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La vidéo, agent mobilisateur

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Le visage de George Floyd est dessiné sur une pancarte visible au-dessus de manifestants.

Le meurtre de George Floyd a enflammé la rue, des dizaines de manifestations ayant été tenues dans l'ensemble des États-Unis, comme ici à New York le 17 juin.

Photo : Getty Images / Jeenah Moon

Le racisme et la violence policière ne sont pas des faits nouveaux. Pourtant, l’apparition de vidéos dans l’espace public a provoqué une mobilisation sans précédent.

Des manifestants masqués portent un drapeau américain à l'envers et une pancarte sur laquelle il est écrit, en anglais: «Je ne peux pas respirer».

Les manifestations ont perduré plusieurs jours près du coin de rue où est mort George Floyd, aux États-Unis.

Photo : Getty Images / Kerem Yucel

La mort de George Floyd, un Noir étouffé sous le poids du genou d’un policier blanc, a ébranlé les États-Unis et créé des remous partout dans le monde.

Un policier est accroupi à genou sur le cou d'un homme noir, plaqué au sol, en pleine rue.

Capture d'écran tirée de la vidéo virale dans laquelle on voit le policier Derek Chauvin immobilisant George Floyd avec un genou sur son cou.

Photo : Associated Press / Darnella Frazier

La tragédie, rendue publique par la diffusion de la vidéo des évènements captée par un passant, a soulevé l’indignation et relancé le mouvement Black Lives Matter (BLM).

BLM avait initialement été rendu populaire par un mot-clic utilisé après l’acquittement, en 2013, de George Zimmerman. Le résident de la Floride avait abattu, 17 mois plus tôt, le jeune Trayvon Martin.

La vidéo n’a pas créé le racisme.

Richard Lachman, professeur, université Ryerson

Le professeur de l’université Ryerson Richard Lachman affirme que la vidéo en soi n’est pas l’objet de l’outrage, mais que son existence permet à l’évènement d’être reconnu. Nous documentons un petit nombre de cas de quelque chose qui est beaucoup plus commun, affirme-t-il.

Langage de communication émotif

Selon le professeur Alex Sévigny, de l’Université McMaster, c’est l’émotion transmise par la vidéo qui rend ce média si puissant.

Les humains transmettent la majorité de leurs informations dans la communication à travers le non verbal.

Alex Sévigny, professeur de communication, Université McMaster

Le professeur Boulou Ebanda de B'Beri, de la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa, soutient que c’est aussi ce qui le rend universel.

Qu’elle soit en n’importe quelle langue, elle produit du sens même dans son silence.

Boulou Ebanda de B'Beri, professeur, Université d'Ottawa

Marqueur de l’histoire

Presque tous les grands moments de l’histoire moderne sont marqués par une vidéo en particulier, selon le professeur Sévigny.

Un homme tente de faire tomber une partie du mur de Berlin, le 12 novembre 1989.

Un homme tente de faire tomber une partie du mur de Berlin, le 12 novembre 1989.

Photo : La Presse canadienne / John Gabb

Il ajoute que leur diffusion, démocratisée par la technologie mobile de haute qualité et l’accès abordable à des réseaux de données cellulaires, a permis à la vidéo de gagner encore en puissance.

Le professeur Lachman ajoute que c’est une tendance que nous voyons parce que nous avons tous un cellulaire dans notre poche. Le résultat, c’est une documentation par différentes manières.

Symbole de la vérité

Ces images mouvantes symbolisent la vérité, selon le professeur Boulou Ebanda de B’Beri.

Image en direct de Neil Armstrong sur le point de fouler le sol lunaire le 20 juillet 1969. Les mots anglais en direct de la surface la Lune apparaissent en bas de l'image.

Le 20 juillet 1969, l'astronaute Neil Armstrong est le premier humain à fouler le sol de la Lune.

Photo : NASA

Bien qu’il soit possible de démarrer ou d’arrêter une vidéo à des moments qui en orientent le sens, le professeur réitère que la vidéo a toujours été utilisée en ethnographie en anthropologie, en histoire, en géographie, avant les études des médias, en discipline traditionnelle, comme la preuve irréfutable que quelque chose est vrai.

Un outil risqué

La puissance de la vidéo et son accessibilité posent tout de même certains risques.

Le producteur d’un contenu ne contrôle pas nécessairement la manière dont celui-ci sera reçu.

L’exemple de Marcella Zoia, mieux connue sous le pseudonyme de chair girl, a dû faire face à des accusations criminelles après avoir diffusé une vidéo d’elle-même alors qu’elle lançait une chaise d’un balcon du centre-ville de Toronto.

Photo d'une femme aux cheveux blonds qui tient une chaise pliante dans les mains.

Marcella Zoia a plaidé coupable à des accusations de méfaits pour avoir lancé une chaise d'un balcon du centre-ville de Toronto.

Photo : Police de Toronto

C’est là où l’éducation devient importante affirme le professeur Ebanda de B’Beri.

Si on ne veut pas se faire du mal, si on veut se respecter. Si on veut produire des images qui respectent et qui dénoncent la violence à laquelle nous vivons, il faut évidemment avoir cette éducation éthique et morale.

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