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L'emploi des femmes plus touché par la pandémie, selon un rapport

La pandémie a mené au plus bas taux de participation des femmes à l’économie de la province en 30 ans, selon la Chambre de commerce de l'Ontario.

Une femme avec un masque sort d'un hôpital.

La Chambre de commerce de l'Ontario constate que les emplois occupés par des femmes ont subi davantage les contrecoups de la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Une étude effectuée par la Chambre de commerce de l’Ontario conclut que la pandémie a plus durement touché les femmes sur le marché du travail et que l’effet se fait encore sentir malgré la reprise de l'activité économique.

Dans son rapport intitulé The She-Covery Project, Confronting the Gendered Economic Impacts of COVID-19 in Ontario, la Chambre de commerce de l’Ontario trace un portrait sombre de l’effet de la pandémie sur le travail des femmes.

Le rapport note une diminution plus importante des emplois des femmes dès le premier mois de la pandémie, citant des pertes d’emploi de plus du double comparativement aux hommes, lors du mois de mars.

La crise a atteint un sommet en mai, avec plus de 300 000 pertes d’emploi parmi les femmes. Et la reprise économique ne se passe pas aussi bien que pour les hommes, selon le rapport.

Les femmes ont encore un déficit d’environ 100 000 emplois, en comparaison avec le retour des emplois pour les hommes.

La pandémie a mené au plus bas taux de participation des femmes à l’économie de la province en 30 ans, selon le rapport.

Claudia Dessanti, qui est analyste principale pour la Chambre de commerce de l’Ontario, affirme que les conséquences de la pandémie ont été directes et immédiates pour les femmes.

Pour le président de la Chambre de commerce de l’Ontario, Rocco Rossi, cette tendance est inquiétante.

Avec ce taux de participation historiquement bas des femmes à l’économie, les progrès de plusieurs décennies pour atteindre l’égalité des genres sont en jeu, explique-t-il.

Le rapport explique que les secteurs qui emploient le plus de femmes ont été davantage touchés par les mesures d’urgence mises en place par le gouvernement.

La « she-covery » ou comment favoriser l’emploi pour les femmes

Le rapport exhorte le gouvernement de l’Ontario à mettre en place des mesures pour favoriser le retour à l’emploi des femmes, dans le contexte où une deuxième vague en pleine rentrée scolaire pourrait forcer celles-ci à rester à la maison pour s’occuper d’enfants qui y seraient confinés.

Selon Wendy Cukier, qui est directrice des études du Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE), l’Ontario risque de perdre des décennies de progrès si l’on ne se penche pas sur les défis que vivent les femmes dans les milieux de travail et si l’on ne planifie pas le retour à la normale en ayant une sensibilité pour l’égalité et la diversité.

Le rapport demande aux gouvernements de mettre en place une « she-covery », soit un ensemble de politiques destinées à s’assurer que le rétablissement de l’économie se fera de manière à inclure les femmes.

Pour y arriver, le rapport fait état de cinq priorités :

  • Inclure de la diversité et de l'égalité des genres dans les postes décisionnels au sein des compagnies;
  • Mettre en place un programme pour renforcer le système de services de garde pendant la pandémie et pour s’assurer que celui-ci est plus abordable à long terme;
  • Encourager l’éducation des femmes, s’assurer que celles-ci peuvent utiliser leurs habiletés dans leur milieu de travail et amener un plus grand nombre d'entre elles à se lancer dans des carrières scientifiques;
  • Encourager l'entrepreneuriat féminin comme un moyen d’avoir des femmes plus diversifiées à la tête d’entreprises;
  • Considérer les horaires de travail flexibles comme un moyen efficace de rendre un milieu de travail plus égalitaire.

Le rapport note que de nombreuses initiatives ont déjà été lancées, par le gouvernement de l’Ontario ou par le fédéral, pour tenter d’atteindre ces objectifs.

Selon M. Rossi, l’Ontario se trouve à un moment historique, non seulement pour les femmes, mais pour l’économie de la province au complet, alors que le retour des femmes sur le marché du travail est une condition du retour à la normale de l’économie et de la prospérité.

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