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Qui, de Biden ou de Trump, gagnera le cœur de la convoitée Pennsylvanie?

En 2016, Donald Trump a remporté l’État natal de Joe Biden, avec une courte avance d’un peu plus de 44 000 voix.

Un local électoral démocrate près de Scranton, en Pennsylvanie

Le militant démocrate Chris Patrick croit que les liens de Joe Biden avec la région de Scranton aideront les gens dans cette région de la Pennsylvanie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

« La maison d’enfance de notre adversaire n’est pas loin d’ici, mais c’est le territoire de Trump, maintenant », déclarait la semaine dernière le vice-président Mike Pence, de passage dans le nord-est de la Pennsylvanie, un des États clés en vue des élections présidentielles de novembre.

C’est à Scranton, une ville industrielle de 77 000 résidents située à deux heures de route au nord de Philadelphie, qu’est né Joe Biden. Il y a vécu jusqu’à l’âge de 10 ans.

Autour de sa maison natale, l’appui à l’ancien vice-président démocrate est indéniable. En plus des traditionnelles pancartes Biden Harris, on aperçoit des panneaux indiquant que Scranton aime Joe.

Bien que cette histoire remonte à près de 70 ans, les démocrates espèrent que ces liens personnels aideront leur campagne à percer dans cette région, qui a contribué à la victoire de Donald Trump en 2016.

Un panneau à l'effigie de Joe Biden dans un commerce de Scranton que l'ancien vice-président fréquentait quand il était enfant.

Un panneau à l'effigie de Joe Biden dans un commerce de Scranton que l'ancien vice-président fréquentait quand il était enfant.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Pendant des années, on reprochait à Joe Biden d’être le troisième sénateur de la Pennsylvanie, même s’il était élu au Delaware. Il n’a pas oublié d'où il vient. Ses racines sont ici.

Chris Patrick, président de l’association démocrate du comté de Lackawanna

Or la tâche s’annonce très grande pour connecter de nouveau avec une partie de l’électorat. 

Les démocrates m’ont déçu. Ils n’ont pas fait ce pour quoi je votais pour eux : aider les travailleurs, lance par exemple Mike, rencontré à la sortie d’un bureau de campagne démocrate, où il est venu chercher une pancarte de Joe Biden. En 2016, il s’était résigné à voter sans grand enthousiasme pour la candidate démocrate Hillary Clinton. 

Des changements au sein de l’électorat

Or, il y a quatre ans, d’autres électeurs démocrates ont tout simplement décidé d’abandonner leur parti et de miser sur la candidature de Donald Trump.

Dans le comté de Lackawanna, où se situe Scranton, le président sortant Barack Obama l’avait emporté avec une avance de plus de 26 000 voix en 2012. Quatre ans plus tard, Hillary Clinton n’a obtenu que 3600 voix de plus que Donald Trump. 

Hillary Clinton a gagné ce comté, mais ce n’était pas une grande victoire, note Jeremy Rich, professeur d’histoire à l’Université Marywood et résident de Scranton. 

Il souligne que le contraste est encore plus grand dans le comté voisin de Luzerne. Obama y avait été vainqueur en 2008 et en 2012. Toutefois, en 2016, le revirement de situation a été majeur : Donald Trump a obtenu 26 000 voix de plus que son adversaire démocrate. 

Des affiches de réélection du président Trump sur une maison en Pennsylvanie

Les signes en appui au président Trump sont nombreux dans le comté de Luzerne, en Pennsylvanie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Selon le président du Parti républicain du comté de Luzerne, Justin Behrens, les critiques de Donald Trump à l’endroit du libre-échange ont eu un écho particulier dans cette ancienne région minière puis manufacturière.

Je pense que cela s’explique par le fait que les démocrates ne représentent plus la classe ouvrière.

Justin Behrens, président du Parti républicain du comté de Luzerne

Ancien démocrate, il a lui-même fait défection de son ex-parti il y a une douzaine d’années, soit bien avant l’entrée en scène de Donald Trump. Il assure que de nombreux résidents de son comté ont récemment suivi son exemple.

Bien qu’il y ait toujours davantage de démocrates enregistrés dans le comté, leur nombre ne cesse de diminuer. La semaine dernière le journal local Citizen’s Voice rapportait que depuis le début de l’année seulement, plus de 2000 électeurs démocrates ont changé d'allégeance, tandis qu’environ 500 républicains ont fait de même.

COVID-19 et manifestations : des défis pour les deux partis

Républicains comme démocrates savent bien que leur nombre de membres n’est pas l’unique facteur qui déterminera le résultat de l’élection dans leur région.

Le président de l’association démocrate du comté de Lackawanna, Chris Patrick, ne s’en cache pas : les appels à la loi et l’ordre lancés par le président Trump dans le cadre du mouvement de contestation contre la brutalité policière et les inégalités raciales ont un écho jusque dans sa région, où les manifestations sont pourtant rares. 

Nous faisons de notre mieux pour expliquer que Joe Biden n’entend pas réduire le financement de la police, explique le militant, qui se décrit lui-même comme un modéré, voire un démocrate conservateur.

Dans la région de Scranton, les pancartes de la campagne Biden sont d’ailleurs souvent accompagnées d’affiches sur lesquels on peut lire Back the blue, en appui aux services policiers.

Justin Behrens, président du comté républicain de Luzerne, en Pennsylvanie

Le républicain Justin Behrens note une augmentation de membres républicains dans le comté de Luzerne.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Le républicain Justin Behrens reconnaît de son côté que la pandémie de COVID-19 représente un défi pour son parti. 

Dans le comté de Luzerne, le taux de chômage, qui était passé sous la barre des 5 % en avril 2019, dépassait les 15 % en juillet. 

Or, Justin Behrens assure les électeurs que l’économie pourra rebondir dans un deuxième mandat de Donald Trump. Il sait comment nous sortir d'un marasme économique, dit-il en écho à un message souvent entendu dans les rangs républicains. 

S’il est convaincu que son parti est désormais une force dominante dans le nord-est de la Pennsylvanie, le bénévole ne sait pas si cet appui pourra compenser d’éventuels gains démocrates ailleurs dans l’État, notamment dans les banlieues de Philadelphie. 

Bien que les sondages placent Joe Biden en avance en Pennsylvanie, au cœur de l’État, des électeurs comme l’historien Jeremy Rich se montrent prudents quand vient le temps de prédire le résultat. 

Si Trump gagne, ça ne m’étonnera pas. Si Biden gagne, ça ne m’étonnera pas. La compétition sera féroce, explique-t-il. 

Toute la semaine, Radio-Canada vous propose une série de reportages sur les profondes divisions qui secouent les États-Unis à l'approche des élections présidentielles. Ne manquez pas l'émission spéciale Deux Amériques, une élection jeudi soir à 20 h sur ICI Télé, ICI RDI et Radio-Canada.ca

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