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Une nouvelle plateforme de dénonciation pour les infirmières

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Un écran d'ordinateur affichant le site Internet du Syndicat des professionnelles en soins de santé de Chaudière-Appalaches,

Le reportage de Marie-Pier Bouchard

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes de Chaudière-Appalaches pourront désormais dénoncer des situations qu'elles vivent sur le terrain à partir de leur cellulaire, a appris Radio-Canada. Avec cette plateforme, leur syndicat veut accroître la pression sur le CISSS pour le forcer à régler les problèmes plus rapidement.

Déplacements de personnel entre établissements, manque d’effectifs dans les départements, agressions : toute situation urgente pourra être soumise au syndicat en remplissant un formulaire qui sera disponible sous l’onglet Dénonciation urgente confidentielle pour Chaudière-Appalaches.

L’information sera transmise en temps réel sur un écran au bureau du Syndicat des professionnelles en soins de santé de Chaudière-Appalaches (SPSCA). Le président, Laurier Ouellet, fait le pari qu’il pourra offrir une réaction plus rapide et immédiate à ses membres.

En temps de COVID, on surveille les déplacements de nos membres pour qu'ils n'aillent pas contaminer d'autres endroits. C'est sûr que, là-dessus, on met une attention importante, précise-t-il.

Toute dénonciation va être confidentielle, assure M. Ouellet, expliquant qu'il n’y a personne à part le syndicat qui va pouvoir savoir qui a dénoncé, où ç'a été fait et quand ç'a été fait. Beaucoup de nos membres ne dénoncent pas parce qu'ils ont peur de dénoncer, se désole-t-il.

Un homme assis à une table.

Laurier Ouellet, président, FIQ-SPSCA

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

L'omerta continue dans le réseau de la santé.

Laurier Ouellet, président, FIQ-SPSCA

Tous les problèmes récurrents ou non réglés seront affichés sur le site Internet du syndicat, répertoriés par établissement sous l’onglet Problématiques dénoncées et sous surveillance pour l’instant.

On veut contrer le message de l'employeur que tout est beau, tout est rose, tout est parfait. Il y a des situations qui ne sont jamais dénoncées, déplore Laurier Ouellet.

Avec ce qu'on a développé, on va pouvoir rejoindre nos 3500 membres par texto en un clic, on va leur donner la réponse que l'employeur nous a donnée, explique Laurier Ouellet.

Pression sur l'employeur

Il y a quelque 2464 griefs en cours dans Chaudière-Appalaches, dont plusieurs auraient pu être réglés rapidement, selon le SPSCA, alors que certains ne le sont toujours pas après deux, trois ou parfois même cinq ans plus tard.

Le président ne s’en cache pas, il souhaite mettre de la pression sur l’employeur, le CISSS de Chaudière-Appalaches.

L'idée, c'est de régler beaucoup de problèmes au lieu de se rendre aux griefs. Le grief, c'est toujours compliqué, c'est pas payant pour personne, fait valoir Laurier Ouellet.

Un ordinateur devant un écran de télévision.

À partir de leur cellulaire ou d'un ordinateur, les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes de Chaudière-Appalaches pourront dénoncer une situation urgente à leur syndicat.

Photo : Radio-Canada

En mai dernier, dans la foulée de la pandémie de COVID-19, Danielle McCann, qui était toujours ministre de la Santé, a lancé l'adresse courriel onvousecoute@msss.gouv.qc.ca (Nouvelle fenêtre) permettant aux travailleurs de la santé de s’exprimer.

Le ministère de la Santé a reçu en tout 4233 messages à cette adresse entre le 15 mai et le 2 septembre.

Nature des préoccupations transmises

  • Les conditions de travail (horaires de travail, surcharge, dotation, etc.);
  • L’application des primes;
  • Les décisions de gestion jugées insatisfaisantes;
  • Les risques de propagation, les mesures de prévention des infections;
  • Le manque de reconnaissance envers le personnel (souvent évoqué en relation avec le fait que certaines catégories d’employés n’ont pas eu droit aux primes).

Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux

Laurier Ouellet estime que ce n’était pas suffisant. C'était tout simplement politique pour dire : "Vous pouvez dénoncer". Mais ils font quoi avec ça? Est-ce qu'on le sait? On ne le sait pas, laisse-t-il tomber.

Ce dernier espère même que certaines situations dénoncées et affichées sur le site Internet du syndicat se rendront au ministère de la Santé.

Nous, on a vraiment hâte, à la FIQ, d'avoir les réflexions de l'exécutif de Chaudière-Appalaches, les retombées, pour pouvoir s'en inspirer.

Nathalie Lévesque, vice-présidente de la FIQ

De son côté, avec 599 témoignages reçus et validés depuis la fin mars sur sa propre page Je dénonce, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) est convaincue de l'importance de ce genre d'initiative. La vice-présidente Nathalie Lévesque mentionne que le contact avec les travailleurs de la santé sur le terrain est difficile depuis le début de la pandémie.

Auparavant, c'était possible pour nous d'aller sur les départements, aller les rencontrer directement à la cafétéria. Mais il faut se réinventer et le moyen que Chaudière-Appalaches prend va répondre probablement à un besoin, explique Mme Lévesque.

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