier le comité indépendant et, plus particulièrement, l’instauration d’un congé parental, conformément à la motion, écrit-on.

L’exemple d’Ottawa

Christine Moore avec son bébé dans ses bras dans un corridor du parlement à Ottawa.

La députée fédérale Christine Moore avec sa fille Daphnée, en mars 2016.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

À la Chambre des communes à Ottawa, les élus ont modifié la Loi sur le Parlement du Canada pour y inclure un congé parental pour les députés.

Christine Moore, l'ancienne députée fédérale de la circonscription d'Abitibi–Témiscamingue, y a consacré tout son dernier mandat. En 2015, ma première intervention a été pour rendre le Parlement plus accessible aux femmes et je l'ai fait avec bébé dans les bras, raconte-t-elle.

En juin 2019, le Parlement adoptait finalement la loi donnant droit à un congé parental de 12 mois aux élus. Le 12 mois est dans les mains du député, il peut l'adapter à ses besoins. Ça donne l'autorisation de le prendre, mais ça ne le force pas non plus, précise-t-elle.

Quant à l'allaitement, cela n'a pas fait l'objet de changement législatif, mais la pratique est beaucoup plus courante à la Chambre des communes. Cela s'explique par le nombre, dit Christine Moore. À Ottawa, dans le mandat 2015-2019, il y a eu des bébés de tous les partis sauf le Parti vert, conclut-elle.

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