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200 nouveaux préposés aux bénéficiaires bientôt sur le marché du travail en Outaouais

Le CHSLD Foyer du bonheur de Gatineau

Le CHSLD Foyer du bonheur de Gatineau. (archives)

Photo : Archives

Radio-Canada

Ce sont 200 étudiants qui ont terminé leur formation payée pour devenir préposé aux bénéficiaires vendredi. Ils intégreront progressivement le marché du travail dans les prochains jours.

Le gouvernement Legault s’était donné pour objectif de recruter et former 10 000 préposés aux bénéficiaires en vue d’une deuxième vague de COVID-19 à l’automne en promettant un salaire de 26 $ de l’heure.

Même si quelques jours seulement se sont écoulés depuis la fin de leur cours, les nouveaux diplômés ont pu explorer la réalité des préposés aux bénéficiaires au cours de leurs trois mois de formation.

C’est le cas de Zachary Le May qui est passé du domaine de la restauration, à la santé, en juin dernier. Après un mois de formation théorique, il a fait un stage de deux mois au CHSLD Lionel-Émond. On se sent tous prêts, on peut tous le faire. […] Ça a passé vraiment vite, lance-t-il.

On en a dans notre groupe qui ont été appelés pour la fin de semaine, il y en a qui travaille aujourd’hui. Mais là, il faut que je fasse mon suivi avec le technicien aux horaires donc j’attends leur appel, explique M. Le May.

L’arrivée des étudiants en stage a eu un impact dans les milieux pour aînés, selon lui. C’est encourageant de voir la différence parce qu’on voit le changement qu’on apporte, dit-il.

Zachary Le May.

Zachary Le May a fait son stage de deux mois au CHSLD Lionel-Émond, à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Pour M. Le May, l'enseignement ne correspond pas toujours aux réalités du terrain du fait du manque de personnel. J’ai vu quand même un gros contraste entre ce qu’on se fait enseigner à l’école et ce qui est pratiqué dans les milieux, raconte le nouveau diplômé. C’est compréhensible du fait qu’ils sont en manque d’employés.

L’augmentation du nombre de cas de COVID-19 et l'arrivée d'une deuxième vague ne l’inquiètent pas trop. M. Le May a déjà hâte de retourner sur le terrain. Ça ne sera pas pire que la première vague. Eux reviennent d’une très dure période, autant les employés que les résidents dans les CHSLD.

Si tu tombes malade, ça fait encore plus de manque de personnel. C’est plus ça qui était inquiétant que la maladie elle-même, ajoute M. Le May.

En ce qui concerne la rémunération, ce sont des primes qui permettront aux nouveaux préposés de gagner le salaire promis de 26 $ de l’heure. Pour le long terme, on ne sait pas si on va avoir ce salaire-là. Quand l’état d’urgence va être mis de côté, est-ce qu’on va encore avoir ce salaire-là? Ça m’étonnerait, s'exclame M. Le May.

Je trouve ça plate qu’ils nous aient tendu une carotte en avant de nous avec le 26 piasses de l’heure, et là, ils ont changé un peu d’attitude quand on était dans le programme, se désole-t-il.

Toutefois, l’aspect salarial ne le fera pas regretter d'avoir changé de carrière, mentionne-t-il. Tout le monde aime ça aider, se faire payer pour aider, pourquoi pas?

Une arrivée bien accueillie

La présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais — CSN, Josée McMillan, se réjouit de l’arrivée des nouveaux diplômés.

Il reste à voir si la formation raccourcie aura le même résultat qu’une formation qui dure neuf mois, dit-elle. Mais malgré une formation accélérée, elle estime que les nouveaux préposés qui vont arriver cette semaine dans [les] établissements pourront venir aider les préposés aux bénéficiaires.

Et cette aide sera la bienvenue puisque selon elle, la COVID-19 a aggravé le manque de personnel dans les milieux pour aînés. Avec la situation de la COVID, je pense que la situation a empiré. Les préposés aux bénéficiaires qui étaient en place et qui ont travaillé jour après jour, ils sont essoufflés, indique la présidente.

Josée McMillan, présidente Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé des services sociaux de l’Outaouais

Josée McMillan, présidente Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé des services sociaux de l’Outaouais - CSN (archives).

Photo : Radio-Canada

Tout le monde travaille fort. […] C’est une grande chaîne le réseau de la santé. Tout le monde mérite un salaire équitable.

Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais — CSN

Mme McMillan croit également que le salaire promis aux étudiants ne devrait pas leur être exclusif. Si le premier ministre Legault a avancé 26 dollars pour les étudiants, je pense que la logique c’est de donner 26 dollars à l’ensemble des préposés aux bénéficiaires, lance-t-elle.

S’ils sont aujourd’hui 200 nouveaux préposés, ce chiffre pourrait ne pas rester intact, admet Mme McMillan. Est-ce qu’il y a des [préposés aux bénéficiaires] qui vont quitter? Peut-être.

Un panneau qui indique un centre de formation professionnelle.

Le centre de formation professionnelle de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais. (archives)

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Au début des trois mois de formation, en juin, ils étaient 220 étudiants. Dans un courriel, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais dit avoir bon espoir que l’arrivée de ces préposés aux bénéficiaires au sein des équipes pourra aider grandement à surmonter la pénurie qui sévit.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux confirme qu'il y avait 7115 étudiants actifs en formation en date du 21 août. Une seconde cohorte devrait débuter sa formation bientôt, assure le ministère.

Avec les informations de Yasmine Mehdi et Mama Afou

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