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Il faut agir vite pour faire face à la pénurie de professionnels en santé, clame la FIQ

À Montréal, au moins 800 infirmières et professionnels en soins ont décidé de quitter le réseau de la santé.

Une femme portant un masque de protection marche dans la rue.

Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), presse Québec à apporter des changements à son approche envers le personnel soignant.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Il y a urgence d’agir pour inverser la tendance » du manque de personnel soignant dans le réseau de la santé dans un contexte de pandémie et une possible deuxième vague de contaminations à la COVID-19, avertit Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Une étude dévoilée au début de septembre révèle que les infirmières sont plus débordées au Québec qu'ailleurs au Canada en ces temps de pandémie.

En entrevue à l'émission Tout un matin diffusée sur les ondes d'ICI Première, Nancy Bédard avance le chiffre d’au moins 800 infirmières et professionnels en soins qui ont décidé de quitter le réseau de la santé à Montréal durant cet été. Ils se comptent par milliers à l’échelle de la province, précise-t-elle.

J’ai fait une tournée cet été et tous les jours, j’ai été témoin de professionnels en soins qui me disaient : "j’ai remis ma démission, je quitte vendredi".

Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

Il s’agit souvent d’infirmières ou d’inhalothérapeutes qui pourraient faire encore quelques années, mais qui étaient éligibles à la retraite et qui ne voulaient plus faire une journée de plus. C’est un exode qui s’est accentué dans les derniers mois, s’inquiète Mme Bédard.

Le Canada compte 432 000 professionnels en soins infirmiers. C'est environ la moitié du personnel des soins de santé du pays. Plus de 90 % sont des femmes.

L’approche du gouvernement dénoncée

Nancy Bédard pointe du doigt le gouvernement Legault qui a choisi pendant la première vague avec les arrêtés ministériels de venir enlever des droits aux professionnels en soins comme les congés ou les vacances.

Des pouvoirs ont été donnés aux gestionnaires pendant la pandémie qui ont eu des effets dévastateurs sur le réseau, estime la présidente de la FIQ.

Pour faire face à la crise sanitaire, un arrêté ministériel annoncé le 21 mars permet aux employeurs du réseau de la santé de suspendre certaines dispositions des conventions collectives. Elles touchent notamment les vacances, la mobilité de la main-d’œuvre et l'embauche de personnel additionnel.

Avant la pandémie, on était déjà en épuisement, en surcharge, en manque de main-d’œuvre, mais l’approche du gouvernement a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé du Québec

On l’avait prédit. On avait demandé au gouvernement de changer d’approche. Ce n’est pas ce qui a été fait, déplore Mme Bédard, qui plaide pour une approche de valorisation et de reconnaissance afin de garder ces professionnels de la santé dans le réseau.

Des changements attendus

Pendant que le Québec était en pause, les professionnels de la santé étaient en poste, rappelle Mme Bédard, faisant preuve d’abnégation et de solidarité dès le début.

Cependant, au fil des semaines et des mois, ils ont vu persister une approche de terreur, soutient-elle, évoquant une charge mentale d’organisation du travail qui n’est pas prise en compte.

C’est comme si la conciliation travail-famille pour le gouvernement et les gestionnaires ne comptait plus, dit-elle. Un matin, vous vous dites : "je ne vais plus continuer comme ça".

La présidente de la FIQ dit espérer que les gestionnaires et le gouvernement veulent vraiment qu’on continue de soigner la population et lui donner les soins dont elle a besoin.

Cela va prendre une approche différente. Cela va prendre un coup de barre. Il va falloir donner des horaires de travail dignes de ce nom, avise-t-elle.

Il faut arrêter de penser qu’elles [ infirmières] peuvent faire du temps supplémentaire, des 16 heures et des 24 heures sans arrêt, et penser qu’elles vont continuer comme ça pendant des mois, conclut Mme Bédard.

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