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L'avantage financier de la campagne Trump a fondu comme neige au soleil

Donald Trump montre quelqu'un du doigt durant son rassemblement partisan.

Le président Trump, lors de son rassemblement partisan tenu à Tulsa, en Oklahoma, en juin dernier.

Photo : Reuters / LEAH MILLIS

À moins de 60 jours des élections américaines, le président sortant, Donald Trump, s'est dit prêt, mardi, à injecter son propre argent dans sa réélection, après la publication d'un article faisant état d'une diminution des liquidités de sa campagne.

Bénéficiant, il y a cinq mois à peine, d'un avantage financier marqué sur son adversaire démocrate Joe Biden, le candidat républicain a cependant vu son trésor de guerre s'amenuiser.

En avril, après que Joe Biden eut émergé comme le candidat démocrate probable, Donald Trump et le Comité national républicain (RNC) disposaient de 200 millions de dollars de plus.

Or, selon le New York Times, sur le 1,1 milliard de dollars que la campagne Trump et le RNC ont amassé entre le début de 2019 et juillet dernier, plus de 800 millions ont déjà été dépensés, au moment où la campagne électorale passe à une vitesse supérieure.

D'après le quotidien new-yorkais, qui a consulté des milliers de documents officiels et mené des entrevues avec une douzaine de personnes ayant collaboré ou collaborant encore à la campagne Trump, des membres de celle-ci prévoient même une crise de liquidités – une situation qui semblait impensable il n'y a pas si longtemps.

S'adressant aux journalistes avant de s'envoler pour la Floride, le président Trump n'a pas exclu d'injecter son propre argent dans la campagne. S'il le faut, je le ferai, a-t-il dit. Peu importe ce que ça prend, nous devons gagner.

Il a par la suite repris le même message sur Twitter, mais a affiché son optimisme quant aux finances de sa campagne.

Si plus d'argent est nécessaire, ce dont je doute, je le mettrai sur la table!

Donald Trump

Donald Trump avait investi plus de 50 millions de sa fortune personnelle dans sa candidature lors de la course à l'investiture républicaine de 2015-2016, mais n'avait pas fait de même lors de l'élection générale.

Le directeur de sa campagne actuelle, Bill Stepien, n'a pas nié les révélations du New York Times, mais il a minimisé leur portée.

Si l'argent était le seul facteur qui déterminait les gagnants et les perdants en politique, Jeb Bush aurait remporté l'investiture [républicaine] en 2016. Et nous aurions un deuxième président Clinton en ce moment même dans le bureau ovale, a-t-il dit à des reporters au cours d'un entretien téléphonique, en rappelant que Donald Trump avait moins dépensé que ses adversaires lors du dernier cycle électoral présidentiel.

M. Stepien a en outre ajouté que la campagne Trump disposait de beaucoup plus d'argent qu'en 2016. Nous gérons maintenant le budget avec soin, a-t-il assuré. Depuis son arrivée en poste, en juillet dernier, le successeur de Brad Parscale a imposé un régime minceur et a adopté une série de mesures restreignant certaines dépenses, comme les déplacements, les embauches et le budget publicitaire. Des projets, dont celui de dépenser 3 millions de dollars pour une auto NASCAR au nom de Donald Trump, ont en outre été abandonnés.

De l'argent vite dilapidé

Les investissements considérables de la campagne Trump n'ont pas porté leurs fruits.

Joe Biden devance son adversaire républicain par 7,5 points à l'échelle nationale, selon la moyenne des sondages compilée par le site de journalisme de données FiveThirtyEight. En outre, ce qui est plus significatif, le démocrate mène dans les intentions de vote dans les États clés comme le Wisconsin, le Michigan, la Pennsylvanie, la Caroline du Nord et la Floride, même si son avance s'est rétrécie dans certains États au cours des dernières semaines.

Sous Brad Parscale, plus de 350 millions des 800 millions de dollars dépensés ont par exemple été consacrés à des activités de collecte de fonds.

Plusieurs dépenses étaient au minimum inhabituelles. Brad Parscale disposait par exemple d'une automobile et d'un chauffeur payés à même les fonds de la campagne de réélection de Donald Trump.

Des factures juridiques, par exemple liées au procès en destitution du président Trump, ont par ailleurs été traitées comme des frais de campagne.

La décision de Donald Trump de tenir la convention républicaine malgré la pandémie, puis de la déplacer de Charlotte, en Caroline du Nord, à Jacksonville, en Floride, a entraîné de nombreuses dépenses. En juillet, le RNC a par exemple versé 325 000 $ au Ritz-Carlton Amelia Island, près de Jacksonville, pour une convention qui ne s'y est finalement jamais tenue.

En outre, plus de 100 millions de dollars ont été dépensés en publicités électorales à la télévision avant même la tenue de la convention du parti, le mois dernier. Un exemple : des publicités ayant coûté à elles seules 11 millions de dollars pendant le Super Bowl de la Ligue nationale de football (NFL), en février, issues, selon le New York Times, d'un désir de concurrencer la somme investie pendant l'événement par le multimilliardaire et ex-candidat à l'investiture démocrate Michael Bloomberg.

Les démocrates rattrapent leur retard

Plus encore, la domination financière exercée par Donald Trump sur ses adversaires démocrates semble s'être évaporée.

Joe Biden, qui peinait à amasser des fonds pendant la campagne à l'investiture démocrate, a engrangé des dons records avoisinant les 365 millions de dollars en août.

La somme dépasse de beaucoup le record mensuel précédent de 193 millions, quoique non officiel, qui aurait été établi par Barack Obama en septembre 2008.

Dans les 24 heures ayant suivi le choix de la sénatrice de la Californie Kamala Harris comme sa colistière, à la mi-août, Joe Biden a recueilli une somme record de 26 millions de dollars. La campagne Trump n'a pas encore dévoilé ses chiffres du mois dernier.

En juillet, Joe Biden et le Comité national démocrate (DNC) ont recueilli 140 millions de dollars, moins que les 165 millions amassés par Donald Trump et le RNC. Le candidat démocrate et le DNC avaient cependant recueilli plus d'argent que leurs adversaires au cours des deux mois précédents.

Il faut dire que la pandémie de COVID-19 a permis à Joe Biden de minimiser ses dépenses, ses opposants l'accusant même de se réfugier dans son sous-sol. Le démocrate en a toutefois profité pour participer à des collectes de fonds par le service de téléconférence Zoom.

Avec les informations de New York Times

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