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L'opposant russe Alexeï Navalny n'est plus dans le coma

Deux ambulanciers poussent une unité d'isolement placée sur une civière devant l'entrée d'un hôpital.

Le reportage de Tamara Alteresco

Photo : Getty Images / Maja Hitij

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Près de trois semaines après avoir été victime d'un empoisonnement dont Berlin déclare avoir la preuve, l'opposant russe Alexeï Navalny a pu être sorti du coma artificiel, alors que la menace de sanctions contre Moscou se précise.

La bête noire du Kremlin réagit quand on lui parle et va par étapes cesser d'être sous respirateur artificiel, a indiqué l'hôpital berlinois de la Charité, l'un des plus réputés en Europe, où il est actuellement hospitalisé. Son état de santé s'améliore, a-t-il ajouté.

Des dommages à long terme dus à un empoisonnement grave ne peuvent pas être exclus, ont cependant indiqué les autorités médicales.

L’Allemagne affirme qu’elle a des preuves que le principal opposant au régime du président russe, Vladimir Poutine, a été victime d'un empoisonnement à un produit neurotoxique de type Novitchok, une substance conçue à l'époque soviétique à des fins militaires.

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Le militant de l'opposition russe Alexeï Navalny, lors d’une marche à Moscou

Photo : Associated Press / Pavel Golovkin

Alexeï Navalny, âgé de 44 ans, a été victime d'un malaise le 20 août à bord d'un avion entre la Sibérie et Moscou après avoir bu du thé à l'aéroport. D’abord hospitalisé à Omsk, en Sibérie, il a été transféré deux jours plus tard en Allemagne, ses proches étant persuadés qu'il avait été empoisonné.

M. Navalny, connu pour ses enquêtes anticorruption visant l'élite politique russe, a déjà été victime d'attaques physiques par le passé. En 2017, il avait notamment été aspergé d'un produit antiseptique dans les yeux à la sortie de son bureau à Moscou.

En juillet 2019, tandis qu'il purgeait une courte peine de prison, il avait aussi clamé avoir été empoisonné par une matière chimique inconnue. Les autorités avaient de leur côté parlé d'une réaction allergique et assuré n'avoir retrouvé aucune substance toxique.

Les pays occidentaux demandent des explications

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La chancelière allemande, Angela Merkel

Photo : Reuters

L'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni a d'ailleurs été convoqué lundi au ministère britannique des Affaires étrangères pour s'expliquer sur cet empoisonnement, a annoncé le chef de la diplomatie Dominic Raab.

L'Allemagne, qui préside actuellement l'Union européenne, a exhorté Moscou samedi à lui fournir des explications sur ce qu’elle croit être un empoisonnement. Elle a fixé un ultimatum de quelques jours à Moscou pour « clarifier ce qui s'est passé ».

Berlin dit vouloir entamer des discussions sur de possibles sanctions contre la Russie si elle n’obtient pas d'explications dans les prochains jours.

Le gouvernement allemand dit ne pas exclure un impact sur le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Europe, auquel une centaine d'entreprises européennes, allemandes pour la moitié, sont associées, et qui est censé approvisionner le continent européen en gaz russe.

Les Russes se veulent de leur côté rassurants. Ce projet sera réalisé. Il y a certaines difficultés, mais il continue, a déclaré le ministre russe de l'Énergie Alexandre Novak.

Mais l'Allemagne, ardent défenseur du gazoduc jusqu'ici, commence à changer de discours.

Interrogé lundi sur le fait de savoir si Angela Merkel chercherait à épargner le gazoduc Nord Stream 2 en cas de sanctions contre Moscou dans cette affaire, le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert a répondu : La chancelière considère qu'il serait erroné de l'exclure dès le départ.

Des mises en garde

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Le président américain Donald Trump

Photo : Reuters / Leah Millis

Par ailleurs, le gazoduc est depuis plusieurs années dans le collimateur des États-Unis, qui y voient une dépendance accrue de l'Europe à l'égard de la Russie et préféreraient lui fournir leur gaz liquéfié.

Lundi, le président Donald Trump a réitéré lors d'une conférence de presse être en faveur de l'abandon du projet, affirmant avoir été le premier à émettre l'idée.

Selon Donald Trump, l'Allemagne doit absolument renoncer si elle sent que quelque chose se passe avant de préciser : Mais je ne sais pas si l'Allemagne est en situation de le faire actuellement, car elle est dans une position très affaiblie en ce moment en matière d'énergie, très dépendante du gaz à la suite de l'abandon programmé de l'énergie nucléaire et du charbon.

La France, principal partenaire de l'Allemagne, a aussi réitéré lundi, par la voix de son secrétaire d'État aux Affaires européennes Clément Beaune, ses réserves face au projet de gazoduc, indépendamment du cas d'Alexeï Navalny.

Je ne m'immisce pas dans le débat allemand sur Nord Stream 2, mais les réserves que nous avons [...] sur la dépendance énergétique à l'égard de la Russie existent, sont connues, a-t-il dit à l'AFP.

Moscou se défend

L'État russe nie toute responsabilité dans l'affaire Navalny. Lundi, le Kremlin a dénoncé une tentative absurde d'accuser la Russie. Toute tentative d'associer la Russie de quelque manière que ce soit à ce qui s'est passé est inacceptable à nos yeux, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Moscou reproche également à l’Allemagne de retarder le processus de l'enquête qu'elle réclame en ne transmettant pas les pièces du dossier aux autorités russes. Nous les attendons avec impatience, a commenté M. Peskov.

L'agent neurotoxique Novitchok avait déjà été utilisé contre l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en 2018 en Angleterre. Selon les autorités britanniques, le renseignement militaire russe était le principal suspect.

Cette affaire avait déjà entraîné des sanctions contre la Russie, qui avait là aussi nié toute implication.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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