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Archives

Il y a 60 ans a été fondé le Rassemblement pour l’indépendance nationale

Pierre Bourgault parle aux militants du RIN lors du congrès de dissolution du parti le 26 octobre 1968.

Le 3 mars 1960 est fondé le mouvement Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 10 septembre 1960, le mouvement du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) voyait le jour. Transformé en parti politique en 1963, le RIN allait avoir une influence importante dans l’évolution du mouvement indépendantiste moderne au Québec.

Un mouvement original

Si à un moment donné on a besoin d’amener une solution socialiste, on amène une solution socialiste. Si à un autre endroit on doit amener une solution capitaliste, on amène une solution capitaliste.

Un militant du RIN, 1963

À la fin des années 1950, le mouvement international de décolonisation commence à inspirer des Canadiens français qui désirent l'élimination du colonialisme anglo-saxon et l’indépendance politique du Québec.

Jusque-là, et à quelques exceptions près, le mouvement indépendantiste au Québec s’articulait principalement autour d’idées plutôt conservatrices.

Le 10 septembre 1960 est fondé le mouvement du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN).

Une vingtaine de personnes participent à l’événement.

Plusieurs sont de jeunes universitaires inspirés par les idées socialistes ou sociales-démocrates alors en vogue, surtout en Europe.

Le 3 mars 1963, le mouvement RIN décide de se transformer en parti politique sur la scène électorale provinciale.

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20 ans Express, 9 mars 1963

L’influence des idées socialistes ou sociales-démocrates est évidente lors de cette fondation, comme le montre un reportage du journaliste James Bamber présenté à l’émission 20 ans Express du 9 mars 1963.

Plusieurs militants interviewés expriment le souhait que les idées socialistes ou sociales-démocrates soient inscrites dans le programme du nouveau parti politique.

On favorise les nationalisations et l’élaboration d'un État québécois qui remplaceraient les « trusts » qui, jusque-là, dominent l’économie de la province.

Pierre Bourgault, président

L’indépendance, c’est un instrument et un instrument seulement.

Pierre Bourgault, 1966

Entre 1960 et 1964, André d’Allemagne, Marcel Chaput et Guy Pouliot président les destinées du RIN. Le parti est souvent secoué par des guerres intestines.

En 1964, Pierre Bourgault arrive à la présidence du RIN.

Âgé d'à peine 30 ans, il possède les qualités d'un tribun d’une efficacité redoutable.

Ses positions unilatérales sur la question de l’indépendance galvanisent plus d’un militant.

La revendication du français comme unique langue officielle du Québec est au cœur de la campagne électorale du RIN aux élections provinciales du 5 juin 1966.

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Rencontre, 15 mai 1966

La personnalité flamboyante de Pierre Bourgault est apparente lors d’une entrevue qu’il accorde à l’émission Rencontre le 15 mai 1966 dans le contexte de l’élection provinciale québécoise.

Interrogé par Paul Gros D’Aillon, le jeune chef indépendantiste déborde d’optimisme.

Son parti, estime-t-il, a le vent dans les voiles et le RIN a réussi à imposer le thème de l’avenir politique du Québec dans la campagne électorale.

Pierre Bourgault répond aussi de manière cinglante au journaliste Pierre O’Neil qui l’interroge sur les conséquences de l’indépendance du Québec sur la montée du chômage.

Pierre Bourgault traite quasiment le journaliste de fabulateur et rappelle que l’indépendance n’équivaut pas à être admis au ciel.

L’indépendance, réitère le chef du RIN, n’est qu’un instrument pour transformer la société québécoise.

Le RIN présente 73 candidats dans 108 circonscriptions aux élections provinciales de 1966.

À la fin de la soirée électorale du 5 juin, le parti indépendantiste recueille 5,55 % des suffrages exprimés. Le RIN ne fait élire aucun député.

Candidat dans la circonscription de Duplessis sur la Côte-Nord, Pierre Bourgault obtient cependant 38 % des suffrages.

Il obtient 53 % des voix exprimées dans Sept-Îles, la principale ville de la circonscription.

Dissolution du RIN et naissance du Parti québécois

En 1967-1968, le RIN connaît des déchirements fratricides entre modérés et radicaux de gauche, ces derniers menés par Andrée Ferretti.

Plusieurs au sein du parti suivent avec un mélange d'intérêt et de mépris, l’adhésion du très populaire René Lévesque au mouvement indépendantiste et la création du Parti québécois dont il devient le chef.

À cette époque-là, les indépendantistes québécois sont divisés entre plusieurs mouvements et partis politiques différents.

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Séquences de tournage, 26 octobre 1968

Les images ci-haut ont été tournées le 26 octobre 1968 lors d’un congrès spécial du RIN tenu à Longueuil.

On y voit Pierre Bourgault et André d’Allemagne qui plaident pour l’unification des mouvements indépendantistes québécois qui est, selon eux, le seul chemin pour l’obtention de l’indépendance.

Le même jour, le RIN décide de se dissoudre et ses membres adhèrent, un par un, au Parti québécois.

Les anciens membres du RIN constitueront l’essentiel de ce qu’on a appelé pendant longtemps l’aile pure et dure du Parti québécois et qui donnera à son chef René Lévesque bien des maux de tête.

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