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Les autorités du Bélarus arrêtent l'opposante Kolesnikova

Le gouvernement refuse de dire où l'opposante est détenue et de fournir des détails sur les événements.

Maria Kolesnikova.

L'opposante Maria Kolesnikova a été arrêtée mardi dans des circonstances troubles à la frontière ukrainienne.

Photo : Getty Images / SERGEI GAPON

Radio-Canada

Les autorités bélarusses ont tenté de faire traverser la frontière ukrainienne à l'opposante Maria Kolesnikova, qui a refusé de le faire et qui a déchiré son passeport, ont indiqué mardi ses alliés. Elle demeure détenue.

Lundi, ses partisans avaient signalé son enlèvement par des hommes masqués à Minsk.

Mardi matin, Mme Kolesnikova, figure de la contestation qui vise depuis un mois le président Alexandre Loukachenko, a été conduite à la frontière séparant le Bélarus de l’Ukraine, ont relaté Ivan Kravtsov et Anton Rodnenkov, aussi membres du Conseil de coordination de l'opposition et témoins des événements.

Elle criait, disant qu’elle ne comptait aller nulle part, a déclaré Anton Rodnenkov en conférence de presse mardi. Elle était assise dans la voiture, a pris son passeport sur le siège avant et l’a déchiré en plusieurs petits morceaux avant de les jeter par la fenêtre. Ensuite, elle a ouvert la portière de la voiture et est retournée vers le Bélarus.

L’opposante de 38 ans était en grande forme et pleine d’énergie la dernière fois que M. Rodnenkov l’a vue, a ajouté ce dernier.

Selon Ivan Kravtsov, Anton Rodnenkov et lui ont été emmenés de force lundi matin à Minsk par des inconnus, alors qu'ils se rendaient à l'appartement de Maria Kolesnikova après les premières informations faisant état de sa disparition.

Menottés et un sac sur la tête, les deux hommes ont été interrogés, menacés de poursuites judiciaires et se sont finalement vu proposer par les autorités de quitter le pays aux côtés de Maria Kolesnikova.

Ce qui les intéressait, c'était le transport de Maria Kolesnikova hors des frontières. Ils l'expliquaient par la nécessité d'une désescalade de la situation.

Une citation de :Ivan Kravtsov, membre du Conseil de coordination de l'opposition
Les deux jeunes opposants devant les micros.

Anton Rodnenkov (à gauche) et Ivan Kravtsov (à droite) ont tenu une conférence de presse à Kiev, en Ukraine, mardi, après avoir traversé la frontière.

Photo : Getty Images / AFP / Genya Savilov

Le groupe a finalement été transporté en voiture jusqu'à la zone neutre entre les frontières bélarusse et ukrainienne. Ivan Kravtsov et Anton Rodnenkov ont ensuite traversé la frontière jusqu’en Ukraine.

L’opposante est présentement détenue par les autorités bélarusses, confirme le porte-parole des gardes-frontières du pays, Anton Bychkovsky, qui refuse cependant de dire où elle se trouve et de fournir des détails sur ce qui s’est produit à la frontière entre le Bélarus et l’Ukraine mardi matin.

Maria Kolesnikova est la dernière des trois figures féminines de l'opposition durant la campagne présidentielle à demeurer au Bélarus. Les deux autres, la candidate Svetlana Tikhanovskaïa, principale opposante au président Loukachenko lors des élections du mois d’août, et Veronika Tsepkalo, se sont exilées en Lituanie.

Svetlana Tikhanovskaïa a demandé mardi la libération immédiate de sa camarade.

Nous avons besoin d’une pression internationale sur ce régime, sur cet individu qui s’accroche désespérément au pouvoir, a-t-elle dit en s’adressant à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Selon l’opposante, Loukachenko n’a plus aucune légitimité après avoir volé des votes lors des élections. Il ne représente plus le Bélarus.

La jeune femme devant les micros.

Svetlana Tikhanovskaïa s'est adressée aux médias, mardi, à Vilnius, en Lituanie, après une rencontre avec la première ministre de la Norvège.

Photo : Getty Images / AFP / Petras Malukas

D’autres expulsions forcées ont eu lieu récemment au Bélarus. La semaine dernière, Olga Kovalkova, aussi membre du Conseil de coordination, avait raconté avoir dû se rendre en Pologne sous la menace, après avoir été conduite par les services de sécurité jusqu'à la frontière.

Le pouvoir bélarusse a aussi interdit au chef de l'Église catholique du pays, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, de revenir dans son pays, parce qu'il a critiqué la répression visant l'opposition.

Loukachenko exclut de démissionner malgré la pression

Pendant ce temps, Alexandre Loukachenko, à la tête du Bélarus depuis 26 ans, a une nouvelle fois exclu de démissionner sous la pression des opposants qui contestent sa réélection, mais il n'a pas écarté l'hypothèse d'une élection présidentielle anticipée, selon un journaliste russe.

S'il renonçait à ses fonctions, ses partisans seraient en danger, a poursuivi M. Loukachenko, d'après le compte rendu de Roman Babaïan, rédacteur en chef de Moscow Talks, et un reporter qui l'a interviewé.

Un mouvement de contestation historique s'est organisé au Bélarus durant l'été autour de Mme Tikhanovskaïa, professeure d'anglais de formation sans expérience politique, qui s'était lancée dans la course à la présidentielle pour remplacer son mari, un vidéoblogueur populaire, emprisonné depuis le printemps.

Elle a été rejointe par Mme Kolesnikova, ex-directrice de campagne d'un autre candidat d'opposition incarcéré, et Mme Tsepkalo, dont le mari s'est exilé après le rejet de sa candidature à la présidentielle.

Ce trio avait organisé une campagne anti-Loukachenko qui a galvanisé les foules. Le président Loukachenko a toutefois été réélu le 9 août avec 80 % des voix, mais ces élections ont été jugées frauduleuses. Depuis, des manifestations hebdomadaires ont réuni chaque dimanche plus de 100 000 personnes à Minsk pour dénoncer la réélection du chef de l'État.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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